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Lettre ouverte à l'attention de Monsieur l'Inspecteur d'Académie

Nous, Collectif de l’Ecole de Bélesta, souhaitons vous faire part de notre profond désarroi à l'annonce de la fermeture, pour la rentrée prochaine, d'une classe de l'école de Bélesta. Cette décision unilatérale, prise sans aucune concertation, est inadmissible.

En effet, il était prévu une rencontre le 5 Mars prochain en présence des élus, des enseignants et des parents, afin d'évoquer l'éventualité de la mise en place d'un Regroupement Pédagogique Intercommunal (RPI).

Nous soupçonnons que ce chantage à la fermeture d'une classe soit pour vous un moyen détourné pour forcer la main des Maires des trois communes concernées (Bélesta, Fougax, l'Aiguillon) afin qu'ils acceptent la création de ce RPI.

Comment voulez-vous que nous envisagions sereinement cette possibilité, alors que vous savez pertinemment que les conditions d'accueil des enfants dans les trois écoles concernées ne seront pas matériellement remplies pour la rentrée 2009?

Cette fermeture est d'autant moins justifiée que les effectifs comptabilisés à ce jour sont de 81 enfants assurés de faire leur rentrée; et ce, sans inclure les enfants de moins de 3 ans, lesquels sont susceptibles d'être accueillis et pris en compte dans le cadre d'une Zone de Revitalisation Rurale (ZRR).

Or, 81 élèves sur 8 niveaux, répartis dans 4 classes, correspond à une moyenne que nous savons légitime pour une zone rurale comme la nôtre. Notre Ariège, «Terre courage» disait le slogan, nous en sommes fiers. Nous tous, sommes attachés à cette Terre, comme nous sommes très attachés à la qualité de l'enseignement délivré dans les écoles rurales.

Or, notre école de Bélesta est animée par une équipe pédagogique impliquée et offre des conditions de travail idéales que votre décision de fermeture va inévitablement dégrader. La puissance du Service Public de l'Education Nationale n'est pas une charge, c'est au contraire une chance pour la Nation.

Vous-même dites que «personne n'est propriétaire des moyens d'enseignement, et qu'ils sont propriété de la Nation» Et nos enfants des zones rurales, que représentent-ils aux yeux de la Nation? Ne sont-ils pas eux-aussi notre avenir? Ne devons-nous pas mettre entre leurs mains tous les moyens possibles pour qu'ils construisent un futur meilleur?

Nous faisons appel à votre sens des responsabilités pour reconsidérer votre position. Nous sommes déterminés à défendre notre école et envisageons d'ores et déjà tous les moyens d'action pour faire valoir les droits de nos enfants.

Par email, Abel Hernandez
12/03/2009 - 19:25 | Lu: 33213 fois