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Tribunal Correctionnel de Foix: 18 mois pour avoir «planté» son compère

© midinews (archives)

Dans la nuit du 28 juillet 2014 à Tarascon-sur-Ariège deux hommes en venaient aux mains. L’un d’entre eux dégainait un couteau et blessait sérieusement son compère. Tous deux se sont retrouvés hier après-midi devant le tribunal correctionnel de Foix pour le procès de Renaud.
Des versions contradictoires
Renaud a donc comparu pour violence aggravée par deux circonstances (alcool et arme), et transport sans motif d’arme blanche. Détenu à la Maison d’arrêt de Foix en exécution d’une peine de 4 mois, il est libérable début novembre. Clair et concis dans son discours, le prévenu a raconté cette journée du 28 juillet et son dénouement. L’après-midi, il aurait consommé des bières devant le Super U avant de se rendre au festival Latino de Tarascon. Là, il retrouvait N, un copain de ses enfants qu’il a par ailleurs hébergé chez lui quelque temps.

Les deux hommes s’installent ensemble et consomment bière et cocktails. C’est en partant que les choses dégénèrent. Les protagonistes de cette affaire qui aurait pu se terminer aux assises (les violences ayant entrainé une ITT de 21 jours pour N), se disputent au sujet des enfants de Renaud. N lui assénant qu’il en préférait l’un à l’autre.

Au sujet de la bagarre, les versions divergent. Renaud assure ne pas se souvenir des coups reçus et échangés. Mais à un moment N se serait trouvé sur lui. Par peur, il aurait poussé N sur le côté et sorti son couteau, blessant le jeune homme à l’épaule (sur la face antérieure) et au thorax. Ensuite, il aurait jeté le couteau dans un ruisseau avant de prendre la fuite. N quant à lui affirme que le prévenu aurait «menacé de le planter». A la barre du tribunal, il s’est constitué partie civile et a admis du bout des lèvres avoir participé de manière active à la bagarre. Ce que semble confirmer le témoignage d’un serveur expliquant que N aurait frappé le premier. Un autre témoin de sa fenêtre raconte une autre histoire.
Le déclencheur pour arrêter de boireRenaud s’est excusé auprès de N, avant de confier à la présidente du tribunal que cette histoire avait été «le déclencheur pour arrêter de boire». Âgé de 45 ans, au RSA depuis 7-8 ans, il a exercé différents boulots. Dépendant à l’alcool depuis environ 15 ans, il souligne quant à la gravité des faits: «les faits sont clairs, je l’ai poussé et là j’ai sorti le couteau. J’ai arrêté de boire, c’est tellement grave pour moi».
Une volonté de planter, c’était annoncéPour le procureur la mise à l’épreuve a échoué. «S’il l’avait respecté, on ne serait pas là aujourd’hui», poursuit Olivier Caracotch. Pas de doute pour le Ministère public, «les faits sont graves, ce n’est pas tirer sur une ambulance» que de les dénoncer. Rappelant les circonstances de l’agression, usage d’un couteau, état d’ivresse (0g79, 8 h après les faits), coups échangés et version du dernier témoin.

Celui-ci de sa fenêtre aurait vu Renaud poursuivre le jeune homme, le rattraper avant de le coincer et de le planter. «Quasiment une exécution» pour le procureur qui a requis 2 ans ferme, mandat de dépôt, interdiction de retourner à Tarascon durant 3 ans après sa sortie, «car ce n’est pas à la victime de se cacher».

A la défense Me Alzieu n’a pas la même lecture des faits. Les versions sont concordantes entre les deux protagonistes affirme l’avocate. Son client a vécu dans la rue, il connait ses combats, il en a déjà été victime. «Parce qu’il sait ce qui peut l’attendre, il fait le choix de se défendre» argumente Me Alzieu.

«Un choix malheureux, non pour planter, mais pour se défendre». L’avocate de Renaud a demandé au tribunal de ne pas tenir compte du témoin à la fenêtre, mais de se fonder sur les dires des deux protagonistes en plaidant pour du sursis avec mise à l’épreuve.

Renaud a été condamné à 18 mois de prison, dont 10 mois de sursis, et mise à l’épreuve durant 24 mois. Il a obligation de ne pas entrer en contact avec la victime, obligation de soins, de travailler ou de suivre une formation.

NR | 10/09/2014 - 18:58 | Lu: 9555 fois