Ariège: avec l'Apredife deux tiers des petites entreprises en difficulté sauvées en 2013
«Le problème du chef d'entreprise, tout particulièrement dans les petites entreprises c'est que tout repose sur un seul homme, le patron. Or une entreprise, pour qu'elle marche, il faut qu'il y ait un bon commercial, un bon producteur ou technicien, un bon administratif, un bon financier. Un chef d'entreprise réunit rarement toutes ces qualités en une seul personne. Donc quelque part, il y a déjà, dans la petite entreprise elle-même, une faille»
Et c'est à cette faille intrinsèque à ce type d'entreprenariat que Jean-Charles Meyer Co-président de l'Apredife, l'Association pour la Prévention des Difficultés des Entreprises, souhaite apporter solution, avec un maitre mot sans cesse répété lors de cette conférence de presse de bilan après une année de fonctionnement de la structure qu'il codirige avec Germain Alberich (banquier de son état): «Anticiper»
Pour les moyennes et grosses entreprises, un certain nombre de structures et dispositifs exercent une vigilance spécifique et peuvent se mettre en action lorsque des difficultés surgissent: d'abord le tribunal de commerce, la DDFIP de l'Ariège, la direction des finances publiques (qui peut octroyer des délais de paiement), la Banque de France (et notamment son service de médiation bancaire) et la cellule départementale des entreprises en difficultés de la préfecture. «Mais ils s'adressent surtout à des entreprises plus importantes qui ont un poids sur le territoire»
Créée en 1992 par la CCI et le tribunal de commerce, l'Apredife a été réactivée fin 2012, avec une nouvelle équipe. «Sa mission est très simple, résume Jean-Charles Meyer, c'est la sauvegarde des petites entreprises et le maintien de l'emploi. Nous on s'adresse à de petites entreprises. Notre rôle est de conseiller et orienter le «petit» chef d'entreprise, souvent isolé et perdu, lorsque en difficulté»
Sur 19 dossiers traités en 2013, deux-tiers des entreprises ont été sauvéesL'Apredife est animée par un réseau de bénévoles, souvent des professionnels à la retraite (expert-comptable, banquier, trésorier etc.) autour d'un partenariat scellé entre l'association des experts-comptables, la fédération bancaire, l'union patronale et bien sûr la CCI, dont les techniciens sont à pied d'œuvre dans la détection, le suivi des dossiers et l'accompagnement des entreprises identifiées comme étant en difficulté.
«En 2013, évoque M.Meyer, nous avons traité 19 dossiers. 4 sont encore en cours d'accompagnement. Sur les 15 restants, 6 ont été orientés directement vers le tribunal de commerce. Arrivés trop tard ils ont dans le meilleur des cas fait l'objet d'une procédure de sauvegarde»
Les neufs autres dossiers restant, soit les deux tiers des entreprises signalées et reçues, ont été sauvés car ils ont pu bénéficier du bon accompagnement, à temps. «Ils ont bien fait de venir nous voir», se félicite Jean-Charles Meyer. «Nous avons un mode opératoire d'intervention structuré» et éprouvé pour l'ensemble des petites entreprises de 1 à 10 salariés «tous secteurs d'activités, tous secteurs géographiques et pour tous types de difficultés, qu'elles soient internes ou externes»
Alors finalement peut-être la plus grosse des difficultés est d'identifier les problèmes à temps. Avant tout pour le chef d'entreprise pour qui le premier frein peut être d'oser reconnaitre puis avouer ses difficultés et accepter ensuite de se faire aider. Il peut aussi tout simplement ne pas s'apercevoir des difficultés latentes.
«Le processus de défaillance, n'apparait pas subitement. Très généralement il prend un certain temps qui se compte en années,» relate Jean-Charles Meyer. Puis tel le grain de sable il finit par enrayer même la plus belle des mécaniques qui paraissait pourtant bien huilée. Alors le verdict du co-président de l'Apredife est sans appel «si on avait identifié puis réagit aux premiers signes de difficultés l'entreprise aurait pu se sauver»
D'où ce maitre mot savoir anticiper. Aussitôt complété d'autres, sensibiliser et faire preuve de pédagogie notamment à l'égard de tous ceux qui sont amenés à suivre à un moment donné ou un autre les comptes d'une entreprise (banquiers, comptables, expert compatibles) qui doivent alerter dès les tous premiers signes avant-coureurs de difficultés à venir. Des opérations de sensibilisation, complétées d'outils spécifiques, vont être menées en ce sens tout au long de l'année 2014 auprès des professionnels concernés.
Et là, l'Apredife peut-intervenir comme le précise Jean-Michel Meyer de façon tout à fait «confidentielle, réactive, souvent dans la semaine,... et gratuitement»
Quand on sait que bon an mal an, 130 entreprises ferment définitivement leurs portes en Ariège on mesure toute l'importance de cette prise en compte, à temps, de difficultés naissantes.
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