ariège > la vie des communes > solidarité
Ganac perpétue la tradition du secours mutuel avec la société St Jean-Baptiste
06/03/2013 | 21:48
© MidiNews 2013

C’est un peu l’ancêtre de la Sécurité Sociale… créées au milieu du XIXe siècle dans de nombreuses vallées ariégeoises à connotation industrielle, ces Sociétés de secours à caractère mutualiste, instituées le plus souvent sous le vocable du saint patron local, voient le jour sous l’impulsion du prince-président Louis Napoléon et son décret du 26 mars 1852 visant à donner une cohérence aux initiatives locales d’aides et de bienfaisance.

Parmi les premières sociétés* d’entraide créées dans le département de l’Ariège: la Société Saint Jean-Baptiste.
Elle voit le jour en 1853 à Ganac, suivie de la société Saint Roch à Rabat les Trois Seigneurs, l’une liée à l’activité industrielle locale de production de clous, l’autre attachée aux forges à la catalane de la vallée de la Courbière.

«Nous avons également trouvé trace d'une Société Saint Jean-Baptiste à Bessans dans les Alpes» explique Jean-Claude Rivère l’actuel président, heureux de nous faire découvrir les archives aux côtés de Pierre Ville, maire de Ganac et Gérard Rumeau membre actif de cette association.

«Nous avons également une Société Mutualiste de la Saint Jean-Baptiste à Auzat, liée au travail de la mine, mais elle s’était interrompue un temps. La nôtre est la seule active en matière sociale, sans interruption depuis sa création.

Bien entendu aujourd’hui nous ne nous substituons pas au CCAS mais nous organisons chaque année le Barguille'thon et nous travaillons avec l’association Y Arrivarem
» (voir encadré).

Cependant, si depuis le XIXe siècle les statuts d’admission dans cette Société de Secours Mutuel se sont modernisés, les femmes en restent toujours exclues.

«On peut le comprendre, à l’époque seuls les hommes cotisaient. Les femmes ne travaillaient pas dans les clouteries encore moins dans les mines ou les forges catalanes. Par contre quand un ouvrier avait un accident, la Société prenait en charge les frais de médecin et venait en aide à la veuve et aux orphelins… on avait même mis en place un fonds de retraite avec les cotisations des sociétaires»

Pierre Ville nous conduit dans une salle à l’étage de la mairie de Ganac pour découvrir la bannière de la St Jean-Baptiste, il date de 1854 et fait désormais partie intégrante de l’histoire du village au même titre que les recueils d’archives de la société créée selon les statuts de l’époque: «par les soins du maire et du curé dans chacune des communes où l’utilité en aura été reconnue»

Pour en être admis comme sociétaire actif, il fallait être âgé de 16 ans au moins et de 40 ans au plus (le droit d’entrée était calculé en fonction de l’âge), être domicilié à Ganac depuis 6 mois, être sain d’esprit, valide et avoir une bonne conduite.

De même en étaient exclus ceux qui subissaient une condamnation infamante ou ayant «une conduite déréglée et notoirement scandaleuse»

Très attachés à cette tradition, les membres de la Société Saint Jean-Baptiste de Ganac (ils sont aujourd’hui une soixantaine et la société est devenue association loi 1901) n’hésitent pas à sortir leurs bérets reconnaissables aux lettres d’or gravées et leur bannière pour affirmer leur attachement aux traditions locales et à l’esprit d’entraide mutuelle qu’ils contribuent à pérenniser.

«Ici on est très attachés aux traditions et lors de la fête de notre Saint Patron au mois de juin, il y a l’AG de notre association, puis la messe de la St Jean, le défilé, nous déposons ensuite une gerbe au monument aux morts… nous avons même un hymne spécial»

Un vent de renouveau souffle sur cette association dont le bureau étudie même une ouverture en direction des Ganacoises.
«Gérard Descamps, l’ancien président qui nous a quittés, avait ouvert cette piste, il y tenait beaucoup et il nous semble logique dans la société actuelle que les femmes aient accès à toutes les associations, y compris à la St Jean-Baptiste… encore faut-il qu’elles acceptent… mais il faut leur poser la question» ajoute Jean-Claude Rivère dans un sourire.

*Selon l’étude réalisée par Jean Saurel, habitant de Ganac, aux Archives Départementales de l’Ariège, la société Sainte-Vierge à Fougax voit aussi le jour à cette époque-là suivie plus tard des sociétés Saint-Etienne à Aigues-Vives, Sainte-Cécile au Fossat, Saint-Jean à Lissac, Saint-Quentin à Loubières et Saint-Jean de Verges, puis à la fin du siècle Saint-Michel à Pamiers.


Au programme de la Société Saint Jean-Baptiste de Ganac

Samedi 1er juin, journée dédiée à l’association de Jacques Safon, Y Arrivarem 09.

Depuis quatre ans les personnes en situation de handicap ont ainsi la possibilité de randonner en joëlettes sur les crêtes du Prat d’Albis jusqu’au belvédère du Peyrou pour une vue à 360° sur la vallée de la Barguillère.

Le retour en calèche est prévue ainsi qu’une petite fête comme on sait le faire à Ganac.

De son côté Anne-Sophie Duran et l’association Estivol se mobilisent depuis deux ans pour faire voler en parapente les personnes en situation de handicap.

Enfin outre le Téléthon (baptisé ici le Barguille'thon) qui permet chaque année de lever des fonds, la société Saint Jean-Baptiste invite les jeunes de moins de 15 ans et les anciens de plus de 70 ans à une journée récréative Noël d’Antan aux Forges de Pyrène.
actualites Ariege
auteur: Laurence Cabrol | publié le: 06/03/2013 | 21:48 | Lu: 12087 fois