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Mobilisations tous azimut contre les carrières, gravières et autres sablières en Ariège

© midinews 2014

Samedi dernier, les opposants à l’extension et au développement des carrières en Ariège ont conjugué leur mécontentement en organisant des actions sur les ronds-points stratégiques de Mirepoix (pour le projet de Manses), Saverdun (concernant la Basse-Ariège) et sur la RN20 à Tarascon (pour le projet de Bédeilhac)… quelques ralentissements en perspective et un peu de pagaille.

Au niveau du  traditionnel «bouchon» de l’entrée de Tarascon où se retrouvent invariablement tous les samedis matin amateurs de glisse en partance pour les stations de haute Ariège et automobilistes qui rejoignent le Pas de la Case, tous ont eu le temps d’écouter associations et collectifs venus défendre la quiétude de leur vallée face aux nuisances annoncées.
Les associations conjuguent leurs oppositions

«Suite au dernier conseil municipal nous avons appris que Denjean Granulats propose à la municipalité un nouveau contrat de fortage avec un tonnage ramené à 100 000 t / an (au lieu de 350 000 t / an actuellement), et avec la date butoir reculée au 31-12-2015 (au lieu du 31-12-2014 actuellement).

Ce n'est pas suffisant au regard des nuisances de cette carrière située aux portes du village et à la dégradation que son exploitation va engendrer sur le site du Calamès classé Natura 2000… c’est toute l’économie locale qui va s’en trouver affectée» s’insurge Bernard Defaut, du collectif «Non à la réouverture de la carrière de Bédeilhac»

Un propos repris par Henri Delrieu responsable de l’APRA «Le Chabot» sur le rond-point rebaptisé pour l’occasion «Denjean» à Saverdun.

«Nous occupons aujourd’hui des sites significatifs pour marquer notre opposition au schéma départemental des carrières adopté le 24 décembre dernier. Nous conjuguons nos oppositions au pluriel. Nous étions historiquement sur Saverdun et sur la prolifération des gravières en basse Ariège mais nous nous rendons compte que des projets se relancent sur Mirepoix (Manses) ou sur Bédeilhac en roche dure… aujourd’hui ça suffit il y a pléthore de matériaux sur le département, nous avons plus de 4 millions d’autorisation et on continue à en donner alors que l’on en utilise que 1,5M pour tout le département et les départements limitrophes.

Ces nouveaux projets se déposent souvent sur des zones Natura 2000 comme à Bédeilhac et qui plus est dans des zones habitées qui ne pourront supporter de telles nuisances avec des tirs de mines. Il faut se souvenir qu’il y a déjà eu une fermeture administrative à Bédeilhac parce que les nuisances étaient beaucoup trop proches des habitations.

Actuellement on nous dit que cette carrière peut poursuivre son activité avec une production multipliée par dix!»
Mais peut-on réellement aller à l’encontre du schéma départemental des carrières qui vient d’être adopté?Un moratoire pour remettre à plat les chosesPour Henri Delrieu, il est tant de remettre l’ouvrage sur la table.

«Nous demandons un moratoire. Les terres agricoles que vous voyez ici ne sont pas encore exploitées mais demain il sera trop tard… tout ce qui n’est pas fait la main de l’homme peut le défaire, nous pensons que c’est une question de volonté.

Nous voulons alerter les politiques, les agriculteurs... au départ tout le monde était d’accord mais pourtant à l’arrivée tout le monde a signé… sauf nous et nous ne lâcherons pas!
»

Des politiques qui à dix jours des élections municipales n’ont pas peur de s’afficher aux côtés des associations environnementales comme Alain Couret et quelques membres de sa liste «Réinventons Saverdun»

Laurence Cabrol | 10/03/2014 - 19:09 | Lu: 21186 fois