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Pamiers rend hommage à Joseph Espalioux à l'espace d'Art des Carmes
10/10/2012 | 18:33
© MidiNews 2012

C’est le nouvel espace d’Art Contemporain qui vient d’ouvrir au cœur de la ville.

Reconnaissable avec sa façade à la «Yayoi Kusama», parsemée de pois multicolores, la première exposition cet été était dédiée au peintre appaméen Daniel Despothuis.

L’évènement de la rentrée culturelle aura lieu à partir de vendredi prochain avec une exposition qui rend hommage à Joseph Espalioux pour le 26e anniversaire de sa disparition.

Plus d’une quarantaine de tableaux appartenant à sa veuve dont la plupart n’ont jamais été exposés, nous livrent le talent de cet artiste autodidacte.

Des couleurs chaudes, des thèmes familiers comme les montagnes, les paysages encaissés, les souvenirs d’Espagne avec les andalouses ou la corrida, les chevaux venus de ses souvenirs d’enfance, son père était forgeron et maréchal-ferrant.

Qui de mieux pour parler de Joseph Espalioux qu’Alice, son épouse qui a suivi en toute discrétion l’ascension de l’artiste: «il a commencé dans les années 1957, nous n’avions pas les vacances en même temps, j’étais aide-soignante, lui contrôleur ultra-sons à l’usine métallurgique de Pamiers.

Pour occuper son temps libre, il s’est d’abord mis à faire des dessins à l’encre de Chine. Je n’aimais pas, je préférais la couleur, c’est ainsi qu’il est passé à la peinture et aux compositions colorées
»

Joseph Espalioux installe son atelier dans sa petite maison de la rue Mont-Louis près du canal dans le quartier Ste Hélène.

Très vite, son travail est remarqué, apprécié, et les expositions se succèdent, d’abord avec les Indépendants Ariégeois dans les années 1958 puis au Salon d’Art Moderne de Paris en 1962, au Salon d’Automne de Paris en 1963… puis il rentre dans les musées, à Castres, au musée Toulouse-Lautrec d’Albi, Gaillac, Frontignan, Brives, et à l’étranger: Londres, Sao Paulo, Bruxelles, Tokyo, Lisbonne, Madrid.

La peinture d’Espalioux connaît plusieurs périodes, on le constate au fil des salles de la galerie des Carmes où Daniel Despothius et José Riquelme procèdent actuellement à l’accrochage de cette exposition inédite: «il a connu plusieurs influences sans pour autant en suivre aucune car Espalioux est un rebelle qui recherche la liberté à travers son art»

Certes on reconnaît quelques influences: l’impressionnisme d’abord puis l’expressionnisme, l’abstraction vers 1972 pour revenir au figuratif parfois souligné, parfois suggéré, il ponctue un univers réinventé.

Le début des années 80 est marqué par une nouvelle facture, beaucoup plus dépouillée avec l’utilisation d’une matière lisse et transparente qui remplace une substance brute, dense, proche du travail d’Eugène Leroy.

Il baptise ce nouveau procédé dont il garde farouchement le secret «l’Espaligraphie»

Ses tableaux cessent alors d’être des «objets» pour devenir l’expression d’un «comportement»

Il cherche à exprimer ses sentiments plutôt qu’à les illustrer; la peinture est alors une technique, un moyen d’exprimer ses pulsions les plus profondes.

Selon Daniel Despothius qui a eu la chance de bien le connaître, «l’œuvre de Joseph Espalioux est multi-face, homogène, prophétique en quelque sorte mais toujours inclassable, libre… et qui sait où ses recherches l’auraient mené si le destin en 1986 n’en avait décidé autrement»

Aujourd’hui, Alice a quitté la petite maison de la rue Mont-Louis et vit désormais dans un appartement modeste entouré des toiles de son époux: «je vis dans son univers»

Bien qu’elle veuille rester dans l’anonymat, Mme Espalioux a contribué à la réussite de cette exposition: «je suis très heureuse qu’on pense à Joseph et qu’on lui rende hommage à travers cette exposition»

Un artiste et son œuvre à découvrir ou redécouvrir du 12 octobre au 10 novembre 2012.

Joseph Espalioux (1921-1986)
Hommage collection Alice Espalioux
Exposition à l’espace d’Art Contemporain les Carmes
19, rue des Carmes 09100 Pamiers
Ouvert du mardi au vendredi de 15h à 19h et le samedi de 10h à 12h et de 15h à 19h

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 10/10/2012 | 18:33 | Lu: 3911 fois