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Gaz lacrymogène ou «lame de trente centimètres» ne font pas bon ménage avec le Tribunal correctionnel de Foix
02/02/2012 | 19:09
© MidiNews 2012

C'est une première affaire de violence aggravée qu'avaient à examiner les citoyens assesseurs mardi après-midi au tribunal correctionnel de Foix.

Trois individus, le visage cagoulé ou dissimulé (les témoignages divergent,) frappent un soir de novembre à la porte d'un couple habitant Saverdun.

Il est 22h45 lorsque les 3 hommes font irruption dans l'appartement; l'un d'entre eux, un jeune mineur instigateur de la «sortie» fouille les tiroirs de la cuisine à la recherche d'argent, pendant ce temps, GK se bat avec le propriétaire des lieux, alors que sa femme était aspergée de gaz lacrymogène par AC.

Les trois individus prennent la fuite, pourchassés par le propriétaire (poursuivi lui aussi pour des faits similaires).

Ce dernier arrêtera GK qui dans sa fuite est tombé. Prévenus par l'épouse, les forces de l'ordre interpelleront GK qui était aussitôt hospitalisé en psychiatrie.

Un peu plus tôt dans la soirée les deux hommes passent un moment en compagnie de S, mineur vivant avec une jeune femme enceinte.

D'après les diverses audiences, ce jeune garçon serait l'instigateur de la sortie punitive.

En effet, il voulait récupérer 30€ que lui devait «un ami» pour de l'herbe qu'il n'aurait pas eu.

«On avait fumé, on faisait une soirée» déclare GK à la barre.

Ce dernier né en 1985, travaille dans un CAT; ses médecins le décrivent comme «quelqu'un de vulnérable et d'influençable»

AC quant à lui «est en arrêt maladie; bipolaire, il est suivi toutes les semaines» souligne leur avocat Me Dedieu.

«Comme un grand frère (AC est né en 1965) j'ai tenté de les empêcher d'y aller [...] Je suis un imbécile, j'ai suivi; j'avais peur que ça tourne mal et c'est parti en bagarre»

AC déclarait s'être servi de sa bombe lacrymogène «car j'ai entendu un bruit de vaisselle et S avait le blouson déchiré»

«On a l'impression d'être dans une série noire avec des pieds nickelés qui ont suivi un mineur contre lequel je vais bientôt requérir. Des faits induits par leur fragilité psychologique» pour Claude Cozar, vice-procureur qui requerra 2 mois avec sursis, peine suivie par le tribunal citoyen.

La seconde affaire voyait s'avancer deux hommes aux cheveux gris poursuivis pour violence.

Des hommes plus âgés, que l'on ne s'attendrait pas à trouver en ces lieux.

C'est à Baggert, un soir du 18 novembre qu'ils décident de lancer une expédition punitive pour récupérer le montant de loyers impayés selon eux.

Pour recouvrer cette «créance de 1500€», cet homme de 58 ans assène deux coups de tête et blesse son ancien locataire à la gorge, tandis que son compère maintient la victime.

FH menace de plus sa victime «de lui crever les yeux et de mort s'il prévient les gendarmes»

Ce dernier aura le nez fracturé et une entaille de 2 cm sur la gorge.

A la barre FH affirme: «je suis en difficultés financières, je venais lui réclamer mon dû. Un arrangement existait entre nous, de plus je lui ai prêté de l'argent»

Ce que dément le «locataire» expliquant à la cour qu'il était hébergé en échange de travaux sur des chantiers.

«Nous ne sommes pas devant un tribunal civil» rappelle la présidente du tribunal qui présente ensuite à la cour la personnalité des deux prévenus.

Au RSA, FH a déjà fait l'objet de condamnations; l'homme est sous traitement pour lutter contre son addiction à l'alcool.

Son compère né en 1947 est à la retraite et n'était jusqu'alors pas connu des services de police.

A la défense, Me Baby assure: «à chaque instant ils ont essayé de faire en sorte que ça ne dérape pas; ils ont conscience que leurs actes sont graves»

L'avocat parle de «paupérisation de la population, d'une société où les violences se banalisent au niveau des recouvrements de créance

Il rajoute: «le meilleur moyen de protéger la société est de prodiguer des soins à FH»

Claude Cozar, vice-procureur, insiste sur la gravité des faits et constate qu'«il y a de drôles de techniques de recouvrement de dettes en Ariège. On était à deux doigts des assisses.

Vous ne pouvez prouver la véracité de cette dette [...] si vous aviez loué en bonne et due forme vous pourriez fournir des preuves
»

L'auteur du coup de couteau a été condamné à une peine de douze mois de prison, dont huit avec sursis et mise à l'épreuve - obligation de soins, obligation d'indemniser la victime (1500€), interdiction de porter une arme et interdiction d'entrer dans un débit de boissons.

Son complice, quant à lui a été condamné à six mois de prison avec sursis.

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auteur: NR | publié le: 02/02/2012 | 19:09 | Lu: 8078 fois