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Centre ancien de Pamiers: bientôt un nouveau visage?
04/05/2012 | 11:26
© MidiNews 2012
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Ce n’est pas au hasard qu’a été choisi le lieu de la réunion de quartier qui a eu lieu ce jeudi à Pamiers, au bar de l’Etrier rue Gabriel Péri, en plein cœur de l’îlot Sainte-Claire.

C’est actuellement dans ces quartiers nord du centre-ville intra-canaux (Gabriel Péri-Lestang-Sainte-Claire, Papeterie) que la commune engage un projet de revitalisation du centre ancien.

La Prise de conscience

Aujourd’hui à Pamiers, les élus de touts bords politiques sont bien conscients du problème. Et le sujet intéresse. La preuve: il manquait de la place hier dans le petit bar de quartier.

Difficile en effet de reconnaître aujourd’hui la rue Gabriel Péri pour les Appaméens de la première heure, «on l’appelait la rue Major. Avant il y avait le cinéma, la salle de danse...» chuchote une habitante à sa voisine en regardant le plan projeté en image.

Et une brève balade dans les ruelles alentours permet de se rendre compte de l’ampleur des dégâts: des façades détruites, des volets fermés, des commerces barricadés, et pas franchement une atmosphère qui donne envie de poser ses valises.

Bien sûr, le phénomène ne touche pas que Pamiers. Nombreux sont les centres-villes qui payent aujourd’hui des années de construction de supermarchés et de quartiers pavillonnaires en périphérie.

Et pourtant... la volonté citoyenne de réinvestir ces lieux est bien là.

Pour preuve: le projet en marche d’Habitat Coopératif et ses 15 foyers (initialement prévu au 53 rue Gabriel Péri), un atelier associatif de réparation de vélo récemment installé, ou encore l’ouverture il y a peu dans le quartier de cours de développement artistique: «Les ateliers d’Appamée»

Des choses ont déjà été faites par la ville dans le centre: la place Albert Tournier a été réaménagée en 2010 (480 000€), la rue Gabriel Péri a fait peau neuve en 2011 (1 196 000€), les travaux autour de la gare dite «multimodale» seront terminés en juin (1200 000€). Un office du commerce et des entreprises a été inauguré (150 000€).

Des enveloppes sont aussi disponibles afin d’aider les propriétaires à rénover leur logement, ou pour réhabiliter les façades du centre ancien.

Quelle est la stratégie de la mairie?

Parmi ses pistes, Pamiers projette de rénover l’ancienne fonderie pour y proposer 36 logements en location. Un projet est aussi à l’étude pour rénover les anciens lavoirs.

Plus précisément, le quartier Sainte-Claire devrait servir de zone «test»

La stratégie de la mairie est d’acquérir des maisons et des immeubles. L’idée est de les mettre à disposition d’investisseurs privés et publics pour les réhabiliter, tout en conservant la maîtrise de la qualité des ouvrages.

L’objectif est de 20 à 30 logements neufs ou réhabilités par an. Et cette politique pèse plus d’un million d’euros.

Les investisseurs ne seront-ils pas freinés par le coût très élevé au m² d’une réhabilitation en centre-ville? Telle est la question qui s’est notamment posée aux parties prenantes du projet d’Habitat coopératif.

Quant à l’acquisition des biens qui se poursuit, la détermination semble de mise.

Et le maire André Trigano n’hésitera pas à mener des procédures d’expropriation (ou de «déclaration d’utilité publique») pour ceux qui veulent rester propriétaires d’une ruine, «il y a 3 ou 4 propriétaires qui ne veulent pas vendre. Nous serons intransigeants. Les personnes qui ne veulent pas vendre à l’amiable, on les expulsera et ils seront indemnisés au juste prix. Et le juste prix: c’est pas cher !»

Une fois rénovés, «nous souhaitons offrir des logements avec terrasse, jardinet, ou courette et ponctuellement des stationnements.

On ne peut pas demander à une mère de famille avec des enfants de devoir faire 500 mètres pour décharger ses courses
» explique Marie-Claude Eychenne Vidal qui ajoute: «nous voulons vraiment conforter les actuels habitants du quartier»

Quant aux nouveaux logements, ils seraient destinés «à de jeunes ménages urbains, des familles souhaitant revenir en ville, ou des personnes âgées en perte d’autonomie, qui pourraient occuper des logements au rez-de-chaussée»

Qu’en pensent les habitants?

Une enquête de proximité a été menée auprès de la population. Et les résultats sont sans appel: «désertion du centre-ville. Mauvais état et vacance des logements et des commerces. Image dégradée du centre-ville. Ressenti négatif des usagers du centre»

«Ce qui est aussi remonté, c’est que vous percevez une insécurité latente qu’il faudra traiter» ajoute aussi Marie-Claude Eychenne Vidal (directrice de l’urbanisme pour la mairie de Pamiers).

La «composition» des populations habitant le centre-ville a été à l’origine de l’intervention d’un habitant, visiblement mal à l'aise pour mettre des mots précis sur son problème, «comment vous allez faire pour faire venir des gens bien au centre? Eux préfèrent une villa tranquille en dehors.

Ici les gens sont sales, ne respectent rien, laissent leur poubelles partout... Il faudrait faire venir des gens moins... des gens mieux
»

«Nous sommes très attachés à la mixité sociale dans notre projet» répondra Hubert Lopez, élu en charge de l’urbanisme.

Et le maire de rajouter, «quand les gens auront des trottoirs propres, ils prendront soin de leur environnement. A Pamiers, la population a doublé en peu de temps: on n' a pas choisi la population qui est venue»

Mais le quartier ne fait pas fuir tout le monde.

«Nous sommes 15 familles qui voulons y habiter !» a rappelé ensuite dans le micro Odile Gallais, participante au projet d’Habitat coopératif, pour le moment toujours compromis rue Gabriel Péri pour cause de prix de l’immobilier trop élevé.

Réponse du maire, «je veux vous dire à titre personnel que je soutiens ce projet. On va faire tout ce qu’il faut. Il faut absolument vous y accrocher !»

Les attentes sont grandes pour les habitants de ce quartier venus nombreux à la réunion publique.

De leur côté, les élus visent une «phase opérationnelle» d’ici 2013.

actualites Ariege
auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 04/05/2012 | 11:26 | Lu: 8792 fois