Perceptible, la fracture devient réalité tangible en Pays d'Olmes; une scission a vu le jour.
«Nous avons assisté au bal des faux culs» nous a confié un élu à l'issue du Conseil communautaire qui s'est tenu mercredi soir à l'Hôtel d'entreprises.
Après environ deux heures de débats et votes, le verdict est tombé: le budget n'a pas été adopté par 29 voix contre, 21 pour et 2 abstentions.
Un camouflet pour le président de la CCPO qui s'est déclaré «déçu. Ce budget ne nous appartiendra plus, il sera jugé par d'autres instances»
Retour sur une soirée particulièrement tendue et riche en rebondissements:
Au nom des élus communistes, Richard Moretto a lu une déclaration: «nous ne sommes pas dupes de ce déferlement d'opinions qui visent à discréditer les élus de gauche et même si la droite profite de ce travail de sape pour se poser en sauveur du Pays d'Olmes, et si d'autres n'ont d'autres soucis que de devenir calife à la place du calife, nous trouvons ces pratiques indignes et n'aurons de cesse de dénoncer ceux qui par ces coups bas cherchent à faire oublier les véritables motifs des difficultés de ce territoire, et comme les années précédentes nous voterons le budget présenté par le président»
«Le manque de solidarité flagrant des communes» était pointé du doigt par l'élu du Sautel pour qui: «ceux-là même qui ont porté ces réformes, sont ceux qui critiquent aujourd'hui; il serait important de retrouver notre solidarité»
Pour Gérald Sgobbo «ce n'est pas la meilleure des façons de rassembler, et si on veut continuer à diviser, alors bravo Mr Moretto»
Avant même la lecture des différents rapports, Alain Bolo interpellait président et techniciens demandant: «comment se fait-il qu'il n'y ait pas l'affectation des comptes de résultat ?»
Réplique du président: «c'est surprenant que ce soit le responsable des finances qui pose ce soir la question»
Les directeurs des services ont précisé: «aujourd'hui, les excédents ne permettent pas d'affecter une somme en réserve; il s'agit d'un choix des élus»
Le ton de la séance était donné et des débats parfois houleux allaient émailler la soirée.
Transport à la demande, office de tourisme, zones industrielles ont été approuvés à quelques voix, avant que budget principal, budget de l'Hôtel d'entreprises, budget des Monts d'Olmes ne soient repoussés par une majorité allant grandissant au fur et à mesure des délibérations.
«On pourrait savoir pourquoi Mr Bolo, président de la commission finances, vote contre les budgets ?» interroge une élue.
«Sans vouloir me vanter, on ne m'apprendra pas à faire des budgets. J'ai été atteint par les propos qu'a tenu Mr le président à mon encontre. On s'est réuni 3 fois et presque aucun de nos avis n'a été retenu.
Mr le président a pris à son compte les finances depuis plusieurs mois et je lui laisserai présenter lui même les budgets qu'il a préparés en Conseil préparatoire»
Pour Marc Sanchez: «je vous laisse juge de déterminer si ces propos sont valables ou pas. Je ne souhaite pas donner une image pitoyable de notre communauté.
Je vais essayer de présenter un budget proposé par le Conseil préparatoire rassemblant l'ensemble des maires, et je regrette que nous ayons attendu aussi longtemps pour travailler sérieusement.
J'assume mes responsabilités et je tiens à sortir la tête haute de cette réunion.
Aujourd'hui quelque chose que je ne nommerai pas m'explose à la figure... je n'en dirai pas plus»
«On est tous en train de tirer la couverture à soi» intervient Gérald Sgobbo, rajoutant: «je n'ai jamais voulu donner une ambiance délétère à notre communauté et je regrette qu'avec nos responsabilités d'élus on se penche sur les problèmes au dernier moment»
Alain Bolo ayant refusé, c'est le maire de Fougax et Barrineuf, Francis Aubert, qui a donné lecture du budget où le parking de Fontestorbes n'était pas prévu et ce, «car il était impensable pour moi de mettre 100.000 € de plus d'impôts ménages» dixit Marc Sanchez.
Volet services non transférés aux communes dorénavant facturés SPA, interventions des équipes d’insertions, impôts ménages, facturation des chapiteaux aux usagers, révision des AC (47 500 € de diminution des AC à Laroque d’Olmes et Lavelanet du fait du transfert de compétences mal estimé il y a 4 ou 5 ans).
Le besoin de financement constitué selon cette hypothèse (747 166€) se décomposait comme suit: impôts 69,42%, économies de fonctionnement 10,37%, services non transférés 11,04%, régularisation des AC 9,17%.
«Il faut être conscient de l'enjeu» a rappelé Dominique Déom avant le vote. Le maire de Roquefort les Cascades n'a pas empêché la scission.
Nombre d'élus socialistes du Pays d'Olmes se s'ont opposés à ce budget de crise.
«Déçu», Marc Sanchez souligne: «le budget n'est pas adopté, mais nous allons continuer notre travail»
Le président n'entend pas démissionner.
A souligner que suite au «non», les délibérations vont être transmises à la Préfecture.
Le contrôle de légalité va s'emparer des dossiers et des budgets non adoptés.
La Chambre régionale des Comptes va être saisie et fera des préconisations (réduction des dépenses, réajustement des impôts, s'il le faut, étude des transferts de charges, gel des investissements...).
Un budget devrait, suite à ces préconisations, être soumis au vote des élus communautaires.
Si le «non» l'emportait, le Préfet prendrait alors en main la Communauté de communes du Pays d'Olmes.
C'est à bulletins secrets que les élus ont voté les deux dernières délibérations portant sur les diminutions d'indemnités du président et vices présidents.
Concernant ces dernières, c'est l'option 3 (baisse de 50%) qui a obtenu la majorité des voix: 29 pour sur 47 votants.
Satisfecit pour le président. Deux options étaient présentées: baisse de 30% prônée par la commission finances ou option 1 baisse de 10%. Cette dernière, proposée par le conseil préparatoire a été votée par la majorité des élus, 24 voix pour, 23 contre.
«Je remercie ceux qui me font confiance» a-t-il déclaré.
Durant ces votes et la suspension de séance, nous sommes allés à la rencontre de différents élus:
Nous avons assisté à «un putsch ne portant pas son nom, conduit par des élus socialistes et républicains qui ne sont pas allés au bout»
«Je ne comprend pas qu'on vote non, alors qu'on est incapable d'apporter ne serait-ce qu'une solution ?»
«Il n'avait qu'à démissionner»
«Une malhonnêteté sans limite» pour un autre, alors que cette dernière nous confie «on dirait des girouettes, ils naviguent à vue»
Se pose dès lors la question de la «gouvernance» de la CCPO.
Dans quelques jours, des échéances nationales vont avoir lieu; du scrutin dépendra la future majorité qui gouvernera la France, et par ricochet de la politique qui sera conduite en Pays d'Olmes.
Autre question, comment Marc Sanchez réagira-t-il face à ce cinglant désaveu de sa «majorité»
Peut-il encore travailler avecc les élus socialistes, alors qu'un point de non retour semble voir été franchi, la scission consommée?
Un président qui ne souhaite «pas faire de commentaire pour l'instant»
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