Le plan d'actions de lutte contre les drogues et conduites addictives est opérationnel en Ariège
Validé en septembre 2013 au plan national, le plan gouvernemental de lutte contre la drogue et les conduites addictives, visant tout particulièrement à répondre aux problèmes persistants de santé et de sécurité publiques, sera décliné au travers de 2 plans d’actions successifs d’une durée de deux ans chacun.
Ce plan accorde une large place à la jeunesse, car elle est à la fois la plus fragile et la plus exposée aux conduites addictives.
C’est fort de ce cadre venu du plus haut sommet de l’Etat, que Nathalie Marthien, Préfète de l’Ariège et Olivier Caracotch, procureur de la république de l’Ariège, ont présenté dans la matinée au sein même du tribunal de Grand Instance de Foix, les nouvelles orientations du plan départemental 2014-2015 de lutte contre les drogues et les conduites addictives, directement adaptées localement de ce plan gouvernemental.
«Par rapport aux plans précédents, la volonté a été de s’adapter aux nouveaux comportements addictifs, présente d’emblée la préfète, et en particulier celui lié aux nouvelles technologies qui rend l’accessibilité des drogues beaucoup plus facile, y compris dans les milieux ruraux.
Nous avons voulu aussi tenir compte de l’impact de la crise économique qui implique de la vulnérabilité sociale, du chômage, et favorise un accroissement des comportements addictifs. Ce plan se veut à la fois pragmatique et ambitieux,» complète Nathalie Marthien.
De fait, ce plan s’établit sur la base d’un diagnostic réalisé au plan départemental qui fait apparaître que l’Ariège est principalement touchée par une consommation de résine et d’herbe de cannabis. Toutefois il n’existe pas de véritable réseau organisé mais plutôt un trafic local de faible envergure.
Si les interpellations effectuées par les services de police et de gendarmerie ne sauraient refléter fidèlement l’exacte réalité des chiffres concernant la consommation de substances psychoactives, sur le territoire, il apparaît que 358 personnes ont été mises en cause en 2013 pour infractions à la législation sur les stupéfiants, essentiellement lors de saisies de cannabis.
Les formes d’addictions aux autres drogues (cocaïne, héroïne ou encore ectasy…) semblent elles plus marginales dans l’ensemble même si dans ce diagnostic la consommation d’alcool et de tabac n’apparaissent pas, faute de données trop anciennes.
«Mais, rassure Nathalie Marthien, le département de l’Ariège reste globalement préservé des trafics de grande importance»
Ce plan départemental s’intéresse aussi aux autres comportements addictifs nés des jeux vidéo et autres jeux en ligne sur Internet, les réseaux sociaux et jeux d’argent «car on voit bien que, notamment les jeunes, peuvent être totalement vulnérables à ce type d’activités qui peuvent très vite devenir des conduites addictives»Action et Prévention, deux axes forts de ce nouveau plan départemental«Pour la justice, la lutte contre les addictions c’est triplement important, éclaire Olivier Caracotch. Tout d’abord parce que l’usage de stupéfiants ou le trafic sont des infractions, de la même façon que l’addiction à l’alcool. D’autre part une part très importante d’infractions de droit commun sont commises sous l’effet de substances addictives.
Dans plus de la moitié (55%) des dossiers qui me sont confiés (violence, vol, etc…) on a un fond de consommation d’alcool ou de stupéfiant. Troisième point il y a toute une part de la délinquance (vol, cambriolage ou escroquerie) qui sert à financer l’achat des substances addictives (drogue ou alcool) dont les personnes sont dépendantes»
Pour l’institution judiciaire représentée par Olivier Caracotch, «l’intérêt de ce plan ce n’est pas seulement réprimer les infractions commises mais c’est aussi le rôle et les actions de prévention qui nous intéresse directement. Il s’agit de se donner les chances que ne soient pas commises des infractions ultérieures et de prévenir la délinquance.
On a eu de vrais succès dans la lutte contre les infractions en 2013, poursuit le procureur, mais c’est un domaine dans lequel on sait pertinemment qu’il ne faut pas relâcher la pression car sinon ce qui est acquis est très vite perdu. Il importe donc de poursuivre dans la répression des conduites addictives prohibées par la loi.
Mais ce deuxième volet est tout aussi important dans la prévention des conduites addictives. Si on veut prévenir la commission de ces infractions et des conduites addictives c’est déjà un très grand pas. Gagner du terrain dans ce domaine c’est se garantir qu’il y aura moins d’infractions dans le département»
Des propos que réaffirme la préfète. «Ce plan est un plan plus global. Il comporte un volet répression car consommer ou faire le trafic de substances illicites restent une infraction. Mais il me semble important d’avoir un volet prévention très développé, notamment envers le public des jeunes le plus vulnérable et le plus concerné par la consommation de ces substances.
Au-delà de substances psychoactives, il importe de considérer aussi les nouveaux comportements addictifs via les réseaux sociaux et internet qui rendent dépendant et désocialisent un certain nombre de jeunes», martèle la préfète.
Ce plan d’action signé avec le procureur souhaite donc apporter «une réponse globale à tous ces comportements addictifs sans se limiter aux substances psychoactives, mais aussi sur les différents volets à la fois la prévention, la sensibilisation, la formation des acteurs, la santé publique et bien sûr la répression.
Un accent est mis en particulier aussi sur le trafic de tabac favorisé par la proximité de l’Andorre. Ce plan, conclut Nathalie Marthien, n’est pas une fin en soi. Ce qu’on souhaite à très court terme c’est pouvoir décliner ce plan dans les territoires au travers des acteurs et notamment les CISPD, qui sont au nombre de 5 sur le département»
Le cadre législatif et le plan d’actions départemental sont désormais définis. Maintenant l’ensemble des CLSPD (Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance) ou CISPD (Conseil Intercommunal de Sécurité et de Prévention de la Délinquance ) du département auront à adapter ce plan aux spécificités de leurs territoires.
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