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Travaux sous les combles de Saint Volusien
15/12/2011 | 20:19
© MidiNews 2011
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Un bâtiment classé aux Monuments Historique à l’âge aussi vénérable que celui de l’abbatiale Saint Volusien* à Foix mérite quelques égards.

Depuis plusieurs jours, l’entreprise Falguié de Taurignan-Castet spécialisé dans la restauration du patrimoine ancien, travaille sur la charpente dont les sommiers s’étaient affaissés au printemps dernier.

Une gouttière qui avec le temps avait endommagé des pièces en bois si bien que la charpente réalisée avec des sapins provenant de la forêt de Bélesta était descendue de vingt centimètres.

«Nous avons dû intervenir avec des vérins pour remonter cette charpente de plusieurs tonnes et la remettre à sa place initiale, explique Jean-Paul Falguié. Nous avons ensuite renforcé le mur avec du béton et du bois.

Des travaux surveillées de près par l’architecte des Bâtiments de France avec un cahier des charges très pointu car il s’agit ici d’un monument historique sur lequel on ne peut pas faire n’importe quoi.

L’abbatiale a été construite sur plusieurs siècles, on s’aperçoit des modifications au niveau de la charpente et de la maçonnerie
»

Cette consolidation n’aura duré qu’une semaine mais la mairie de Foix prévoit pour 2012-2013 de faire intervenir l’entreprise couserannaise pour la réfection d’une partie de la toiture, si elle arrive à obtenir les subventions.

Car aujourd’hui les communes, héritières malgré elles depuis la loi de séparation de 1905 de l’entretien du patrimoine religieux, n’ont pas toujours les moyens d’en réaliser les travaux de conservation et courent derrière les subventions du ministère de la culture qui commencent elles aussi à tarir (il y aurait entre 40 000 et 60 000 clochers répartis dans les 36 861 communes recensées par l’INSEE).

Après avoir enjambé la lucarne et descendu par une petite échelle à flanc de charpente, on arrive dans le chéneau en plomb qui permet de récupérer les eaux pluviales de l’abbatiale et de faire le tour du chœur.

Outre la vue imprenable sur Foix, on se rend véritablement compte du travail de couverture des artisans: «c’est un toit en lauze, c’est du schiste de 2 à 3 cm d’épaisseur posé sur une volige et fixé par des clous.

C’est une technique dite à pureau dégressif: on commence en bas avec des pièces de 60 cm et on finit en haut avec des schistes de 20 cm, c’est ce qui donne au toit cet aspect dégradé
» précise Jean-Paul Falguié à qui il n’aura pas échappé l’absence d’une lause ici ou là: «nous veillons également à l’entretien de ce bâtiment et nous espérons que l’Etat pourra le financer»

Quoiqu’il en soit les travaux d’intervention sur la charpente seront achevés pour les fêtes de fin d’année et la messe de Noël aura bien lieu en toute sécurité.

*L’église primitive fut fondée au IXe siècle, détruite partiellement au XVIe siècle pendant les guerres de Religion, les travaux de restauration entamés en 1963 ont permis à l’édifice de retrouver sa sobriété originelle.

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 15/12/2011 | 20:19 | Lu: 12157 fois