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Manifestation unitaire contre «le pacte d'irresponsabilité»: 450 personnes dans les rues de Foix

© midinews 2014

C’est une journée d’action nationale programmée par l’intersyndicale CGT-FO-FSU-Solidaires visant à dénoncer la politique sociale et économique du gouvernement et plus précisément le pacte de responsabilité proposé par François Hollande le mois dernier.
Une journée de grogne «fourre-tout»A l’origine la manifestation du 18 mars avait pour mot d’ordre les préoccupations principales des salariés, à savoir, les salaires, l’emploi, l’avenir du service public et de la sécurité sociale. Le pacte de responsabilité est venu s’y greffer (rebaptisé pour certains «plan Hollande-Gattaz»)

Selon les militants syndicaux réunis à Foix ce matin «Après les réformes régressives de l’ANI et la contre-réforme des retraites, le gouvernement veut aller plus loin dans sa politique de cadeaux au patronat et de casse des conquêtes sociales. Le pacte dispenserait les patrons des cotisations sociales des entreprises destinées à la branche famille, cela représente 35 milliard d’euros!

Ce projet constitue une lourde menace pour la sécurité sociale, la protection sociale, il impacte directement les services publics, la protection sociale, la solidarité nationale alors que les besoins augmentent et que les salariés de notre pays n’ont jamais produit autant de richesses
»

Des militants loin d’être convaincus des engagements du Medef sur ses objectifs d’emploi: «le Medef en demande toujours plus en s’attaquant à l’assurance chômage ou en exigeant plus de souplesse, de flexibilité en matière de droit du travail sans pour autant proposer de contre partie ou partager les richesses»

De nombreux salariés du public, des retraités, quelques sans emplois ont défilé ce matin sur les allées de Vilotte avant de se rendre devant la Préfecture où une délégation a été reçue. Mais face a cette faible mobilisation (450 personnes selon la même Préfecture), les grandes centrales commencent aussi à tirer des enseignements: «il faut être davantage dans la pédagogie, l’explication, aller dans les entreprises, dans les AG…» précise Didier Mézin de la CGT.
Le souvenir de Marc Blondel dans les rangs du cortège de FOPour Marc Estève de FO les choses sont claires: «Nous n’arrivons plus à mobiliser car il y a des grèves saute mouton tous les 15 jours. Il vaudrait mieux les cumuler sur une semaine pour faire fléchir le gouvernement devant ce type d’action. Aujourd’hui le pacte de responsabilité que nous avons rebaptisé pacte d’austérité constitue une attaque des acquis sociaux sans précédent, c’est un véritable hold’up sur salaire pour tous les salariés sans distinction.

A l’époque glorieuse de Blondel ça ne se serait pas passé comme cela. Rappelez-vous il a réussi en 1995 à faire descendre dans la rue des milliers de manifestants pendant plusieurs jours. Si bien que le gouvernement Juppé a été obligé de faire machine arrière. Il faut renouer avec cette méthode, malgré les difficultés et les désaccords syndicaux
»

Marc mesure les difficultés actuelles, il ne lui a pas échappé qu’une grande centrale a signé ce pacte (la CFDT pour ne pas la nommer) cela le fait réagir: «Elle est dans la droite ligne de ce qu’a fait Nicole Notat à l’époque. Mais en ces temps-là Blondel savait faire basculer les choses. Je reconnais que ce n’est pas simple aujourd’hui pour nous»Les appels à la grève ne font plus recetteIl est vrai que depuis la mobilisation massive contre la réforme Woerth des retraites en 2010 (12 journées d’action avec plus d’un million de manifestants), les gens sont nettement plus réservés surtout en temps de crise car les jours de grève ne sont plus rémunérés et cela se traduit par une perte nette sur la feuille de paie. De plus on est loin de l’union sacrée des centrales syndicales préconisant une mobilisation unitaire.

Depuis deux ans, les syndicats se voient débordés par des collectifs de tout genre, parfois même communautaires comme les bonnets rouges, Manif pour tous et autres Pigeons qui préfèrent mobiliser sur des questions de choix de société plutôt que sur des sujets purement sociaux. A moins que les ariégeois et au-delà les français aient atteint un degré de maturité tel qu’ils ont compris que l’ampleur de la crise nécessitait des réformes plus radicales… en tout cas l’appel à la grève ne fait plus recette y compris à quelques jours des élections municipales.

Les anciens sont là pour le déplorer.

Laurence Cabrol | 18/03/2014 - 18:22 | Lu: 26313 fois