Samedi matin comme pour conjurer la pluie et le froid qui régnaient sur le marché hebdomadaire, les hautbois du Couserans et la fanfare des Pyrénées ont réchauffé l’atmosphère invitant les chalands à improviser quelques pas de danse.
C’est une initiative que l’on doit aux principaux acteurs du projet Passatges* qui pour clôturer la saison 2011 ont eu l’idée de mettre pendant deux jours l’instrument emblématique du Couserans à l’honneur: concerts, rencontres, contes, apéritif musical et tour de ville…
En ce mois de décembre mois de tradition et de fête, Pierre Rouch, facteur d’instruments traditionnels, a réussi à fédérer autour du hautbois tous ceux qui participent aujourd’hui à sa renaissance.
Ils viennent du Béarn, de Bigorre, de la région toulousaine ou de plus loin comme Edouardo et ses amis musiciens de Castille… et tous ont la musique pour passion.
Ils jouent de l’aboès (le hautbois du Couseran), du clari (hautbois des Pyrénées centrales) ou de la boha (cornemuse gasconne), ils y mêlent cuivres, banjo, bugle ou de la flûte traversière pour faire revivre les mélodies des vallées pyrénéennes, celles qui faisaient encore danser dans les bals et pour les fêtes traditionnelles au début du siècle dernier…
François Souque, dit Pigalhe, dernier joueur routinier de hautbois, s’est éteint en 1936 et avec lui la pratique de cet instrument emblématique.
Il faudra attendre les années 70 pour que Charles Alexandre, spécialiste en instruments traditionnels, ou le conservatoire Occitan de Toulouse s’intéressent à nouveau au hautbois.
A partir de cette époque commencent les investigations, un véritable travail d’ethnologie dans les vallées, auprès des anciens pour recueillir cette mémoire vivante, apprendre comment il était joué par les groupes folkloriques, à quelles occasions et comment.
Peu à peu, le hautbois renaît de ses cendres et sa pratique redevient régulière grâce au Conservatoire Occitan puis plus récemment à Pierre Rouch qui en fabrique de nouvelles copies sur le modèle de Pigailhe.
Dans les années 80, Alain Servant et l’association Eth Son poursuit les enquêtes et apporte des compléments au travail de référence des années précédentes.
Cette année 2011 aura été véritablement l’année du hautbois: conférences, expositions, rencontres internationales, concerts… etc, organisés par les groupes folkloriques eux-mêmes (comme cet été l’exposition montée par les Bethmalais) ou par les partenaires culturels et institutionnels qui travaillent au sein du projet Passatges.
Mais comme l’indiquent Pierre Rouch et ses amis musiciens l’aventure ne s’arrête pas à l’aube de la nouvelle année. Bien au contraire.
De cette dynamique est né un programme de recherche mais aussi de médiation devant aboutir fin 2013 à la publication d’une anthologie de l’aboes du Couserans sous forme d’un livre-CD.
Un projet programmé sur deux ans afin de faire le point des connaissances sur un héritage patrimonial et de poser les bases d’un élément clé d’une musique vivante.
Une démarche qui se doit d’être le support d’une logique de valorisation et de communication d’un territoire.
*Passatges: chantier d'exploration des arts traditionnels aux musiques actuelles en Couserans
- Motte féodale de Tourtouse: cerise sur le gâteau du pôle d'excellence rurale
- Castillon: la chapelle du Calvaire, étape remarquable des routes de l'art roman en Couserans
- Découverte archéologique majeure à la Grotte du Mas d'Azil
- Pamiers d'hier et d'aujourd'hui: les canaux de Pamiers
- Pamiers d'hier et d'aujourd'hui: bonne année!
- Projet: il faut sauver le château de Pailhes!
- La chaleur du hautbois au coeur du marché de Saint-Girons
- Travaux sous les combles de Saint Volusien
- Maison des Patrimoines à Auzat: l'origine des noms de lieux en vallée du Vicdessos
- Pays d'Art et d'Histoire: conférence sur l'église de Rieucros

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