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Lettre ouverte de Claude Cambus aux banquiers

Mesdames, Messieurs les présidents des banques,
Mesdames, Messieurs les employés des banques,
Monsieur le Président de la Fédération Bancaire Française,

Nous avons absolument besoin des banques pour recevoir toutes les sommes qui nous sont obligatoirement versées par votre intermédiaire: salaires, pensions, prestations sociales, chèques de tiers, etc.

Vous recueillez ainsi des sommes considérables pour notre compte que vous transformez à notre demande partiellement en épargne et que vous recyclez dans l'économie.

Tout ceci vous le faites finalement bien; l'ingéniosité financière dépasse parfois notre capacité de compréhension mais des régulations sont mises en place pour éviter que l'excès d'ingénierie aboutisse à des catastrophes...

En revanche, dès que l'on sort de vos activités dématérialisées, dès que l'on aborde la circulation de la monnaie à destination de vos clients, ça ne va pas ou plutôt ça ne va plus.

Pour nous donner les billets avec lesquels nous allons effectuer des transactions quotidiennes vous avez remplacé les employés par des DAB. Si par malheur le DAB en question nous donne des coupures de 50 euros que nous ne pourrons pas utiliser pour acheter un journal ou pour payer un café, vos agences ne sont plus en mesure de nous faire de la monnaie surtout si nous n'avons pas de compte dans ce réseau.

Je gère une association dans un village situé à 8 km de mon agence bancaire. Pour changer un billet de 20 euros contre 4 billets de 5 euros pour un «fond de caisse», le matin, il faut revenir l'après midi! Et quand on demande pourquoi on obtient partout la même réponse polie: pour des raisons de sécurité nous n'avons plus d'argent à l'agence Monsieur...

Vous êtes le seul commerce qui ne dispose pas des produits qu'il distribue! Et en l'occurrence vous reportez sur les autres, les commerçants, le soin de nous faire cette monnaie.

Je me sens tout à fait fondé à dire que vous ne faîtes plus votre travail. Mais vous placez de l'assurance maintenant... en avions nous besoin? Pas certain...

Vous êtes vous demandé une seule fois si les autres professions faisaient pareil ce qu'il adviendrait? Imaginez un instant que les employés d'EDF ne veuillent plus dépanner l'hiver quand il y a des coupures dues à la neige, au motif qu'ils peuvent tomber d'un poteau et se blesser?

Imaginez que les forces de l'ordre qui paient en ce moment un lourd tribut à la lutte contra la délinquance refusent de patrouiller et de poursuivre les délinquants au motif qu'ils risquent d'être tués?

Vous trouveriez certainement cela intolérable, comme est intolérable le fait que vos établissements n'exercent plus la partie grand public de la distribution de la monnaie.

C'est pourquoi je me permets par cette lettre ouverte de vous demander de conduire une réflexion sur ce problème et qu'on revienne à ce qui était auparavant partie intégrante de votre métier: distribuer l'argent et faire de la monnaie.

Comment assurer la sécurité de vos salariés en continuant de faire votre travail.

J'espère être entendu. Recevez Mesdames Messieurs mes salutations attentives.

Par email, Claude Cambus
25/02/2013 - 19:10 | Lu: 14454 fois