Tribunal correctionnel de Foix: «le trafic était artisanal, non international»

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Six Ariégeois ont été condamnés mardi après-midi à de la prison avec sursis, suite à leur mise en examen pour importation, transport, cession ou acquisition et détention non autorisée de stupéfiants.

Une affaire datant de 2013. La drogue venait d’Espagne où la cocaïne est moins chère. Et non, il ne s’agit pas «d’un trafic international, mais artisanal».

À l’époque tous étaient consommateurs de cocaïne, d’héroïne, l’un d’entre eux était un «cultivateur», mais «tous se sont amendé, ont repris leurs vies en main» ont expliqué en substance leurs avocats, trouvant les réquisitions du parquet, de la prison ferme, «disproportionnées».

Tout a débuté par la dénonciation d’un ancien compagnon. Véronique est alors placée sous surveillance, son téléphone mis sur écoute.

La jeune femme sait qu’elle est sous le collimateur des forces de l’ordre, mais cela ne l’empêche pas de se rendre à la Jonquera. Consommatrice de cocaïne (quatre grammes par jour pour elle et son ex), elle fait au moins trois allers-retours par mois afin d’acheter moins cher sa drogue.

Ce 18 décembre 2013, la prévenue est interpellée en compagnie d’un ami, Jérémy. 150 grammes de cocaïne sont saisis dans sa voiture.

Lors de la perquisition menée à son domicile, quelques grammes de cocaïne seront trouvés, ainsi qu’une balance et 14 grammes d’herbe.

Achetée 40€ le gramme, la cocaïne était revendue 72€/g.

La jeune femme explique qu’une très grande partie de ses achats étaient pour sa «conso perso». Suite à sa garde à vue, Véronique était placée en détention provisoire (elle a fait 4 mois avant d’être placée sous contrôle judiciaire - comme les 5 autres prévenus).

Fabien et Yohann sont interpellés le 20 janvier 2014. Tous deux partageaient le même logement. Ils achetaient à Véronique la cocaïne, le cannabis leur était remis par différents fournisseurs.

Benjamin, le «cultivateur» de la bande est arrêté lui aussi en janvier 2014. Après «de petites fâcheries avec Fabien», il s’est tourné vers d’autres fournisseurs pour la cocaïne. Lui aussi revendait de petites quantités, «de la vente au détail à son entourage».

Le dernier des prévenus, Pascal, dépendant à la morphine après un grave accident est quant à lui arrêté en avril 2014. Il consommait de l’héroïne achetée en Espagne, et revendait de petites quantités de cannabis.

Après avoir rappelé les faits, la présidente du tribunal a indiqué que seuls Yohann, Benjamin et Pascal avaient un casier judiciaire.

«Même si ce n’est pas le réseau du siècle, il y a quand même un marché» lance le vice-procureur. Pour François Hebert «ces faits pas si anodins, méritent une sanction sévère».

De la prison ferme était alors requise à l’encontre de tous les prévenus. 12 mois pour Véronique; 6 mois pour Jérémy «qui l’accompagnait»; 12 mois pour Fabien «celui dont le nom a circulé dès le début de l’enquête, qui dépannait»; 6 mois pour Yohann, «qui connait au moins 8 acheteurs»; 8 mois à l’encontre de Benjamin, «le cultivateur en relation d’affaires avec Fabien»; et enfin, 12 mois pour Pascal, «celui qui se faisait appeler le squale, condamné à 5 reprises».

À tour de rôle, les avocats des six prévenus «s’étonneront de la sévérité» des réquisitions, et insisteront sur l’ancienneté des faits et sur le bon comportement de leurs clients après cette affaire.

«À quoi servirait, aujourd’hui, de les envoyer en prison?» questionne Me Baby rajoutant: «ces personnes sont accusées d’avoir acheté à des personnes à qui ils ont vendu. Il ne s’agit pas de trafiquants internationaux».

Des propos réitérés par Mes Laville, Duffau, et Trespeuch soulignant que leurs clients, anciens consommateurs, se «livraient à un trafic artisanal», et qu’ils avaient respecté leurs contrôles judiciaires.

Tous ont été condamnés à de la prison avec sursis, sauf Yohann qui a écopé de 60 jours amende à 10€.

Véronique a été condamnée à 12 mois de prison, dont 9 avec sursis. Une peine qui couvre sa détention préventive.

NR | 12/11/2015 - 18:08 | Lu: 9930 fois