accueil  |  ariège   |  france

Pamiers d'hier et d'aujourd'hui: souvenirs de la Providence

La Providence a été il y quelques semaines le théâtre d’une nouvelle animation proposée par Pamiers Événement «la Belle époque».

Une manifestation originale qui, si elle a eu le mérite de faire vivre d’une nouvelle manière le cœur de ville, a permis à de nombreux Appaméens de revoir le lieu qui autrefois, pour certains d’entre eux, avait été un passage de leur vie.

En effet, la communauté des Pauvres filles de Jésus de Massat y créa un orphelinat et un hospice pour personnes âgées au début du siècle dernier. Plus tard, ce fut un pensionnat de jeunes filles, avec à côté un ouvroir où les enseignants dispensaient des cours ménagers pour les CAP et les BEP.

L’école ferma ses portes en 1962. Le bâtiment fut repris par la communauté Les Filles de la croix de Saint-André en 1969.  

Maguy garde en mémoire les années qu’elle a passé à la Providence «Dans la salle d’exposition actuelle c’était le réfectoire, le dortoir se trouvait au dernier étage. La chapelle était située à côté du parloir en bas. Je me souviens, raconte-t-elle, il fallait laisser les galoches dans le hall pour mettre les sandales.

Les cuisines donnaient dans la cour. Et dans cette cour nous jouions à la balle au camp. Le premier étage était réservé aux personnes dans le besoin souvent des personnes âgées et seules. Une fois, l’une d’entre elles avait attrapé la rougeole, elle fut mise en quarantaine.  

La mère supérieure, Mère Natalène avait aussi son bureau à l’étage. Elle était imposante, elle et Sœur Christiane nous donnaient des coups de livres lorsque l’on bavardait ! Et c’est sœur Marie du Carmel qui nous surveillait au dortoir.

Sœur Bertille elle, ouvrait la porte lorsque les parents venaient rendre visite aux enfants, elle s’occupait également du repassage et les hosties. Nous avions aussi régulièrement la visite du docteur Laffargue. Il nous faisait les vaccins.

Nous étions toutes alignées au pied de l’escalier et on passait chacune son tour à la piqûre. Nous portions toutes la même tenue, jupe plissée bleu marine, chemisier blanc et le béret. A mon époque, dans les années d’après-guerre, nous étions une trentaine de pensionnaires
».

L’école était située à l’emplacement de l’actuel office du commerce. En bas se trouvait l’ouvroir et à l’étage les salles de classe. Sur le parking, un grand jardin servait de potager et le bâtiment existant encore aujourd’hui, situé sur le côté, recevait les élèves de l’école Pigier pour dormir.

La vie n’était pas simple au pensionnat. L’éducation demeurait stricte et les moments de détente peu nombreux.

«On se levait très tôt le matin, on se lavait, on allait petit-déjeuner, puis on partait à l’école. Il fallait aller à la messe à la chapelle à 16 heures puis nous avions droit au goûter, un morceau de pain et des billes de chocolat noir et ensuite nous partions en étude jusqu’à 18 heures, puis nous allions dîner ensuite et au lit très tôt.

On sortait le dimanche, on allait marcher, chez Pourcharet à la Cavalerie chercher des cerises, ou bien à Jean XXIII et parfois dans un parc dans une demeure appartenant à des gens d’Église, avenue du capitaine Tournissa.

Durant les vacances, nous partions en colonie à Puy l’évêque, à Puy Laurent, à Saillagouse. Mais entre nous, nous nous amusions bien, on participait aux kermesses organisées une fois l’an dans la cour, alors on voyait du monde.

Nous allions avec les cœurs Vaillants avec la paroisse dans le local rue rue St Claire. On s’y retrouvait le jeudi. C’était il y a longtemps... C’est tout de même bien agréable de revoir ces bâtiments. C’était pour nous aussi une belle époque même si c’était un peu rude
».

PR | 24/07/2015 - 18:48 | Lu: 21951 fois