Tribunal correctionnel de Foix: malgré ses dénégations «fantaisistes» il écope de prison ferme

Me Guy Dedieu en défense
© midinews 2015

Pour Me Dedieu en défense, «c’est clair, les relevés ADN ne remontent pas à 2012». Et oui, «malgré ses dénégations» son client et son comparse «étaient sans doute sur les lieux ce jour-là». Pour autant, l’avocat en est convaincu: la qualification des faits – tentative de vol – n’a pas lieu d’être.

Ce 1er mai 2015 à Pamiers, les policiers son avisés par un témoin que deux jeunes tentent de pénétrer dans le lycée Irénée Cross.

En arrivant sur les lieux, les forces de l’ordre remarquent deux jeunes hommes en train de s’enfuir. Les policiers reconnaissent les mis en cause, bien connus de leur service.

Sur place, ils constatent que des dégradations ont été commises sur les volets roulants du lycée. Des prélèvements ADN étaient effectués sur lesdits volets.

Le même jour, une maison en cours de construction à proximité d’un terrain de foot, est visitée. Des jouets y sont dérobés.

Des prélèvements étaient effectués sur la poignée et la porte. Les deux mis en cause étaient interpellés et placés en garde à vue où ils contestaient les faits, malgré la présence de leur ADN sur les éléments analysés.
Bientôt vous pourrez ouvrir
votre auto-entreprise
de vol

À la barre M et R tous deux âgés de 19 ans, maintiennent leurs versions. Ils ne comprennent pas comment leur ADN a pu se retrouver en ces deux endroits.

Ils expliquent pince-sans-rire, qu’ils jouent sur le terrain de foot à proximité de la maison en construction. Peut-être leur ADN s’est-il retrouvé sur la poignée de la porte lorsqu’ils sont allés chercher le ballon, lancé trop loin…

«On est obligés de passer par là», note M. Quant au lycée, il rappelle qu’il l’a fréquenté voici peu.

Ce à quoi la présidente du tribunal lui rétorque, faisant référence au témoignage des policiers et de l’ADN: «vous les cumulez au niveau pas de chance».

Au parquet, Claude Cozar salue «l’inventivité» du jeune homme et lui glisse: «c’est dommage que vous n’ayez pas fréquenté plus longtemps le lycée Cross».

Plus acerbe, il lui lance: «bientôt vous pourrez ouvrir votre auto-entreprise de vol». Pas de doute à avoir pour le vice-procureur «le tribunal ne doit pas se laisser abuser, il y a des témoins».

SME a été requis contre M sous le coup d’un sursis précédent, et sursis simple contre R.

«Des explications mensongères, fantaisistes n’en font pas pour autant des accusés» indique Me Guy Dedieu en défense de M.

«Il leur est reproché d’avoir tenté de pénétrer dans une maison en cours de construction». Ni le vol, ni la dégradation ne sont reprochés poursuit l’avocat qui demande la requalification des faits.

Quant au lycée Cross, Me Dedieu «ne sait pas quelle était leur entreprise, mais ils y ont mis fin». D’autant poursuit-il, «mon client n’y aurait pas pénétré sachant les lieux sous alarme».

Le tribunal a requalifié les faits en dégradation grave en réunion. M a écopé de trois mois ferme, R trois mois sursis.

NR | 07/01/2016 - 19:07 | Lu: 8291 fois