accueil  |  ariège   |  france

Centre Hospitalier Intercommunal du Val d'Ariège: appel à la mobilisation de la CGT

2013 avait été marquée par de longs mois de grèves et de désaccords entre la direction du CHIVA et les représentants syndicaux CGT.

Alors que l’on pensait avoir trouvé une sortie de crise grâce à l’entremise de l’ARS, voila que la centrale syndicale de l’établissement en appelle à la mobilisation jeudi 23 avril à partir de 17h, peu avant la réunion du conseil de surveillance et du conseil d’administration de l’hôpital programmé à 17h30.

Selon le syndicat, la direction aurait une nouvelle organisation du travail mise en place «unilatéralement» à compter du 1er mai, visant à supprimer le poste d’infirmier de nuit accordé de haute lutte sur l’EPAHD du Bariol, un aide soignant par étage au Chiva et allonger la plage des congés jusqu’au 30 septembre, ce qui semble être un crime pour les salariés habitués jusqu’à présent à partir trois semaines consécutives en famille l’été.
On n’a pas encore vu le bout du tunnelJacques Gomès a mené le combat suite à la suppression prévue de 17 postes en 2013. Aujourd’hui il invite ses camarades à remonter au créneau car selon lui «après avoir gagné et obtenu ce que nous voulions pour pérenniser l’emploi et offrir une meilleure prise en charge des patients en Ariège, il ne faut pas se laisser voler la victoire!»

Selon lui l’action collective paie et cela a été prouvé il n’y a pas si longtemps: «en décembre dernier nous avons obtenu de l’ARS sous couvert de la ministre de la Santé des effectifs supplémentaires aux urgences, le maintien de 17 postes dans les EHPAD, le développement de la filière gériatrique avec la création de lits adaptés aux personnes âgées les plus dépendantes, une unité de soins longue durée, un PASA, un UHR (unité hospitalière renforcée).

Dans ce contexte, la ministre avait également exigé dans cet établissement un dialogue social constructif, impliquant salariés et usagers sur l’ensemble des projets. Alors que la démarche du dialogue social semblait partagée par tous et que les décisions de création relatives à la filière gériatrique était prévues en juin 2014, le directeur a mis en place unilatéralement une organisation du travail à partir du 1er mai qui supprime 17 emplois… c’est un scandale» tempête le syndicaliste qui indique avoir déjà alerté le landerneau politique et appelle déjà au rassemblement demain mercredi à 17h.

«La mise en place de cette nouvelle organisation du travail, supprime de fait la présence d’un infirmier de nuit au Bariol (EHPAD de Pamiers), on nous dit qu’il serait mis en renfort le jour mais rien n’est acté. Sur les 130 lits, il y a 14 lits d’UHR, 16 lits Alzheimer… nous avons besoin de deux infirmiers. Le directeur du CHIVA lui en enlève un, idem concernant les deux aides-soignants par étage, il en supprime un par étage, inutile de dire que les toilettes et les soins seront bien faits!

Enfin cerise sur le gâteau il touche aux congés en allongeant la plage des congés que nous avions l’habitude de prendre du 15 juin au 15 septembre, jusqu’au 30 septembre. Les congés c’est toujours dur à gérer surtout pour nous qui avions l’habitude de partir en famille pendant trois semaine et de préférence au cœur de l’été!
»
Position de Michel Thiriet, directeur du Chiva et du CHPOSelon lui deux éléments font l’objet du préavis de grève de la CGT. Le premier concerna la problématique des congés d’été:

«Quand j’ai pris mes fonctions un an en arrière, les personnels se plaignaient de ne pas avoir suffisamment de possibilité de prendre trois semaines consécutives de congés entre la mi-juin et la mi-septembre. Nous avons travaillé sur une hypothèse de planification de congés en faisant en sorte d’élargir la plage jusqu’à la fin septembre. Mais cette période d’allongement n’a pas de caractère strict. Mon objectif c’est de ne pas dépenser plus de mensualité de remplacement car la position budgétaire de l’établissement ne le permet pas.

Les choses ont été revues dans la concertation pour un résultat excellent puisque 85%
(soit plus de 8 agents sur 10) obtient dans le cadre de la négociation des congés annuels à peu prés la période qu’il souhaite, notamment dans les services de soins. 15 ont une planification en fonction des contingences de contraintes du service public. J’ai vu la CGT ce matin qui a reconnu que l’on avait cherché une solution au cas par cas dans tous les services»

Seconde pierre d’achoppement les effectifs des EHPAD: mais à celui du Bariol à Pamiers comme à celui de Belissen à Foix, aucune suppression de poste n’est intervenue malgré les allégations de la CGT qui évoque la suppression de 17 postes.

Michel Thiriet reconnait que la situation financière des emplois consacrés aux soins est insuffisante depuis longtemps (avec un déficit chronique qui s’accumule chaque année): «l’an passé il y a eu gel et réduction d’emploi pour autant cette situation ne s’est jamais traduite par la suppression d’emplois. Certains postes ne sont plus financés sur le Bariol mais sont tout de même maintenus (idem à Belissen). Avec la fin de la convention tripartite en 2012, l’ARS fait appliquer les règles de financement communes à tous les EHPAD de France, il n’y a plus de convergence tarifaire, il faut revenir au niveau du budget qu’on nous alloue.

La norme nationale est de 0,64 temps plein pour un résident, au CHIVA nous sommes à 0,84 temps plein sauf que le financement est calibré pour 0,64. Par contre il n’y a pas eu de suppression de poste
(le tableau des emplois tel qu’il a été établi fin 2013 est le même, il doit couvrir les besoins de fonctionnement y compris face à l’absentéisme).

Or l’EHPAD du Bariol a vu ces dernières années son absentéisme augmenter, accroissant par la même le déficit de l’établissement. Les mesures de prévention sont régulièrement et normalement discutées en CHSCT. Néanmoins en cas d’absence ou d’aléas imprévisibles, un établissement public se doit de prévoir un plan de continuité d’activité dans la limite des moyens financiers dont il dispose.

C’est la raison pour laquelle, les personnels du Bariol ont été invités à réfléchir à une organisation plus adaptée qui ne dégrade pas la prise en charge ni les conditions de travail. Ce travail participatif a abouti à des propositions très concrètes fondées sur une nouvelle répartition des tâches et sur un redéploiement interne de postes permettant de mieux anticiper sur l’absentéisme.

A titre d’illustration la nuit, il y avait au Bariol 2 IDES
(sachant que dans 80% des EHPAD de France il n’y a pas d’infirmier de nuit) et 2 aides-soignants, dorénavant il y aura 1 IDE et 3 AS, le poste IDE de nuit passant de jour en cas d’absence d’un infirmier de jour.

La démarche pour Belissen étant beaucoup moins avancée n’est pas d’actualité.

Il n’y a donc aucune suppression de postes et la prochaine mise en service au sein de l’EHPAD du Bariol d’une unité d’hébergement renforcée contribuera à pérenniser en partie les moyens de cet établissement
»

Michel Thiriet souligne que ce travail de réorganisation a été porté par ¾ du personnel du Bariol en relation avec toutes les équipes mais que la CGT, syndicat majoritaire a refusé de voter la modification de l’organisation du travail décidée collectivement par le personnel.

«Jusqu’à présent nous avons fait preuve de dialogue permanent, on ne touche pas aux effectifs mais on ne veut pas entendre parler de réorganisation du travail pourtant nécessaire notamment pour l’unité d’hébergement renforcée. La discussion reste cependant ouverte»

Laurence Cabrol | 22/04/2014 - 19:50 | Lu: 17944 fois