TGI de Foix: Me Frédéric Baby dénonce «une injustice, une illégalité»

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Le nouveau palais de justice de Foix a ouvert ses portes au public le 5 octobre dernier.

Dans un courrier adressé à Fabienne Clément présidente du tribunal de grande instance (TGI) de Foix, mais aussi au procureur ou au préfet de l’Ariège, Frédéric Baby avocat du Barreau de l’Ariège, dénonce «l’attitude égocentrée de l’administration». En cause, la fermeture des grilles du TGI.

«Mardi 3 novembre 2015, aux environs de 16h comme à l’accoutumée, les grilles du Tribunal de Grande Instance de Foix se sont fermées devant des avocats et des justiciables qui souhaitaient en sortir, et devant des justiciables et des avocats qui devaient y rentrer, l’audience correctionnelle s’étant poursuivie jusqu’à 19h30.

Il n’y avait là aucune erreur de programmation des minuteries, simplement l’application des horaires au mépris de la publicité des débats, principe essentiel de notre justice.

Ce mardi n’était donc pas une exception, mais un exemple de ce qui se passe tous les jours et qui fait que le service public de la justice a cessé d’être public.

Vendredi 6 novembre 2015, vers 13h30, trois avocats et quelques justiciables voulant arriver plus tôt pour préparer l’audience de 14h, durent parler du soleil estival et des effets positifs du réchauffement climatique avant de pouvoir entrer à l’heure de l’audience.

Ce vendredi n’était pas une exception, mais un exemple de ce qui se passe tous les jours et qui démontre que le service public de la justice a cessé d’être un service.

Les raisons qui nous ont conduits à cette situation inacceptable sont simples: une psychose sécuritaire, inappropriée au regard des menaces ariégeoises, mêlé à la faillite de l’État.

Pour juger heureux, jugeons cachés, dans des palais fermés inaccessibles, où il faut des badges pour entrer, des autorisations pour sortir, au point que l’on y juge sans justiciable et sans défenseur.

Fermons les services à 16h à la barbe de gens qui sont venus de loin, sans permis, sans voiture, sans fortune, accomplir des démarches urgentes, et donc sans possibilité de revenir aux heures trop courtes d’ouverture.

Obligeons le défenseur à sonner à la porte, pour exercer son office! Il en viendra peut-être moins! Mais souffrez alors qu’il vous dise que votre justice à force d’être inaccessible n’est plus équitable.

Si l’Avocat s’indigne, il ne revendique rien, il ne s’agit pas ici de réclamer une amélioration des conditions de travail.

Il s’agit de dénoncer une injustice, une illégalité, une attitude égocentrée de l’administration plus inquiète de ses statistiques que de la satisfaction des besoins des citoyens, afin que lorsque la colère s’exprimera personne ne puisse dire: on ne savait pas...
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NR | 12/11/2015 - 18:08 | Lu: 14812 fois