accueil  |  ariège   |  france

«K Ariège», un régime d'investissement spécial pour les chefs d'entreprises Ariégeois

© midinews 2014

«Le jour est arrivé au regard de la conjoncture et de la frilosité des banques de mettre en place un système tel que celui-ci et de prêter cet argent, issu du fond de réserve précieusement dégagé par la CCI, aux entrepreneurs ariégeois plutôt que de financer du fonctionnement»

Elle avait été évoquée entre les lignes lors des vœux tout récemment à la CCI de l’Ariège, par le président Paul-Louis Maurat. Cette fois, c’est officiel l’outil financier, la SCP-Société Civile de placement ou encore dite de portefeuille, «K Ariège», est mise sur pied et tous espère qu’elle atteindra rapidement son régime de croisière.

Un fond de capital développement doté d’1 million d’euros en capital et autant en compte courant, destiné à soutenir les projets de développement des entreprises Ariégeoises. Son objet: prendre des participations dans les sociétés ariégeoises mures et en bonne santé, qui pourtant peinent à trouver des financements pour se développer, porter de nouveaux projets et investir et doivent donc être accompagnées sur le financement de ces projets.

Gérant et partie prenante du capital de ce fond d’investissement, aux côtés de la CCI Ariège, Daniel Raynal, a détaillé plus avant les fondements de cet outil lors d’une conférence de presse dans les locaux de la CCI.

La création de ce fond est «une décision prise dans un contexte de crise, d’abord financière, depuis 2007, ensuite économique avec la mondialisation, la concurrence des pays à bas coûts et le phénomène de délocalisation qui ont conduit nombre d’entreprises ariégeoises à baisser leur marges, leurs profits et fragiliser leur capital, provoquant des faiblesses structurelles qui limitent du coup pour certaines d’entre elles, le recours aux prêts bancaires classiques»

Si le tout nouveau gérant de K Ariège préfère parler de non concurrence avec les intervenants financiers classiques, évoquant plus facilement une complémentarité dans les interventions cet outil considère-t-il «doit permettre de réduire l’écart qui s’est creusé entre la banque et l’entreprise»

«Notre objectif c’est de venir en aide aux entreprises sans se substituer aux patrons ou au secteur financier classique. Cependant le fait de rentrer au capital des entreprises permet d’améliorer le bilan et donc souvent de changer la physionomie des tours de table», confie à son tour Paul-Louis Maurat.Contribuer à la revitalisation de l’économie ariégeoiseCe fond d’intervention de type «capital développement» doit permettre d’intervenir en haut de bilan des entreprises avec pour objet de renforcer les fonds propres des PME-PMI du département et contribuer ainsi à la croissance et à la pérennité d’un tissu économique de proximité.

Via une prise de part minoritaire du capital (en deçà du seuil d’1/4 pour «ne pas s’immiscer dans la gestion de l’entreprise») ou de prêts obligataires, c’est ensuite un pacte d’actionnaires conjointement finalisé qui permettra de mener à bien les projets de développement envisagés par une entreprise.

A ce jour ce sont des investissements de l’ordre de 30 à 200 KE qui sont envisagés, selon les projets, «fourchette dans laquelle il y a peu d’intervenants», complète Daniel Raynal.

Ce sont les entreprises saines et matures «de plus de cinq ans» qui font l’objet des attentions premières de ce fond qui devra leur permettre de boucler leur tour de table afin de financer des projets de développement (croissance externe, interne, et même transmission-reprise d’entreprise), dans les secteurs de la production ou encore les services aux entreprises.Favoriser les effets de leviers créateurs de richesses et d’emploisUn système vertueux car censé s’autoalimenter. Au bout de 3 à 7 ans l’idée est de sortir de ce montage en en retirant une plus-value, réinvestie dans une autre société, sans qu’il «n’y ait de distribution de dividendes à quelconques actionnaires», précise Daniel Raynal.

«C’est un comité d’attribution, alimenté par des dossiers présélectionnés émanant des services de la CCI qui formule un avis, mais c’est K Ariège qui prend seule ensuite la décision»

Constitué d’un pool d’experts (banquiers, experts comptables, notaires mais aussi de chefs d’entreprises) dont l’anonymat est jalousement conservé pour de hautes raisons d’indépendance, c’est le même état d’esprit qui anime ses membres: «compétence, collégialité et discrétion»

Bras armé de l’action de la CCI complétant son offre d’accompagnement classique «K Ariège»porte des objectifs forts que caractérise une «prise de risque réelle mais mesurée. On sait qu’on n’a pas droit à l’erreur»invoque le gérant.

«L’idée est bien de créer un effet de levier, qu’on estime démultiplié par 4 ou 5, estime Daniel Raynal. Ce sont près de 10 millions d’euros d’argent neuf qu’on espère ainsi contribuer à injecter dans l’économie de proximité ariégeoise sur des projets innovants compétitifs et productifs»

A terme ce sont des effets socio-économiques mesurables qui en sont attendus tant au niveau de la création de richesse et de valeur ajoutée que d’emplois.

Plus que de capital-risque ou de Business Angel ce fond d’investissement se veut procéder d’une logique d’ensemblier apte à faire converger vers les chefs d’entreprises ariégeois, essentiellement les TPE et PME, les moyens nécessaires à assurer leur développement.

Pour Daniel Raynal cet outil reste nécessaire dans un département comme l’Ariège ou «le secteur industriel reste omniprésent en valeur relative et dans lequel pour chaque emploi industriel créé 3 emplois indirects voient le jour»

Pour Paul-Louis Maurat cette initiative est «la première à se réaliser dans une chambre de commerce de cette taille, qui plus est en milieu rural»

Volontairement optimiste il rajoute «si nous rencontrons un vif succès nous trouverons des fonds supplémentaires, via de nouveaux partenariats financiers comme avec la BPI etc. Nous pourrons doter ce fond d’un capital allant jusqu’à 4 millions d’euros et plus si d’autres partenaires l’intègrent»

La pompe devrait s’amorcer avec les tout premiers dossiers dès la fin du premier semestre 2014.

Sylvain Sastre | 29/01/2014 - 19:31 | Lu: 23283 fois