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Trois salariées de Pôle emploi agressées, l'auteur des faits jugé au tribunal correctionnel de Foix
18/01/2012 | 20:23
© MidiNews (archives)

«Incivilités croissantes, manque de moyens (un agent pour soixante demandeurs d'emploi, parfois un pour 665 ...), toute la journée, face à des gens en détresse on vit dans la crainte de l'explosion et du débordement»

Me Frédéric Baby, avocat des 3 salariées de Pôle Emploi rapporte la parole de ces femmes agressées le 11 octobre dans les locaux de Pôle Emploi de Saint-Girons.

«Ces violences contre les agents sont un véritable fléau, de plus elles s'aggravent» souligne à son tour, Me Lassereau au nom de Pôle Emploi qui se porte partie civile et demande 3206€ de préjudice matériel, assortis d'un préjudice moral d'1€ à titre symbolique.

S.R est convoqué pour violence, menace de mort et dégradation ou détérioration de biens publics.

Le 11 octobre 2011 à 14h16, l'homme se rend à Pôle Emploi.

Voici peu, il a perdu son emploi de boucher et ne s'en remet pas.

S.R est «limité»

Suivi par un curateur, l'homme est fragile nerveusement.

Ce 11 octobre, excédé de ne pouvoir joindre sa conseillère, il se rend dans les locaux de son agence.

Là, il agresse le personnel d'accueil, gifle une conseillère, menace de mort une 3ème après l'avoir jetée à terre, sortant alors un couteau de sa poche.

Puis, il se met à pleurer avant de céder à un nouvel accès de colère... clavier, écran d'ordinateur ou urne voleront en éclat sous la violence de ses gestes.

En état d'ébriété, S.R ne se maitrise plus.

«Très excité, il va les menacer et exercer des violences à leur encontre avant que les gendarmes n'arrivent»

Il remettait son couteau à ces derniers et d'office était interné.

L'homme prend un traitement médical avec lequel l'alcool ne fait pas «bon ménage»

Psychologiquement fragile, il souhaitait se confier à sa conseillère. Elle n'était pas là et il craque, s'emporte.

Mardi 17 janvier, S.R comparaissait à la barre du tribunal correctionnel de Foix.

«Mon patron me manque, j'ai perdu mon papa... j'avais 15 ans»

A la barre S.R pleure, a du mal à contenir son émotion.

«Quand il n'y a personne, il s'affole et perd tout contrôle» souligne son avocate qui rajoute: «son psychisme, ses souffrances font qu'il a besoin d'avoir quelqu'un près de lui.

Il n'est pas allé à Pôle Emploi pour casser, mais pour se confier.

Titulaire de l'allocation d'adulte handicapé, il a besoin de travailler.

Que fait-on avec des personnes comme lui?

J'espère que vous aurez entendu la souffrance de mon client et que vous ramènerez à de justes proportions les dommages et intérêts réclamés
»

Au ministère public, Marilyne Blanc revenait sur les incidents «quelque chose d'habituel aujourd'hui, de banal.

Les fonctionnaires de service public ne sont pas armés pour répondre à ce genre de situation»

«C'est la dernière fois, Monsieur, que l'on veut vous voir dans ce tribunal, la violence ça suffit
»

Le procureur requérait 6 mois d'emprisonnement avec sursis et mise à l'épreuve avec obligation de soins.

Interdiction de voir les 3 victimes, de se rendre à Pôle Emploi et de détenir une arme pendant 24 mois.

S.R a été condamné à indemniser les 3 victimes, à verser 1€ pour préjudice moral à Pôle Emploi, interdiction lui étant faite de se rendre dans leurs locaux et à une peine de travail d'intérêt général de 200 heures sur une période de 18 mois.

Travail d'intérêt général qu'il s'empressait d'accepter, lui qui pleure encore la perte de son emploi de boucher chez «son ami»

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auteur: NR | publié le: 18/01/2012 | 20:23 | Lu: 8956 fois