Profanation du cimetière de Mazères pendant la nuit d'Halloween
Dans la nuit de samedi à dimanche le cimetière a été profané: sur le mur d’enceinte, sur plusieurs tombes, sur la croix centrale, à la peinture orange des inscriptions satanistes (666 ou 999), des pentagrammes inversés (à différencier de l’étoile de David), des sigles tels que RIP (pour «Requiescat in pace» qu’il repose en paix, une formule latine que l‘on retrouve souvent sur les sépultures chrétiennes), des représentations de sexe masculin, les noms de Staline et Hitler…
Un curieux syncrétisme qui depuis hier, jour de Toussaint, inspire aux habitants qui viennent honorer leurs morts à la fois stupeur et incompréhension.
«On est bien habitué à quelques menus larcins comme le vol d’un pot de fleurs ici ou là, mais jamais pareilles choses», avoue cette Mazérienne rencontrée ce matin au détour d’une allée.
Atteinte portée au respect dû aux morts le jour de Toussaint
Dimanche, Mazères s’est réveillée sous le choc. Le premier magistrat était comme souvent à cette époque de l’année à la chasse. Ce sont les pompiers qui l’ont prévenu, puis les gendarmes. Laissant sa partie de chasse, Louis Marette s’est rendu sur place pour constater les dégâts:
«De mémoire de Mazérien on n’avait jamais vu cela. On n’avait jamais touché au cimetière et à tout ce qu’il représente de sacré… preuve que c’est dans l’air du temps!» déplore le maire, affecté par cette sombre histoire.
Si le cimetière a été profané, d’autres dégradations ont également été commises dans la bastide. «Il y a des tags aux entrées de Mazères et plus particulièrement sur les panneaux annonçant les cultes catholiques et protestants.
Un panneau du Lions Club a également été visé et on a aussi recensé quelques tags sur certains murs de la mairie», poursuit le maire qui a déposé une première plainte hier auprès de la gendarmerie de Saverdun et qui s’apprêtait ce matin à en déposer une seconde.
Car ce matin, lors de sa tournée, le policier municipal a relevé d’autres inscriptions au Séminaire, un symbole satanique à la peinture et des graffitis à la craie, il a également récupéré des éléments de bombes de peinture qui pourraient permettre de faire avancer l’enquête, tout comme les images des sept caméras de vidéo- surveillance disposées au centre ville.
Aucune piste n’est exclue
Il y avait bien eu l’an passé des incivilités au cours de cette même nuit d’Halloween: des dégradations chez des particuliers (tags sur les maisons, panneaux de signalisation arrachés…) et les caméras avaient permis l’identification d’un groupe de jeunes.
«Le juge a fait son travail et nous nous en félicitons. 13 personnes ont été identifiées, les dégâts étaient estimés à 1 560€… Nous nous sommes tournés vers les familles, elles ont un peu toussé, mais au final elles ont payé les dégradations des jeunes…
L’an dernier le cimetière n’avait pas été ciblé. On peut dire que c’était plutôt de l’ordre de la bêtise… Là il y a un caractère sataniste affirmé et des cibles très particulières comme le cimetière et les panneaux annonçant les cultes religieux.
Ce sont des endroits où nous n’avons pas de caméras puisqu’elles sont positionnées dans le centre-ville.
Mais les inscriptions retrouvées sur la mairie laissent penser que les auteurs de ces faits ont circulé dans la ville donc les images des caméras de surveillance vont être visionnées très attentivement», poursuit Louis Marette pour qui il ne s’agit manifestement pas seulement d’une sortie d’alcooliques notoire, car à sa connaissance les spécimens du cru ne se distinguent pas pour leurs premiers prix en version latine!
De là à mettre en relation les faits de 2014 avec la profanation de cette année, le maire met en garde contre tout amalgame: «Ce sont des pistes possibles que nous avons évoquées avec les gendarmes tout comme les vols qui ont eu lieu aux ateliers l’été dernier.
Sachant par ailleurs qu’il y avait au cours de cette nuit-là beaucoup d’agitation dans la bastide, notamment des groupes alcoolisés (avec des jeunes et des moins jeunes). Alors pourquoi avoir ciblé le tombeau des sœurs dominicaines ou celui de la famille du chef de notre équipe technique à la mairie… est-ce un hasard? là aussi l’enquête nous le dira».
Avant la cérémonie du 1er novembre qui a eu lieu hier à 16h, la mairie a fait nettoyer la croix du cimetière et peu à peu ce lieu retrouvera la quiétude et la sérénité à laquelle il aspire.
Henri Nayrou exprime sa solidarité envers les familles
Henri Nayrou, Président du Conseil Départemental de l’Ariège, a été profondément choqué par les profanations perpétrées au cours de la nuit du 31 octobre au 1er novembre dans le cimetière de Mazères. Il déplore les dégradations infligées à de nombreuses tombes, ainsi que les inscriptions irrespectueuses.
Lundi matin, il a eu l’occasion de s’en entretenir avec le maire de la commune, Louis Marette, auprès duquel il a exprimé la solidarité du Conseil Départemental envers l’ensemble des familles touchées par ces actes odieux.
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