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A la barre du tribunal de Foix: une femme poursuivie pour deux dossiers de violences
22/02/2012 | 19:50
© MidiNews (archives)

Il n'est pas si courant que ça dans nos contrées, de voir une femme poursuivie pour violences suivies d'incapacité, surtout lorsque cette personne se présente à la barre du tribunal pour deux affaires différentes...

Ainsi que le soulignait Olivier Caracotch, procureur de Foix: «je ne me suis pas opposé à la jonction constituée par ces deux séries, compte tenu de leur chronologie»

Dans les faits, Juliette est poursuivie pour «violence suivie d'incapacité et violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité»

La première affaire voit la prévenue née en 1963 à Toulouse, agresser un homme âgé d'une soixantaine d'années, au petit matin du 1er de l'an.

Après le réveillon, la victime se rend avec des amis dans un café de Saint-Girons.

Sans qu'il ne comprenne pourquoi cet homme est «poussé violement, elle m'a jeté à terre et m'a donné des coups de pied en m'insultant de saloperie et de fils de pute...»

L'homme sera hospitalisé pour une fracture des os du nez, et plusieurs blessures sur le corps, dont aux côtes, et bénéficiera d'une ITT de 15 jours.

Depuis, il souffre d'une dépression post-traumatique.

Dans le box, Juliette secoue la tête comme pour nier certains faits et pleure en silence.

Juliette a reconnu la bagarre et avoue avoir beaucoup bu (du whisky) cette nuit là.

Elle ne connait pas cette personne, «si ce n'est que sa fille a fréquenté le fils de ce dernier»

Pour sa défense, Juliette parle d'une altercation qui aurait éclaté quelques heures plus tôt contre une jeune fille et à laquelle ce monsieur aurait pris part

«Je me suis mise à l'alcool après une relation assez complexe» avoue-t-elle à la barre.

La seconde affaire concerne l'ex compagnon de la prévenue.

Agé de 21 ans, le jeune homme a souhaité interrompre cette relation voici environ trois semaines.

Les anciens amants se rencontrent le 12 janvier, dans un établissement Pain et friandise, faisant aussi office de café à Saint Girons.

«Dés qu'elle m'a vu, elle a commencé à m'insulter.

Quand je suis sorti, elle m'a suivi en continuant ses insultes.

Elle avait à la main un appareil que j'ai reconnu pour être un taser.

Le bras le long du corps elle m'a crié: viens c'est du 8000 volts
»

Juliette reconnait l'échange d'insulte et parle d'une matraque en place du taser.

«Vous ne prenez pas les deux à la fois?» lui demande Sylvie Balanca-Buge, présidente du tribunal qui rajoute: «pourquoi aviez-vous ça dans votre sac à main?»

«Pour me défendre car, un mois avant, j'avais été agressée par un gitan»

Dans son réquisitoire Olivier Caracotch avoue «le 1er sentiment que cela donne c'est qu'elle n'était pas dans son état normal, peut-être du fait de l'alcool!

Monsieur L n'a toujours pas compris ce qu'il lui était arrivé...

Au regard d'un comportement très surprenant, quelqu'un qui n'a pas d'antécédent judiciaire, je requiers 6 mois avec sursis et la confiscation des scellés (matraque et taser)
»

L'avocate des parties civiles demande 1€ symbolique pour le jeune homme et souligne que la prévenue «a un problème avec la violence.

Qu'elle ai bu ou pas bu, quand elle le souhaite elle peut devenir violente et rejette ensuite la responsabilité chez les autres.

Elle ne cesse de menacer son ancien compagnon, il faudrait qu'elle arrête et cesse de colporter des choses
»

En ce qui concerne la 1er victime, l'avocate déclare «15 jours d'ITT au sens pénal du terme ce n'est pas banal.

Elle s'en est pris à son visage à coups de pied
»

Commence alors un long plaidoyer pour la défense «elle reconnait les faits, sauf un partage des responsabilités au niveau de la première affaire.

On a parlé sans cesse dans ce dossier de témoins - on aurait pu entendre ces témoins, vérifier ce qu'elle dit ; même si elle avait bu beaucoup d'alcool, on ne bâcle pas un dossier vu qu'on demande la prison
»

«Une procédure bâclée» selon l'avocate qui estime «que la procédure n'a pas été faite dans les règles»


En ce qui concerne la seconde affaire, l'avocate ironise «il est gentil ce monsieur, il n'a jamais rien fait, jamais rien dit!

N'exagérons pas, ce n'est pas un saint lui non plus, elle était dans cet établissement avant lui, il l'a provoqué
»

L'avocate parle «d'une femme vulnérable après une séparation difficile.

Cette relation lui a occasionné des ennuis: une femme plus âgée qui sort avec un petit jeune n'est jamais bien vue.

Intégrée dans la société, elle élève seule ses cinq enfants
»

Concernant ce dossier, l'avocate demandera la requalification en contravention.

Demande rejetée sur le fond par la présidente du tribunal qui requalifie néanmoins les faits du 2ème dossier en contravention de menace et condamne Juliette a 4 mois avec sursis et une amende de 150€.

Une expertise médicale sera confiée à un médecin pour la première affaire.

Juliette «étant invitée à modérer son comportement»

actualites Ariege
auteur: NR | publié le: 22/02/2012 | 19:50 | Lu: 8921 fois