«C’est un ultimatum, il correspond au délai qui nous est imposé pour quitter les lieux lorsqu’on se voit notifier une expulsion. Nous leur avons donné le même pour qu’on trouve ensemble une solution»
Au sortir de la mairie de Saint-Girons, M.Patrac, qu’ici tout le monde surnomme «Pouet», se dit satisfait. Membre de la communauté manouche qui réside à l’Aire d’accueil du Pont du Rat, sa famille (il a trois enfants scolarisés sur Saint-Girons) comme quatre autres, en conflit larvé avec la municipalité, devaient quitter ce campement de fortune, surpeuplé.
«Il y avait avant ce week-end jusqu’à 27 caravanes, soit 27 familles installées sur cet aire d’accueil» qui ne peut en contenir en principe que 15.
Depuis l’hiver les gens du voyage dénoncent les conditions dans lesquelles ils sont laissés pour compte sur cette aire où «le soleil n'arrive jamais, humide, froid, insalubre, sans eau ni chauffage par moments»
Une solution temporaire avait été trouvée avec la municipalité qui leur a laissé occuper l’aire de grand passage (derrière l’ancienne gare de Saint-Girons) durant le temps de l’hiver.
Mars venu, et avec lui la fin de la trêve hivernale, il a fallu regagner l’aire d’accueil et depuis les tensions sont montées d’un cran supplémentaire entre la communauté des gens du voyage et la municipalité, avec comme point d’orgue l’expulsion annoncée de ces familles.
«On nous demande 10 € par caravane et par jour, tout compris, pour vivre dans ces conditions et encore ça peut monter jusqu’à 20 en hiver»
Un Comité de Soutien aux Habitants de Caravanes de Saint-Girons s’est formé qui a apporté son soutien aux Gens du Voyage et fait monter la pression, utilisant pour ce faire les réseaux internet. En ce lundi matin, ils étaient avec M.Patrac, «Pouet», sur l’aire d’accueil du Pont du Rat puis jusqu’à la mairie de Saint-Girons.
Une situation qui pose clairement le problème de la sédentarisation des gens du voyage
«Moi, dira ce manouche d’un certain âge, ça fait 27 ans que je suis ici, ma femme est morte et enterrée à Saint-Girons, je ne partirai plus. Tous mes enfants sont scolarisés ici»
De fait pour beaucoup, cette aire d’accueil qui est par essence un hébergement temporaire est devenue un lieu de vie. Une dizaine des familles rencontrées à l’aire d’accueil du Pont du Rat reconnaît vivre depuis au moins 25 ans à Saint-Girons et n’envisage plus de quitter la capitale du Couserans.
Le «problème vient de là pour partie, explique Philippe Jusiak, directeur général des services de la ville de Saint-Girons. Nous avons à Saint-Girons une aire de grand passage (celle derrière l’ancienne gare) qui peut accueillir au maximum une trentaine de caravanes pour une durée moyenne de séjour qui ne peut excéder 15 jours.
L’aire d’accueil du Pont du Rat, qui vient de recevoir des travaux de réfection, peut accueillir une quinzaine de caravanes pour une durée qui doit être inférieure ou égale à 3 mois. Or certaines familles sédentarisées, continuent de s’agrandir, et dotées de revenus faibles ou inexistants, n’ont plus les moyens d’en partir. Certaines sont là depuis plus de 25 ans.
Paradoxalement, on ne peut plus accueillir de nouvelles personnes. Un schéma départemental relatif à l’accueil des gens du voyage est en cours d’élaboration. Il devrait permettre à l’avenir de trouver des solutions au niveau de l’agglomération de Saint-Girons»
Finalement reçu ce lundi matin par M.Jusiak, rejoint par Thierry Tourné, l’adjoint aux finances, «Pouet» reconnaît «une entrevue positive et constructive, dans un esprit ouvert»
Ce lundi soir en bureau, la municipalité doit se prononcer sur son cas particulier ainsi que celui des quatre autres familles menacées d’expulsion. «Puis le plus important, estime «Pouet», c’est qu’ils vont rouvrir le vieux dossier d’une aide réelle à la sédentarisation des familles. Ils pourraient nous aider à acquérir un terrain, un terrain dit familial, ou nous pourrions nous installer dans des conditions décentes et déplacer du même coup cette aire du Pont du Rat. On peut y arriver si on travaille ensemble, unis»
Rendez-vous est pris, jeudi matin même endroit et même heure, à la mairie, pour faire un point des décisions prises par la municipalité et de la suite de l’action à mener.
Désormais «Pouet» s’imagine même créer son école de cirque, projet qui lui tient à cœur, dans lequel il pourrait accueillir tous les enfants de Saint-Girons.
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