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Tribunal de Foix: quand séparation rime avec «pépins» judiciaires
03/04/2012 | 19:53
© MidiNews 2012

C'est l'histoire d'un «mec» qui vivait en concubinage depuis de nombreuses années, travaillait avec et pour sa compagne et qui se retrouve à la barre du tribunal correctionnel pour de nombreux délits:

«Violence sans incapacité, menace de mort ou d'atteinte aux biens dangereuse pour les personnes, menace réitérée de dégradation ou détérioration dangereuse pour les personnes, appels téléphoniques malveillants réitérés»... ouf, n'en jetons plus!

Les faits ont été commis entre le 14 juin et le 24 juillet 2011 à Aulus les Bains.

MJ vivait donc en concubinage, lorsqu'un jour il trouva un mot de sa compagne lui annonçant qu'elle le quittait.

Depuis juin 2010 le couple faisait chambre à part... «il y a de l'eau dans le gaz» et quand elle est partie en vacances, la dame a contacté les gendarmes disant que «la rupture va mal se passer, il possède des armes, il méprise les femmes et il est lunatique»

A la découverte de cette lettre, MJ se rendit d'abord chez sa belle-fille et lui déclara avoir déposé des bouteilles de gaz sous le magasin géré par sa compagne «il veut faire exploser la baraque»

Ensuite, il est retourné chez lui et s'est barricadé. Un périmètre de sécurité était mis en place par les forces de l'ordre qui parvenaient à interpeller l'homme. MJ était ensuite conduit en hôpital psychiatrique.

A la barre du tribunal, l'homme explique: «elle m'a exploité. Elle faisait tout ce qu'elle voulait; j'ai travaillé de nombreuses années pour elle dans son magasin et elle ne m'a jamais payé.

Je l'aimais, mais ce n'était pas réciproque [...] elle s'est servie de moi
»

Quand la présidente du tribunal lui demande des explications sur la première menace, MJ rétorque: «je voulais comprendre. Je suis allée la rejoindre avec une fleur»

L'expert psychiatre parle d'un «trouble psychique ayant altéré son discernement»

Toujours suivi psychologiquement, MJ a retrouvé un emploi de boulanger en CDI.

Le procureur se lève quand la présidente du tribunal annonce son réquisitoire.

Claude Cozard déclare: «je m'en rapporte à votre décision, Madame la présidente»

C'est au tour de Me Maissonnier-Cazottes de s'avancer.


Celui-ci commence fort: «à l'évidence on a ratissé large avec une certaine animosité il me semble. A une sottise on répond par une autre. Il n'y a rien dans le dossier pour prouver qu'il a exercé une violence, même verbale.

Quant aux appels malveillants, le malveillant que vous voyez apporte une orchidée lorsqu'il souhaite avoir une explication
»

Se tournant vers son client qui, épaules voutées, l'écoute avec attention, «personnellement je préfère les géraniums»

Avec grandiloquence et non sans humour, l'avocat poursuit sa plaidoirie: «je pense qu'on s'est ligué contre vous; c'est une petite contrée, il y a des copinages qui se nouent»

Une histoire d'amour bafoué est ensuite décrite par Me Maissonnier-Cazottes, «un amour déçu, blessé. Ce jour là, il n'allait pas bien, il était complètement à l'ouest. On ne dit pas je vais vous faire exploser la baraque»

Son client acquiesce et hoche la tête.

«Mon client va bien, il a retrouvé un emploi. Je vous demande d'accompagner cette renaissance, c'est la grande indulgence que celui-ci mérite»

Verdict: relaxe concernant les faits de violence.

Pour les appels malveillants et les faits de détérioration, MJ a été déclaré coupable: il écope de 2 mois de prison avec sursis.

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auteur: NR | publié le: 03/04/2012 | 19:53 | Lu: 13130 fois