accueil  |  ariège   |  france

La CMA au chevet de ses artisans comme aux menuiseries Soueix-Leroux à Castelnau-Durban

© midinews 2014

2013 a été une année compliquée sur le plan économique en général et pour le secteur artisanal en particulier.

Et le moins qu’on puisse dire est que 2014 ne s’annonce guère des plus florissantes. Dans ce contexte, pour tâter le pouls du secteur, mesurer ses difficultés et appréhender ses perspectives la chambre des métiers va régulièrement sur le terrain à l’encontre de ces ressortissants.

En ce jeudi c’est un programme de visite chargé qui attend Joseph Calvi et la dizaine de personnes (élus, administrateurs de la chambre et chargés de mission) qui l’accompagnent.

«L’objectif c’est d’être au plus près de ce que vivent les artisans en ce moment, note Joseph Calvi le président de la chambre des Métiers. On relève des situations très diverses avec des secteurs en plein développement qui ont du mal à recruter ou d’autres, comme le bâtiment qui vit une période particulièrement compliquée.

L’intérêt pour nous c’est que les artisans sentent que la CMA est à leur côté. Même si nous n’avons pas toutes les solutions, nous faisons systématiquement remonter tous les soucis et problèmes auprès des élus et ce, jusqu’au plus haut niveau
»

Une visite qui conduira la petite troupe depuis les Boucheries Jean Fort à Saint-Girons ou Campagne à Saverdun, à la découverte du Luthier de la Bastide de Sérou ou encore la brasserie artisanale récemment créée «Le grand Bison»

Une visite aux quatre coins du département ou presque qui fait halte aussi du côté de Castelnau-Durban où Alain Leroux gérant des menuiseries Soueix-Leroux accueille ses visiteurs.
Dans le bâtiment comme dans l’agencement les difficultés persistentEntreprise artisanale créée par André Soueix en 1962 ce n’est qu’en 1992 qu’elle prend la forme d’une SARL, en intégrant les membres des familles Leroux et Soueix. Aujourd’hui, dans le petit village de Castelnau-Durban les établissements emploient quatorze salariés.

«Nous réalisons en fabrication dans nos ateliers tout ce qui est menuiserie bois extérieure, et agencement extérieur mais également la menuiserie d’agencement décorative, commente Alain Leroux, le gérant. Nous avons des partenaires pour les matériaux composites comme le PVC, Alu et menuiserie mixte bois alu. Toutes les essences de bois locales sont proposées, mais aussi des bois exotiques qui vont entrer dans la composition d’agencement pour les particuliers, mais également dans le tertiaire comme les banques d’accueil»

De fait le bois est issu des forêts ariégeoises. L’entreprise dispose même de sa petite scierie comme à Rimont où elle peut traiter pour partie les essences locales selon ses besoins: noyer, frêne, merisier, hêtre, chêne, châtaigner voire des mélèzes. Avec un chiffre d’affaires qui tourne bon an mal an autour de 1,5 M€ la société répond surtout à une demande qui provient à 80% du département, voire du grand Sud-Ouest pour les suivis de chantier dans le cadre d’opérations de sous-traitance notamment.

Avec un peu moins de 30% de l’activité actuellement les commandes dans le cadre de marchés publics tendent à se réduire à la portion congrue.

Alors face à ses interlocuteurs de la chambre de métiers, durant la visite des bureaux puis des ateliers, Alain Leroux revient sur 2014: «C’est un début d’année assez difficile dans notre domaine au niveau de l’agencement du tertiaire comme les banques d’accueil pour les cabinets médicaux ou les infrastructures sur marchés publics où le marché est restreint.

Par contre, commente le gérant, le particulier reste porteur sur tous les agencements décoratifs comme sur l’indispensable comme un escalier, une cuisine intégrée, les salles de bains voire des parquets spécifiques. Suite aux dernières normes dans le bâtiment, le secteur de la rénovation chez les particuliers est assez porteur, notamment pour le thermique et la rénovation énergétique
»

Ainsi, pour 2014, c’est le marché du particulier voire aussi dans ce cadre la rénovation énergétique qui porte le marché et l’activité des Menuiseries Soueix Leroux, bien souvent au prix de gros sacrifices sur la marge.

Car face à des normes plus contraignantes qui imposent de lourds investissements en termes de machines, de préparation et de traitement des essences de bois, la concurrence se fait toujours plus rude pour décrocher de nouveaux marchés, dégager de l’activité. Et Alain Leroux d’évoquer ces gros industriels, souvent étrangers et notamment espagnols, qui viennent prendre des marchés qui ne les intéressaient guère il y a peu (quitte à ensuite confier la sous-traitance à des locaux).

Réaliste à la tête de cette petite entreprise familiale, arc-boutée solidement sur ses bases, Alain Leroux s’attend encore «à une année difficile»

Pour sûr il y aura des choses à faire remonter, à tous les niveaux.

Sylvain Sastre | 21/03/2014 - 19:10 | Lu: 28067 fois