Pamiers: le torchon brûle entre le collectif de Loumet et la mairie

Incivisme, laxisme… le ton monte en même temps que le mercure dans le quartier des rues Piconnières et de la Tannerie si bien qu’aujourd’hui les riverains excédés affichent leur ras-le-bol en déployant une large banderole sur la façade d’un immeuble.
Le message est clair: «citoyens en colère, ici zone de non-droit, quartier abandonné»
Apaiser les tensions
Face à l’incurie des pouvoirs publics à régler ces problèmes récurrents, un collectif vient de voir le jour pour faire entendre la voix des habitants du quartier, las de subir les nuisances sonores et les agressions verbales d’un petit groupe de fauteurs de trouble souvent alcoolisés qui ont pris leurs habitudes au pied des habitations.
À sa tête, Michèle Dupuy, propriétaire rue Piconnières qui a alerté la municipalité sur ces problèmes de sécurité dès la fin 2012: «la rue est très salle, les trottoirs inexistants, régulièrement envahis par les ordures et autres immondices… il y a ici un problème de sécurité et d’urbanisme.
Nous subissons des incivilités au quotidien, il y a peu on m’a arraché le rétroviseur.
La police ne se déplace pas et toute la nuit c’est le bazar ! Nous sommes pourtant des citoyens comme tous les autres. Nous avons un projet global qui tient la route, mais la mairie n’a jamais daigné nous recevoir pour en parler» insiste la porte-parole du collectif qui lors des dernières élections municipales était sur la liste PS d’Alain Fauré «Pamiers Ensemble».
Loin de vouloir faire des amalgames, désireuse avant tout de faire progresser le dialogue, Michèle Dupuy défend son projet au sein de l’association de Corinne Donnet «Penser la ville» auprès de qui elle a trouvé un écho favorable: «notre projet citoyen tient parfaitement la route et peut très bien contribuer à l’élaboration du contrat de ville puisque Loumet est un quartier intra-canaux faisant partie du périmètre retenu»
Il s’agit selon elle d’un «projet cohérent visant à redynamiser l’espace public pour le bien-vivre des habitants: on parle de régie de quartier, d’urbanisme et pas de répression. Nous proposons plusieurs leviers pour redynamiser de manière cohérente ce coin de Loumet»
Un projet de près de 120 pages très documenté qu’elle a pu présenter à Jean-Pierre Gillery sous préfet d’arrondissement, coordonnateur du contrat de ville à Pamiers.
Face à l’exaspération croissante des riverains, le collectif a obtenu un rendez-vous avec André Trigano vendredi matin (il sera reçu entre temps par Alain Fauré).
Hier soir Gérard Mandrou, adjoint a la sécurité, était encore sur site pour calmer les esprits. «Il est venu désamorcer un pétard, mais c’est une grosse bombe qui se prépare» commente le collectif.
La mairie n’abandonne personne
«Je passe régulièrement ici, nous avons supprimé les bancs, ajouté des plots, les policiers municipaux patrouillent, mais il y a malheureusement toujours autant d’incivilités, explique Gérard Mandrou.
Ces fauteurs de troubles sont parfaitement identifiés, poursuit l’élu. Nos agents ont même fait l’objet de menaces de mort, une procédure est en cours actuellement.
Mais comprenez bien que l’on ne peut pas faire des contrôles d’identités tous les jours, on pourrait nous taxer de discrimination... Ce sont des individus bruyants, colériques, mais nullement coupables de délits aux yeux de la loi»
L’adjoint à la sécurité déplore le mauvais état d’esprit qui règne dans ce quartier: «la mairie n’abandonne personne, tout ce qui a été demandé à la municipalité a été fait, je trouve la réaction du collectif un peu excessive»
Adepte d’un dispositif de «prévention cohérente» l'élu cherche du soutien du côté de la police nationale en demandant notamment davantage de présence sur le terrain.
«Depuis quatre mois nous avons demandons une réunion chez le sous-préfet sur le thème de la sécurité, trop occupé par la politique de la ville, il n’a pas encore accédé à notre demande»
Du côté de la sous-préfecture, c’est un procès d’intention car contrat de ville ou pas, une réunion sécurité est planifiée tous les mois.
Pour sa part Jean-Pierre Gillery voit dans ce collectif une vraie démarche citoyenne liée à l’embellissement du quartier et au bien vivre, en complète adéquation avec le contrat de ville.
Quant au dépôt de plainte de Vincent Nou, propriétaire de l’immeuble en cours de restauration sur lequel la banderole est posée, les services de l’Etat sont conscients de l’exaspération dont font preuve certains riverains: «ces incivilités durent depuis trois ou quatre ans et régulièrement pendant l’été.
Tout le monde n’a pas la même approche de ces problèmes-là. Le commissariat est un peu démuni car cela relève de la cellule de dégrisement et de la contravention, précise le sous-préfet. Il n’y a rien de délictuel»
Cependant il suggère à la police municipale garante de la sécurité de proximité qui assure en période scolaire la rentrée des classes, de basculer ses horaires en fin d’après-midi pour accentuer ses rondes dans le quartier.
Quoiqu’il en soit tout le monde à Pamiers souhaite ouvrir le dialogue et apaiser les tensions.
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