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Tribunal correctionnel de Foix: retour sur un dramatique accident survenu à Lavelanet
04/04/2012 | 20:13
© MidiNews 2012

Le 16 novembre 2011 à 15h50, une sexagénaire au volant d'une Peugeot 306 a percuté Henri Aribaud, 81 ans, rue Sébilé, à Lavelanet.

Malgré les efforts des secours, l'homme bien connu et apprécié de ses concitoyens n'a pas survécu à ses blessures.

Ce mardi 3 avril, MG a comparu au tribunal correctionnel de Foix pour «homicide involontaire»

C'est une petite femme voutée qui s'avance à la barre du tribunal.

Née en 1944 en Espagne, MG est bouleversée: «je voudrais m'adresser à la famille.

C'est affreux, je partage la peine que je leur ai fait»

Pour la famille du défunt, «il s'agit de ne pas accabler cette personne, mais bien de lever les zones d'ombre qui entourent la mort de leur proche»

«Il s'agit d'obtenir une parole de vérité» selon l'avocat de la partie civile.

A l'aide de plans, photos et cartes du centre-ville, juges assesseurs, avocats et prévenue sont revenus sur les circonstances de l'accident.

«J'arrivais, ça faisait deux fois que je faisais atchoum.

J'ai vu un monsieur, j'ai eu le temps de tourner le volant mais la voiture a tamponné le trottoir et...
»

La présidente du tribunal ne s'est pas étendue sur la personnalité de la prévenue, personne d'âge mûr, «bien intégrée et n'ayant jamais fait l'objet de contrôle ou procédure»

MG tremble quand Me Julien George, avocat des parties civiles revient sur l'accident et évoque le témoignage des témoins entendus lors des premières constatations ou lors de l'enquête.

«La famille ne peut entendre que c'est son imprudence qui aurait causé son décès» affirme Me George qui tente alors de dresser le déroulement des faits, s'appuyant sur les preuves matérielles.

«L'attente de la famille est d'ordre moral afin que la mémoire de Monsieur Aribaud soit affranchi de ces doutes»

Au ministère public, Marilyn Blanc souligne: «nous sommes confrontés à des évènements douloureux et une famille extrêmement digne et mesurée.

Madame a adressé ses condoléances ce qui est rare.

On le voit, elle est troublée, demeure choquée mais il n'empêche que nous sommes dans une situation d'inattention au volant.

Prise d'éternuements, elle n'a pas eu toute sa vigilance et ces faits ont conduit à la mort d'une personne.

Il convient de sanctionner cette inattention
»

Le procureur a requis une peine de 2 mois avec sursis et la suspension du permis pour une période de 8 mois.

«On est confrontés à l'immense détresse de la famille et à une prévenue bouleversée» pour Me Dejouani, avocat de la défense.

«La responsabilité de ma cliente est pleine et entière.

Elle a manqué d'attention, n'a pas maitrisé son véhicule et ne minimise pas sa pleine et entière responsabilité.

C'est terrible, c'est la fatalité. Vous devez faire preuve d'indulgence tout en prenant en considération la peine des victimes
»

Juges et citoyens assesseurs ont suivi le ministère public.

MG a été condamnée à 2 mois assortis du sursis simple.

La présidente du tribunal a prononcé la suspension du permis de conduire durant 8 mois et à l'issue une visite médicale «pour voir si vous êtes capable de reprendre le volant»

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auteur: NR | publié le: 04/04/2012 | 20:13 | Lu: 18632 fois