Chasse en Ariège, l'heure est aux bilans
C’est bien connu des ariégeois, l’ouverture de la pêche à la truite marque la fermeture de la chasse.
A un mois de l’assemblée générale de la fédération départementale des chasseurs qui se tiendra cette année à Saint Girons, nous avons rencontré le président Jean-Luc Fernandez pour évoquer avec lui les grandes lignes du bilan de la saison passée.
Permis de chasser: augmentation du nombre de candidatsLe département de l’Ariège est aujourd’hui réputé pour sa diversité cynégétique qui attire chaque année de nombreux passionnés (près de 7000 permis de chasser sont validés au guichet unique de la fédération).
Défenseur de la chasse populaire Jean-Luc Fernandez entend valoriser à travers les ACCA locales une chasse abordable pour tous:
«On peut prendre une carte pour 15 ou 30 euros et chasser de la plaine à la montagne. Si bien que depuis quelques années on enregistre une augmentation de 20% du nombre des personnes qui s’inscrivent à l’examen du permis à chasser. Face à ce réel engouement nous avons demandé à l’ONCFS deux séances supplémentaires»
Le président de la fédération reconnait que les chasseurs ariégeois constituent une population vieillissante, moins performante notamment pour réguler le grand gibier, aussi les jeunes chasseurs constituent à ses yeux la relève tant espérée pour une chasse forte et durable.
Biodiversité et richesse cynégétique font de l’Ariège une «destination chasse» par excellenceCette année les conditions météo n’ont pas permis aux cailles de fréquenter la zone de plaine (il a fait trop sec et la réforme de la PAC obligeant les agriculteurs à déchaumer rapidement a un impact certain sur les couvées de faisans et de petit gibier), paradoxalement la «mordorée», a fait son grand retour pour le plus grand plaisir des chasseurs aux chiens d’arrêts:
«La bécasse est un migrateur sensible aux fluctuations climatiques, il faut respecter cette espèce qui fait l’objet d’études pointues. Les bécasses baguées en France, sont retrouvée en Espagne ou en Grèce. Nous avons la chance d’avoir sur le seul département de l’Ariège l’ensemble des espèces présentes dans ce pays, c’est la meilleure vitrine de notre capacité à gérer les espèces: nous chassons le gibier d’eau, tous les galliformes de montagne… nous sommes le seul département à chasser le lagopède alpin et n’en déplaise aux associations environnementales le grand tétras connait chez nous des indices de reproduction remarquables»
Le mot est lâché revenons sur les associations écologistes, quels sont vos rapports en ce moment?
«Exécrables! On ne peut travailler qu’avec l’association des naturalistes de l’Ariège. Nous ne sommes pas d’accord sur tout mais on peut avoir des dossiers en commun»
Et l’ours?
«Chacun vis sa vie. Vous conviendrez que les ours se reproduisent malgré les chasses en battue, cela prouve notre capacité à chasser en présence du plantigrade et je tiens à remercier les chasseurs pour leur comportement responsable. Quand un ours est signalé les chasseurs changent de vallée, personne n’est traumatisé par sa présence et du moment qu’il n’y a aucune contrainte pour continuer notre pratique, il n’y aura pas de problème»
Une fédération à l’écoute du monde agricole mais dans la limite du raisonnableAu lieu de parler de réchauffement climatique, Jean-Luc Fernandez préfère évoquer la dérèglementation climatique: une chaleur importante qui perturbe les pratiques de chasse en été, influe sur le passage des migrateurs, de la neige en quantité et très tôt dans la saison, bouscule les habitudes et dissémine certaines espèces…
La fédération départementale a aussi la responsabilité d’indemniser les dégâts aux cultures causés par le grand gibier et voit chaque année de par l’augmentation du prix des céréales, exploser la facture du dédommagement aux agriculteurs.
«Nous enregistrons chaque année un accroissement de 30 à 40% de la facture, cela représente pour notre petite fédération une enveloppe de plus de 220 000 euros… un système qui commence à voir ses limites. Notre souci de répondre aux agriculteurs est permanent mais il faut aussi être efficace dans la réalisation de nos tableaux. Nous sommes à la croisée des chemins, j’ai décidé d’engager une vaste réflexion avec les chasseurs ariégeois afin de gérer le présent mais aussi de prévoir l’avenir.
Demain inévitablement nous serons moins nombreux et le coût de la chasse augmentera pour ceux qui restent, à nous de maitriser cette évolution dès à présent»
Autant de paramètres qui ont décidé la fédération ariégeoise à demander à madame le préfet de modifier le calendrier cynégétique «il est urgent d’agir et de réfléchir aux dates d’ouverture et de fermeture de certaines espèces de grand et de petit gibier»
Car cette année un millier de sangliers supplémentaires ont été prélevés (soit un total de près de 7000 bêtes), des sangliers qui font souvent des dégâts dans le maïs ou les céréales, voire même jusque sur les terrains de sport. Sans que la situation soit réellement dramatique, il convient de souligner que le grand gibier est en nette augmentation et c’est avec acuité que la question de la réglementation et donc de la régulation se pose aux chasseurs:
«Nous avons de très bons rapports avec la chambre d’Agriculture mais nous ne voulons pas être débordés par les dégâts, dans d’autres départements le timbre grand gibier est déjà passé à 60€ et il faut un bracelet pour la battue au sanglier… notre objectif c’est d’être efficace sur le terrain sans pour autant ruiner les efforts de gestion de la fédération»
Par contre s’adressant aux agriculteurs qui retirent leurs terrains des ACCA mais qui sans complexe viennent ensuite remplir les dossiers d’indemnisation auprès de la fédération, le message de Jean-Luc Fernandez est clair: «La chasse n’existe que par le bon vouloir du monde agricole mais nos destins sont liés, chacun de part et d’autre doit respecter les règles, il en va de la pérennité de nos activités»
Autant de sujets qui seront évoqués le 26 avril prochain lors de l’assemblée générale des chasseurs de l’Ariège*. Rendez-vous dès 9h au parc des expositions de Saint Girons.
*Dans le cadre de cette AG le Dt Jean-Pierre Alzieu, responsable du laboratoire vétérinaire départemental proposera un bilan sanitaire sur la pestivirose de l’isard.
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