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Tribunal correctionnel: interdit de séjour en Ariège, interdit de séjour à Luzenac
13/03/2012 | 19:16
© MidiNews 2012

Des coutumiers de la comparution immédiate, des multirécidivistes au casier judiciaire long comme le bras, tous trois en détention provisoire à la maison d'arrêt de Foix et escortés par les forces de l'ordre, ont fait leur entrée à tour de rôle au tribunal correctionnel de Foix.

La 1ère affaire concerne NR jardinier de son état, la petite cinquantaine, au look «rasta» portant dreadlocks en chignon, petite barbe rase qui s'avance dans le box des détenus.

L'homme a l'air plutôt sympa, mais il est une fois de plus poursuivi pour violences sur concubine en état de récidive.

Cette dernière n'a pas souhaité porter plainte, mais a prévenu la police.

NR est en liberté conditionnelle depuis le 10 juillet, lorsqu'au soir du 5 mars «après avoir consommé beaucoup d'alcool» il donne «quelques gifles sur la figure et derrière la tête» de sa compagne. Il nie l'avoir menacée avec un cendrier.

Depuis 1994, NR fréquente assidument les tribunaux; sa première affaire concernant un viol l'avait conduit 9 ans derrière les barreaux.

Se sont enchaînées des détentions pour usage de stupéfiants, contrebande de marchandises prohibées, faits de violence...

«Avec un casier judiciaire comme le sien, je demande la peine plancher, soit deux ans» a déclaré au ministère public Claude Cozar qui a rajouté: «je tiens à rappeler que tous les jours une femme meurt sous les coups de son conjoint»

L'avocate du prévenu, Me Trespeuch,  parle d'«un passé familial difficile, de carences affectives, du mal qu'il a à contrôler ses pulsions»

Au final, RN a écopé d'un an de prison, dont six mois avec sursis et mise à l'épreuve de 24 mois, une obligation de soins et une interdiction de mettre les pieds en Ariège.

«Si on vous revoit, c'est directement la prison» conclut la présidente du tribunal, Isabelle de Combettes de Caumon.

Le prévenu suivant est bien plus jeune. Bientôt 24 ans et déjà un lourd passé: vol, usage et détention de stupéfiants...


Aujourd'hui, il est poursuivi pour: «abus de confiance, conduite en état d'ivresse, défaut de permis, défaut de maîtrise du véhicule, refus de se soumettre aux vérifications alcooliques, séjour irrégulier et usurpation d'identité»... ouf!

Dans les faits, NM a «emprunté» une voiture à une amie de Marseille. Avec ce «prêt» il s'est rendu en compagnie de trois copains en Ariège où avec un ami de Pamiers ils sont allés en boîte de nuit à Foix.

Le quatuor quitta la discothèque de Foix aux alentours de 6h du matin et leur véhicule a percuté le portail d'une maison, accident qui voyait la voiture réduite à l'état d'épave...

Manifestement ivres, ils s'enfuirent à pied, pourchassés par le propriétaire de la maison.

Prévenus aussitôt, les policiers ont interpellé les quatre hommes qui étaient conduits au poste de police.

Là, le conducteur du véhicule a donné une fausse identité, mais il fut dénoncé par ses copains, et sa véritable identité était confirmée par l'identité judiciaire.

M.N. qui n'a pas de permis avouait qu'il conduisait la voiture dans un premier temps, avant de se rétracter.

Devant les juges, il nie encore. Pour le procureur, aucun doute: «c'est lui le conducteur» et il requiert la peine plancher d'un an de prison, rajoutant «je ne vais pas tirer sur l'ambulance pour les indemnités» (7.500 € pour usurpation d'identité, 200 € d'amendes).

L'avocat de MN évoque «des incohérences dans l'enquête, des déclarations floues ou des contradictions au niveau des faits»

Rien n'y fait, le jeune homme est condamné à 10 mois de prison et 200 € d'amende. Il a été reconduit en prison.

La troisième affaire concerne un jeune homme né en 1985 aux Cabanes. Ce dernier avait été condamné à 2 ans de prison pour violences.

LL a été libéré le 25 février 2012; dans la nuit du 3 au 4 mars il est à nouveau interpellé et placé en détention pour violences ayant entraîné une ITT de 10 jours.

Dans son cas aussi, le casier judiciaire est «béton»: agression sexuelle, usage de stupéfiants, violences en réunion, violences aggravées, vol, outrage...

Pour sa défense, LL évoque la perte de son père ou ses trois familles d'accueil.

Quand la présidente du tribunal lui demande ce qu'il allait faire à 23h30 chez l'homme par qui il a déjà été condamné précédemment, le prévenu répond: «je voulais juste lui parler de ma grand-mère, de l'état de sa maison, je comprends qu'il ait eu peur»

En fait, une bagarre a éclaté et les deux hommes en sont venus aux mains.

Son avocate Me Obis essaie de replacer les choses dans leur contexte: «s'il avait voulu en découdre, il ne se serait pas rendu avec sa compagne chez ce Mr qui n'a pas fait en sorte d'apaiser les choses; ce Mr est sorti armé (un pistolet d'alarme ndlr)»

Le procureur quant à lui, précise: «si ce Mr n'avait pas acheté cette arme défensive, il serait reparti à l'hôpital. A Luzenac tout le monde se plaint de vous»

Claude Cozart demande le maintien en détention, l'interdiction du territoire autour de Luzenac et 5 ans, dont une peine plancher de deux ans, «si le tribunal requalifie l'ITT à 8 jours» (la victime ayant été vue par un médecin traitant et non un légiste pour ses blessures à la tête).

L'avocate souligne «la fragilité psychologique poignante qui s'explique par la détention et le passif familial»

Les 10 jours d'ITT sont pointés du doigt et «la requalification s'impose à mon sens; quant à vouloir l'exiler de l'Ariège, cela me paraît excessif» conclut-elle.

L'avocate n'a pas été entendue. Son client a été renvoyé en prison pour un an, les juges ayant requalifié l'ITT à 8 jours et une interdiction de séjour à Luzenac durant trois ans a été prononcée contre LL.

A la lecture de la sentence, le prévenu a dû être sorti de force de son box par les policiers alors qu'il vitupérait et criait: «je sors de prison et vous m'y renvoyez»

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auteur: NR | publié le: 13/03/2012 | 19:16 | Lu: 9499 fois