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Violences conjugales avec arme: l'homme écope de 5 mois avec sursis
23/01/2012 | 19:31
Crédit photo: A. Butler

Placé sous contrôle judiciaire, un homme de 31 ans a été présenté au tribunal pour des violences avec arme, violences commises à l’encontre de sa concubine, deux circonstances aggravantes.

Selon les éléments de l'enquête, un violent différend a éclaté dans le couple; et ce, dans un contexte de vie commune chaotique, de séparations et reprises, suivis de plusieurs déménagements.

Le 5 septembre au soir, la scène de ménage a dégénéré.

«Il plaquera sa compagne contre un mur, lui mettant un couteau sous la gorge, et lui disant qu'il préférerait la tuer que lui laisser la garde de leur fils» indique la Présidente du tribunal aux citoyens assesseurs.

Isabelle de Combettes de Caumon rajoute: «il l'a suivie aux urgences pour sa blessure au doigt»

Propos relayés par le Ministère public: «des faits particulièrement graves, assortis de circonstances aggravantes. Il a usé d'une arme contre sa compagne [...] 5 ans de vie commune, 5 ans de disputes.

Ce 5 septembre, Mr a dépassé les bornes. L'un veut jouer à la belote, l'autre au poker. Le doigt tranché verra la panique du couple, il ne la laisse pas partir seule à l'hôpital, sans doute par crainte qu'elle le dénonce. Je ne suis pas convaincue qu'il ait pris conscience de ses actes !
»

Le substitut du procureur requiert 6 mois d'emprisonnement avec sursis, assortis d'une mise à l'épreuve de 2 ans et obligation de soins.

A la barre, la voix cassée par l'émotion, MV parle «d'amour passionnel, je n'ai vécu qu'à travers elle. J'ai paniqué, j'ai tout donné à ma famille, mes enfants.

Savoir qu'elle voulait se débarrasser de moi [...] j'ai toujours pardonné sa méchanceté, je me suis sacrifié pour eux
»

La partie civile dénonce: «il essaye de se justifier par des raisons de maladie. Ma cliente explique qu'il était hystérique, des divergences existent quant à savoir qui a enlevé le couteau»

L'avocate demande de «faire application de la loi et 4000€ de dommages et intérêts»

Les anciens concubins sont séparés depuis cette dernière dispute. Le juge aux affaires familiales a accordé l'autorité parentale conjointe. MV pourra recevoir son fils âgé de deux ans un week-end sur deux.

Depuis les faits, il consulte un psychologue qui a diagnostiqué «une dépendance, une relation destructrice autant pour l'un que pour l'autre» plaide Me Guitard l'avocate du prévenu.

Elle rajoute: «il regrette profondément son geste, il vivait au travers de sa compagne, il ne pouvait s'en détacher. Sa priorité c'est de construire sa réinsertion professionnelle; chimiste de formation, il a le sens des responsabilité, c'est lui qui prenait en charge cette famille et le fils de sa compagne qu'il a élevé.

A la menace de ne plus voir son fils, une chose impensable pour lui, il a pris peur
»

L'avocate poursuivra: «la peine me paraît un peu élevée et le dommage réclamé démesuré. Il faut ramener les éléments a de plus justes proportions pour un apaisement durable»

Avant que le tribunal ne se retire pour délibérer, MV prenait une dernière fois la parole: «je regrette profondément, j'ai perdu ma famille, je ne vis plus avec mon fils»

MV a été déclaré coupable, condamné à 5 mois assortis d'un sursis, et d'une mise à l'épreuve de 24 mois, avec obligation de soins, de travailler et d'indemniser la victime (1500€).

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auteur: NR | publié le: 23/01/2012 | 19:31 | Lu: 12890 fois