L'histoire du camp de concentration du Vernet d'Ariège se raconte sur France Culture

Samedi 25 mai entre 20h30 et 21h sera diffusée sur les ondes de la radio France Culture l’émission «Jusqu’à la lune et retour» consacrée à l’histoire du camp de concentration du Vernet d’Ariège.
C’est Raymond Cubells, président de l’Amicale des Anciens Internés Politiques et Résistants du camp de concentration du Vernet d’Ariège, qui apporte sa connaissance du sujet. Il effectuera l’enregistrement mercredi après-midi pour être ensuite diffusé dans l’émission radiophonique.
En résumé, Raymond Cubells viendra rappeler les terribles événements qui se déroulaient aux portes de l’Ariège. Dès février 1939, après la défaite de la République espagnole, le camp de concentration du Vernet d’Ariège sert à regrouper les soldats de l'armée républicaine espagnole, notamment ceux de la 26° Division.
Ils seront les premiers internés dans ce camp de concentration, terme utilisé dès février 1939 par l’administration de la troisième République française et les prisonniers.
Suite à la déclaration de la guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939, ce lieu est devenu un camp répressif destiné à enfermer «les indésirables étrangers», notamment des volontaires des Brigades Internationales qui avaient combattu en Espagne contre Franco, des opposants politiques aux régimes d’Hitler, Mussolini et Pétain, des membres de la Résistance.
A partir de 1942, il sert aussi de camp de transit pour les juifs raflés dans la région, avant leur déportation. De 1939 à 1944, 30 000 à 40 000 personnes d'une soixantaine de nationalités y ont été enfermées.
Les conditions terribles d'internement sont décrites par l’écrivain Arthur Koestler, lui-même interné en 1939 et en 1940, dans un livre paru en 1941 «La lie de la terre»
Par répression politique, par persécution antisémite ou par mesure disciplinaire, des milliers de prisonniers ont été déportés entre 1941 et 1944 vers les camps de Djelfa (Algérie), d’Aurigny (îles anglo-normandes), d’Auschwitz (Pologne), de Dachau (Allemagne)…
Le 30 juin 1944, les 403 derniers internés sont évacués en camion et en bus pour les estropiés jusqu'à Toulouse. Le 3 juillet ils seront déportés par le «Train fantôme» qui mettra presque 2 mois pour arriver à destination: Dachau pour les hommes et Ravensbrück pour les femmes.
Pour avoir lutté contre les fascismes et défendu la liberté et la paix des peuples, 215 personnes sont mortes à cause de leur internement dans des conditions inhumaines. 152 reposent à jamais dans le cimetière.
C’est cette page de l’histoire départementale ancrée globalement dans une période noire du pays et du monde que racontera le président de l’amicale.
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