Foix: l'architecture, le patrimoine et l'urbanisme comme leviers de cohésion sociale

© midinews 2015

Foix c’est le château, l’abbatiale St Volusien, mais c’est aussi un ensemble d’éléments patrimoniaux qui sont tellement ancrés dans la routine du quotidien que les habitants de la cité comtale arrivent à ne plus les voir.

Il suffit pourtant de lever le nez: les façades de la rue Labistour ou de la place Parmentier, la fontaine de la place Duthil, une façade ornée de cariatides à deux pas de la préfecture ou une porte ouvragée non loin de St-Volusien…

Dans le cadre de son contrat de ville, la commune a décidé de mettre en place un dispositif des aires de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine (AVAP).

Créé par décret du 21 décembre 2011, ce dispositif se substitue aux zones de protection du patrimoine architectural urbain et paysager (ZPPAUP), il précise les modalités de délivrance d’une autorisation de travaux dans cette aire et le cas échéant instaure une sanction pénale en cas de violation des dispositions relatives à l’autorisation de travaux.

Pour Pascale Canal, élue en charge de la culture, cette aire de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine est un outil permettant de travailler l’urbanisme différemment, car il s’attache à développer le volet culturel au-delà de l’urbanisme (il devrait d’ailleurs remplacer le PLU sur cette zone).

Une étude préalable va être lancée et le patrimoine minutieusement répertorié: «la Drac en finance 50% dans le cadre du pacte culture signé par le maire à Matignon, précise l’adjointe en charge de ce dossier.

Plusieurs sites sont déjà inscrits au titre des monuments historiques: les allées de Vilotte (depuis 1943), la place Duthil et sa fontaine (1944), les maisons anciennes de la rue Labistour (1942, le square de l’Arget (1942) la porte du bureau de bienfaisance (1926) ou encore la maison aux cariatides depuis le 17 septembre 2015.»

Le lancement de cette étude va permettre une véritable analyse de la zone et l’écriture d’un projet culturel (en relation avec l’Architecte des Bâtiments de France et les acteurs économiques, notamment du secteur tourisme).

«Nous avons mis en place une commission composée d’élus (8), de représentants des chambres consulaires, de la CAUE et des archives départementales. Cette commission va travailler sur un diagnostic du secteur concerné. Une fois le travail terminé une seule entité sera en mesure de délivrer les autorisations pour les réfections de toiture, le changement des huisseries…

On n’aura plus besoin de passer par l’ABF (qui a cependant toujours une voix consultative), mais c’est la mairie qui deviendra responsable
».

Un gros travail en amont s’impose notamment au niveau des règles que l’on doit imposer sur ce secteur ou comment le découper en tenant compte des zones historiques et paysagères, car l’environnement et le développement durable ont également une place prépondérante dans la réflexion.

Souvent le patrimoine est constitué de strates successives (morcèlement dû aux styles architecturaux, aux règles d’urbanisme), apportées avec le temps, que l’on doit analyser, disséquer pour comprendre l’histoire du centre historique dans sa globalité.

«L’élaboration de ce diagnostic est programmée sur trois ans, nous en sommes à l’appel d’offres (les plis seront ouverts début novembre) pour désigner un bureau d’étude composé de spécialistes, poursuit Pascale Canal.

Pour rester en cohérence avec le projet culturel, nous intégrons patrimoine et culture en direction des écoles. Ce quartier est en voie de paupérisation, il faut que les habitants se le réapproprient, y retrouve une identité commune qui sera un levier de cohésion sociale».

Parallèlement la commune s’est inscrite dans un projet POCTEFA. C’est un programme franco-espagnol, qui s’inscrit «dans les domaines d’expérimentations communes du réseau transfrontalier des villes créatives*.

Le budget total de cette opération pour trois ans (2016-2018) se monte à 41 600€, mais le coût pour la ville ne sera que de 78 000€ par an environ avec le réseau des villes.»

Amener l’art et la culture au plus près des habitants, décloisonner les genres, les lieux c’est un des défis que lance Pascale Canal qui souhaite impulser une dynamique et travailler sur l’identité culturelle de la cité.

«La mise en œuvre de projets culturels différents, qui amènent les arts dans l’espace public et les rendent accessibles à l’ensemble des habitants, et pas seulement au public habitué des salles de spectacle, pourrait permettre de redynamiser la politique culturelle fuxéenne», estime l’élue qui s’est rendu compte que les villes qui font partie de ce réseau, notamment de l’autre côté des Pyrénées, rencontrent les mêmes problématiques de désertification des centres-ville.

* Tournefeuille, Barakaldo, Irun, Saint-Just-Devern et la fondation Kréanta (Barcelone)

Laurence Cabrol | 08/10/2015 - 19:07 | Lu: 5523 fois