Point de vue d'une lectrice à propos de l'accouchement à domicile...
Je suis soignante et j’ai choisi d’accoucher à domicile. C’était il y a déjà 20 ans et plus, mais ce fut pour moi des expériences inoubliables.
Cela a été fait avec une «vraie» sage-femme diplômée qui m’a accompagnée pendant toute la grossesse avec toutes ses compétences et tout le suivi nécessaire, tous les examens préconisés à l’époque.
Il n’y a pas qu’à l’hôpital qu’il y a des «vraies» sages-femmes, et le grave fait divers qui s’est produit dans notre Couserans ne doit pas devenir le procès de tous les accouchements à la maison. Le choix d’accoucher à la maison peut tout à fait être une très bonne chose s’il est réalisé dans de bonnes conditions.
Et ce fut le cas pour de nombreuses mamans qui ont accouché avec la même sage-femme que moi.
J’ai aussi connu l’expérience de l’accouchement en milieu hospitalier, mais l’accouchement à la maison fut pour moi tout à fait différent.
La relation à la sage-femme est dans ce cas très privilégiée. La place des autres enfants aussi est très différente ainsi que la relation au conjoint. L’accouchement lui-même est fondamentalement différent, car il n’y a pas cette impression de médicalisation et de dépossession de son accouchement.
Au lieu de dire qu’accoucher à la maison est dangereux, que c’est une mode sans fondement, ne pourrait-on pas s’interroger sur le pourquoi de ce choix? Qu’est-ce qui fait que des parents recherchent cela? Ne refusent-ils pas certaines pratiques hospitalières peu respectueuses de leurs choix? Combien de parents de ne sont pas senti écoutés et sans réponse devant leurs questionnements.
Ces parents refusent aussi le stress inhérent bien souvent à la venue à l’hôpital, à la présence d’un trop grand nombre de personnes différentes. Ils refusent aussi le choix de la position d’accouchement imposée, le manque d’intimité, le manque de respect qui arrive aussi parfois devant certaines de leurs demandes.
Des phrases qui paraissent anodines mais qui font très mal aux futures mamans et qui peuvent provoquer de grandes angoisses.
Ils refusent aussi parfois la façon dont les soins sont pratiqués au bébé, ils souhaitent qu’il n’y ait pas de rupture dans le lien entre la mère et l’enfant. Lors de mes accouchements à la maison, les soins au nouveau-né ont été donnés sur le lit à côté de moi. A la maternité, ils sont souvent donnés dans une autre pièce…
L’accouchement est un moment très particulier de la vie et un moment très intime, très personnel. A l’hôpital, ce sont les soignants qui prennent quelque part possession de notre accouchement.
A la maison, j’ai davantage eu la sensation de vivre pleinement avec toute la responsabilité que cela implique, «mes» accouchements.
On sait aussi que l’état intérieur de la maman influe sur le bon déroulement de l’accouchement. Plus il y a de sources d’angoisses, de stress, plus il y a de risques de difficultés lors de l’accouchement. L’ambiance qui entoure la naissance est donc très importante.
Alors au lieu de diaboliser ce choix d’accoucher à la maison, ne vaudrait-il pas mieux chercher des solutions ensemble? Selon les avis de différents médecins, de 10% à 30% des accouchements posent problème.
C’est vrai que lors de l’accouchement, il y a toujours des risques, qu’ils se passent à la maison ou en milieu hospitalier. Le suivi pendant la grossesse est déjà très important car il permet de dépister un certains nombres de problèmes et de risques.
Et même si certains de ces risques sont imprévisibles, n’est-il pas plus intéressant de prendre en compte les souhaits de ces parents et de chercher ensemble les moyens pour que ces risques soient le plus minimes possibles? Car des moyens existent, sinon la Hollande serait montrée du doigt car, dans ce pays, la majorité des accouchements se passent à la maison.
Mais les hôpitaux et les intervenants à domicile travaillent ensemble et des moyens sont mis à disposition si besoin est.
A l’heure actuelle, c’est devenu très difficile de faire des accouchements à la maison puisqu’il n’y a plus d’assurances possibles en France pour les sages-femmes.
Cela n’ouvre t’il pas la porte à des dérives telles que des accouchements qui ne seront pas faits dans de bonnes conditions?
Ce n’est pas parce qu’on supprime cette offre de soins que la demande va disparaître.
La demande est là parce qu’il y a des raisons importantes qui la motivent et il me semble plus intéressant d’essayer de répondre à ces attentes en les écoutant plutôt que de jeter l’opprobre.
Par email, Christine Ningres, infirmière et cadre de santé retraitée, mère de 5 enfants.
Cela a été fait avec une «vraie» sage-femme diplômée qui m’a accompagnée pendant toute la grossesse avec toutes ses compétences et tout le suivi nécessaire, tous les examens préconisés à l’époque.
Il n’y a pas qu’à l’hôpital qu’il y a des «vraies» sages-femmes, et le grave fait divers qui s’est produit dans notre Couserans ne doit pas devenir le procès de tous les accouchements à la maison. Le choix d’accoucher à la maison peut tout à fait être une très bonne chose s’il est réalisé dans de bonnes conditions.
Et ce fut le cas pour de nombreuses mamans qui ont accouché avec la même sage-femme que moi.
J’ai aussi connu l’expérience de l’accouchement en milieu hospitalier, mais l’accouchement à la maison fut pour moi tout à fait différent.
La relation à la sage-femme est dans ce cas très privilégiée. La place des autres enfants aussi est très différente ainsi que la relation au conjoint. L’accouchement lui-même est fondamentalement différent, car il n’y a pas cette impression de médicalisation et de dépossession de son accouchement.
Au lieu de dire qu’accoucher à la maison est dangereux, que c’est une mode sans fondement, ne pourrait-on pas s’interroger sur le pourquoi de ce choix? Qu’est-ce qui fait que des parents recherchent cela? Ne refusent-ils pas certaines pratiques hospitalières peu respectueuses de leurs choix? Combien de parents de ne sont pas senti écoutés et sans réponse devant leurs questionnements.
Ces parents refusent aussi le stress inhérent bien souvent à la venue à l’hôpital, à la présence d’un trop grand nombre de personnes différentes. Ils refusent aussi le choix de la position d’accouchement imposée, le manque d’intimité, le manque de respect qui arrive aussi parfois devant certaines de leurs demandes.
Des phrases qui paraissent anodines mais qui font très mal aux futures mamans et qui peuvent provoquer de grandes angoisses.
Ils refusent aussi parfois la façon dont les soins sont pratiqués au bébé, ils souhaitent qu’il n’y ait pas de rupture dans le lien entre la mère et l’enfant. Lors de mes accouchements à la maison, les soins au nouveau-né ont été donnés sur le lit à côté de moi. A la maternité, ils sont souvent donnés dans une autre pièce…
L’accouchement est un moment très particulier de la vie et un moment très intime, très personnel. A l’hôpital, ce sont les soignants qui prennent quelque part possession de notre accouchement.
A la maison, j’ai davantage eu la sensation de vivre pleinement avec toute la responsabilité que cela implique, «mes» accouchements.
On sait aussi que l’état intérieur de la maman influe sur le bon déroulement de l’accouchement. Plus il y a de sources d’angoisses, de stress, plus il y a de risques de difficultés lors de l’accouchement. L’ambiance qui entoure la naissance est donc très importante.
Alors au lieu de diaboliser ce choix d’accoucher à la maison, ne vaudrait-il pas mieux chercher des solutions ensemble? Selon les avis de différents médecins, de 10% à 30% des accouchements posent problème.
C’est vrai que lors de l’accouchement, il y a toujours des risques, qu’ils se passent à la maison ou en milieu hospitalier. Le suivi pendant la grossesse est déjà très important car il permet de dépister un certains nombres de problèmes et de risques.
Et même si certains de ces risques sont imprévisibles, n’est-il pas plus intéressant de prendre en compte les souhaits de ces parents et de chercher ensemble les moyens pour que ces risques soient le plus minimes possibles? Car des moyens existent, sinon la Hollande serait montrée du doigt car, dans ce pays, la majorité des accouchements se passent à la maison.
Mais les hôpitaux et les intervenants à domicile travaillent ensemble et des moyens sont mis à disposition si besoin est.
A l’heure actuelle, c’est devenu très difficile de faire des accouchements à la maison puisqu’il n’y a plus d’assurances possibles en France pour les sages-femmes.
Cela n’ouvre t’il pas la porte à des dérives telles que des accouchements qui ne seront pas faits dans de bonnes conditions?
Ce n’est pas parce qu’on supprime cette offre de soins que la demande va disparaître.
La demande est là parce qu’il y a des raisons importantes qui la motivent et il me semble plus intéressant d’essayer de répondre à ces attentes en les écoutant plutôt que de jeter l’opprobre.
Par email, Christine Ningres, infirmière et cadre de santé retraitée, mère de 5 enfants.
ariège
courrier des lecteurs
22/09/2008 - 10:45 | Lu: 29594 fois
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