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Saint-Girons: boutique SNCF, mobilisation générale
18/12/2012 | 18:36
© MidiNews 2012

Marc Cadars, employé à la boutique SNCF de Saint-Girons, a été le premier à s’alarmer du non remplacement d’un poste suite au départ à la retraite d’un des deux agents de la boutique.

Lui, personnel volant entre plusieurs agences locales, syndiqué CGT par ailleurs, n’est pas directement inquiété.

A sa suite, le Conseiller Régional François Calvet avait été informé d’une liste faisant état d’une dizaine d’agences SNCF susceptibles d’être fermées dans les mois à venir au niveau régional par la direction de la SNCF.

Une liste au premier rang de laquelle se situerait l’agence de Saint-Girons ou celle de Decazeville.

Branle-bas de combat à Saint-Girons. Parlementaires, conseillers généraux, avec François Murillo à leur tête ont rencontré à deux reprises les responsables de la SNCF (les directeurs des lignes TER et de la communication) pour en savoir plus et affirmer haut et fort «qu’il n’était pas question de toucher à l’agence SNCF de Saint-Girons»

Face à cela, la direction de la SNCF «ne dit pas grand-chose», ce que beaucoup ici traduisent en termes technocratiques par «oui on va la fermer mais on ne sait pas quand»

Aussi, ces mêmes protagonistes, Marc Cadars et François Calvet se sont retrouvés aux côtés de Hervé Soula, élu communiste de Saint-Girons et de Charles Marziani, conseiller Régional Vice-président de la commission transport, face à un public nombreux venu débattre en salle du Conseil municipal sur les actions à mener pour la défense de ce service public.

Au premier rang de l’assemblée on aura vu François Murillo mais aussi Marc Carballido, également conseiller régional.

Après les interventions des personnalités assises à la table, les échanges avec la salle auront été nourris.

Pour beaucoup, cette fermeture supposée repose simplement sur une logique comptable imparable «on enlève le boulot, en externalisant, puis on finit par supprimer le poste»

Pour autant cette boutique, assure Marc Cadars, «reçoit 50 personnes/jour et réalise un CA de 35 k€par mois. C’est une boutique rentable»

Dans la salle le message est clair «les Couserannais en ont besoin, la présence humaine reste indispensable»

Il est question de lien social bien sûr mais pas seulement. Les nombreux et variés usagers ne pourraient dépatouiller seul ou via internet des horaires et correspondances souvent kafkaïens.

Il sera aussi question par la voix de Marc Carballido «d’aménagement du territoire qui ne peut faire l’objet d’aucun marchandage»

A sa suite, Charles Marziani dénoncera «une gestion anti-service public qui oppose TGV et TER et le chantage qu’exerce la SNCF sur le ton vous voulez le service, alors payez le !»

Même si la boutique SNCF de Saint-Girons, tout comme celle de Decazeville, fait partie de cette dizaine d’agences non conventionnées entre la Région et la SNCF, il assure: «l’engagement complet de la Région pour que la boutique reste»

Dans la salle, beaucoup d’échaudés de «ce changement c’est maintenant» qui tarde à venir «alors qu’il suffirait que des ordres venus d’en haut donnent une nouvelle ligne de conduite aux dirigeants de la SNCF, entreprise d’état»

Cependant en l’absence des principaux intéressés, il est difficile d’aller plus loin. S’il est certain que la mobilisation gagne, le mécontentement aussi.

«Qu’est ce qu’on peut faire concrètement pour empêcher cette fermeture» lancera l’un des citoyens présents.

Une pétition qui a recueilli plus de 3.000 signatures tourne et va être adressée à la direction de la SNCF. Il est demandé aussi que tous les conseils municipaux du Couserans prennent une délibération en faveur du maintien de la boutique SNCF.

Le sous-préfet devrait sur sollicitation des collectivités locales provoquer une réunion mettant toutes les parties prenantes autour de la table, y compris la région, le département et la direction de la SNCF.

Chacun est invité à inonder de mails les délégations SNCF et régionales. Un rapprochement avec les autorités de Decazeville est également décidé pour adopter les mêmes lignes de défense.

Une meilleure coordination des services et des actions doit se mettre sur pied.

Le maire, François Murillo, assure que de son côté il provoquera des réunions de travail avec les instances de la SNCF dès janvier 2013 «pour ne pas les laisser faire dans leur coin»

La mobilisation est gagnée assurément. Désormais, il importe que toutes ces énergies aillent dans le même sens sous peine de s’essouffler et s’éparpiller.

En jeu, ce n’est pas seulement 1,5 postes qu’il faut sauver «coûte que coûte»

Toutes ces énergies doivent se mobiliser pour contribuer à la définition d’un plan global de la mobilité à l’échelle du Couserans (et en connexion avec les territoires frontaliers y compris en Espagne).

C’est ce projet là, s’appuyant nécessairement sur une démarche concertée à l’échelle du pays Couserans englobant toutes les parties prenantes, qu’il faut bâtir désormais, ensuite les moyens suivront même s’il faut se battre pour les obtenir, ou les conserver.

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auteur: Py.M | publié le: 18/12/2012 | 18:36 | Lu: 5842 fois