Voeux à Cap Couserans: «Tout ne va pas si mal en Couserans» ou la méthode Coué appliquée au monde économique

«Si l’on admet que le rôle premier d’une collectivité est de créer les conditions du développement, on peut dire que le récent budget voté par le département est dans cette logique,» lancera Henri Nayrou.
Et pour schématiser les lignes de force de ce budget, il égrène: «emploi, emploi et emploi, trois mots sacrés que trois leviers doivent permettre de concrétiser: investissements, investissements et investissements. Tout cela au prix d’un budget de fonctionnement serré et de la poursuite continue du désendettement du Conseil Général»
C’est par ces quelques mots, qu’introduit par Didier Kuss directeur d’Ariège Expansion présent en l’absence de son président Alain Grenier, Henri Nayrou s’exprimant là pour le compte du Conseil Général a rappelé l’engagement de ce dernier en faveur du développement économique.
Traditionnelle séance de vœux, renouvelée chaque année à Cap Couserans, l’antenne licéroise de la structure d’accompagnement et de développement économique, vers les chefs d’entreprises par le monde politique.
De fait sous les voûtes de cette annexe du Palais des Evêques on aura compté finalement autant d’élus que de chefs d’entreprises, les figures emblématiques du Couserans étant absentes, surtout représentées par les institutions intervenant dans ces domaines. 100, 150 personnes, s’y sont massées ce qui reste de l’avis général moins important que par le passé.
Enième contrecoup de cette crise qui n’en finit plus? Peut-être. D’où l’importance que devaient alors avoir les messages délivrés envers ceux qui font l’activité et contribue directement au développement des territoires.Vous allez voir cette guerre on va la gagnerPour argumenter encore son propos Henri Nayrou avance les sommes affectées par le département «48 millions d’euros d’investissements, dont 15 pour les aides aux collectivités qui réalisent des travaux»
Et de revenir sur les grands projets structurants porteurs de développement pour le territoire en premier lieu «4 millions pour la première tranche des travaux de la déviation de Prat, maintenant que les problèmes de têtard à tête creuse, des chiroptères etc. ont été résolus»
Un premier acte nécessaire pour le désenclavement et le développement du Couserans avant que cette «voie rapide» se poursuivre jusqu’à Lorp-Sentaraille et la limite de Lacave tandis que le département voisin soutient l'avancée lui aussi.
Il citera également le CHAC, premier employeur du Couserans avec «996 bulletins de salaires et créateur de 280 emplois en dix ans, Guzet en passe de battre son record de 2008-2009 sous l’impulsion du délégataire Altiservice évoquant par ailleurs la création d’une réserve d’eau sur Gérac, véritable assurance neige»
Une nécessité pour l’élu qui rappelle «l’impact global du Canton d’Oust qui avec plus de 5 millions d’euros réalise le chiffre d’affaires de tout le Couserans en matière d’économie touristique, soulignant pour cet investissement si souvent décrié qu’il ne faudrait pas se rendre compte trop tard de l’importance de la station de Guzet dans l’économie du Couserans»
L’ex député, parlant encore au nom du Conseil Général évoquera aussi les résidences de tourisme de Saint-Lizier ou de Guzet en ordre de bataille aujourd’hui même s’il concède «les particuliers investisseurs ont souffert»
Il citera encore le CNRS de Moulis «dans la plénitude avec plus de 8 millions d’euros investis, 50 personnes et même 90 avec les stagiaires venus du monde entier, qui y travaillent et ce nouveau projet avec le CMTB doté de dix millions d’euros susceptible de faire de Moulis un des hauts lieux mondiaux de référence dans l’étude de la Biodiversité, sans compter les quelques 1,5 millions d’euros de salaires dépensés notamment dans le Couserans»
Pour finir Henri Nayrou exhorte ses collègues «encore élus lorsque lui ne sera plus dans le train à poursuivre leur efforts en matière d’organisation territoriale notamment au travers de cette démarche de regroupement en cours» au niveau des intercommunalités du piémont Couserannais»
Un petit air de déjà-vu, entendu pour le coup. Mais tout cela n’est-il pas simplement le reflet d’une économie couserannaise portée par quelques têtes de pont qu’il faut savoir conforter précieusement pour tirer le reste de l’économie?
D’autres peut-être pourront déplorer qu’il n’est pas fait mention de l’économie traditionnelle, industrieuse, comme la Moulasse, ni du devenir du site de Lédar, sans parler de ce bassin aquatique maintes fois évoqué en pareilles occasions. A peine si Alain Fauré fera ensuite allusion à cette superbe ZIR de Prat, nec plus ultra d’un développement économique verdi, désespérément vide, «la faute à la crise»
«Ces temps si on entend les champions du armons nous et partez… pourtant vous allez voir cette guerre on va la gagner avec le concours des chefs d’entreprises. Tout ne va pas si mal en Couserans,» tance Henri Nayrou.Il nous faut garder cet espoir pour aller de l’avant, tous ensemblePrenant de la hauteur tachant de faire le lien entre ce Couserans largement évoqué par Henri Nayrou et les politiques nationales Alain Fauré, député de l’Ariège rappellera à son tour les forces d’un Couserans qui avance: le haut-débit et plus largement les moyens de communications, l’accueil de populations nouvelles, la création justement de la ZIR.
Mais le député le concède «pour investir et s’installer il faut des fonds», vilipendant au passage la frilosité des banquiers «exigeants toujours plus de garanties»
Il citera alors les effets bénéfiques issus pour lui de l’alternance de 2012, notamment la «mise en place de la BPI pour soutenir les projets et les chefs d’entreprises» Très détaillé il citera notamment l’accompagnement apporté par les chambres de commerces, de métiers, ou encore Ariège Expansion.
Il mettra en avant l’impact attendu du CICE, crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi. «Un dispositif qui n’est pas une faveur mais un encouragement à l’investissement, au maintien de la trésorerie, au maintien de l’emploi, constate–t-il, à fortiori dans un territoire comme celui-ci soumis à la concurrence de ses voisins transfrontaliers»
Il reviendra également sur l’ANI, cet Accord national interprofessionnel qu’il considère mal expliqué car décrié par les chefs d’entreprises «pour qui cela ne va pas assez loin» tout comme les syndicats de salariés reprochant «la mise à mal d’une certaine sécurité»
Un accord qui reste pour lui «positif pour soutenir le tissu économique» Le député reviendra également sur le choc de simplification qui doit reposer sur l’harmonisation des normes, tout comme des taxes «il existe aujourd’hui plus de 700 taxes différentes, souvent plus chères à gérer que ce qu’elles ne rapportent» même s’il évalue dans ces deux domaines jusqu’à 4 années de travail.
Il s’agit de faciliter pour Alain Fauré «la vie des entrepreneurs mais aussi des salariés»
Sur le plan économique il évoquera aussi la situation catastrophique du pays, le niveau de la dette, son remboursement et le gouffre des déficits. Un «niveau insupportable qui impacte les ménages et les entreprises» et sur lequel, selon lui le gouvernement prend des engagements de réduction ambitieux «une gestion rigoureuse s’impose et doit être maintenue»
Enfin, il encourage: «un pays n’avancera que s’il stimule sa population à aller de l’avant, voulant livrer là un message d’espoir… car nous n’avons pas le choix, dira –t-il encore, il nous faut garder cet espoir pour aller de l’avant, tous ensemble»
Regrettant les erreurs de début de parcours notamment en terme de communication pas toujours maîtrisé tant au niveau «de certains ministres que des députés, il en fustigera le sentiment d’angoisse, voire d’incompréhension ou de satisfaction exagérée qui contribue à faire qu’au global on n’avance pas correctement»
Message passé et ressassé haut et clair en pays Couserans.
«La vie est toujours devant. Il faut aider ceux qui sont sur le côté pour ne pas les avoir sur le dos» invoquait dans ce même élan Henri Nayrou, citant Michel Sardou dans son allocution.
Sur cet air-là, reste à voir justement comment ce pays va globalement avancer dans les mois qui viennent.
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