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«Au rugby, il ne faut pas confondre contact et violence volontaire» pour la partie civile
21/02/2012 | 19:52
© MidiNews (archives)

Vendredi au tribunal correctionnel, c'est un jeune homme un peu «frustré» qui raconte à la cour une bagarre à laquelle il s'est trouvé mêlé, voici un peu plus d'un an.

Le 3 octobre 2010, Saint-Girons reçoit Revel. A la 70ème minute, une bagarre éclate sur le terrain, suite à placage un peu rude...

«Je suis venu prêter main forte pour défendre un collègue et j'ai donné un coup de poing au N°10»

Ce dernier qui essayait de séparer les pugilistes se retrouve au sol.

«Ensuite je lui ai frotté la tête avec mes crampons» explique J.D, rugbyman à Revel, mimant la scène.

«Vous lui avez donné un coup de pied alors qu'il était à terre, ça peut vraiment faire mal» corrige la présidente du tribunal qui rajoute: «ce geste a eu des conséquences, notamment une ITT de 10 jours»

Seulement voilà, selon plusieurs témoins le rugbyman aurait pris de l'élan avant de frapper son adversaire à la tête.

Le prévenu raille: «si j'avais pris de l'élan sa tête sautait dans les tribunes»

Agé de 23 ans, le jeune homme n'a pas pris conscience de son acte et aurait déclaré lors de son audition: «au rugby, on ne porte pas plainte, sinon on change de sport»

Pour son geste, il avait écopé d'un carton jaune et n'avait pas joué deux rencontres.

Victime de cette brutalité, le joueur de Saint-Girons s'avance à la barre: «des bagarres il peut y en avoir au cours d'un match; ce que je n'accepte pas, c'est le geste au sol.

J'ai vu arriver le joueur de Revel et heureusement, j'ai eu le réflexe de me protéger la tête
»

Son avocat «entend bien que le rugby soit un sport d'hommes, j'admets l'engagement viril, mais tout n'est pas permis.

Ici, nous avons affaire à de l'excès [...] alors qu'une personne est dans l'incapacité de se défendre on cherche à faire le plus de mal possible.

Il faudrait que J.D comprenne que ce sport doit respecter des règles
»

Le légiste a confirmé l'ecchymose au niveau de l'oreille, la perforation du tympan.


La victime souffre un an après d'acouphènes. Son avocat demandera à titre principal une mesure d'expertise médicale, 900€ à titre de prévision pour préjudice corporel et 600€ pour les frais.

A la défense on souligne «qu'il ne s'agit pas de diluer la responsabilité de mon client.

Il y a eu une bagarre générale provoquée par l'équipe adverse, il n'est pas à l'origine de celle-ci; vous devez bien admettre qu'il y a eu une responsabilité collective
»

«Je n'admets pas que J.D puisse s'ériger en garant de l'esprit du rugby afin d'amoindrir sa responsabilité.

Je n'admets pas que l'on tire vers le bas ce sport
» s'indigne Olivier Caracotch pour le Ministère public.

«Ce qui est reproché ici, ce n'est pas un excès d'engagement, mais un délit, un acte de violence volontaire, alors que ce monsieur a déjà été poursuivi pour des faits de même nature.

Je demande à son encontre trois mois de prison avec sursis et la privation des matches officiels de rugby pendant deux ans»

Le procureur rajoute à l'intention du prévenu: «vous pourrez aller jouer avec vos amis sur des terrains de labour mais non sur les stades»

La partie civile obtenait 1.500€ en préalable à une expertise médicale, plus 500€ de frais de justice.

Le rugbyman est également condamné à deux mois de prison avec sursis et à l'interdiction de sport fédéral pendant deux ans.

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auteur: NR | publié le: 21/02/2012 | 19:52 | Lu: 8177 fois