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Vallées d'Ax: à la découverte des trésors d'art roman sur la route des corniches

© midinews 2014

Le roman ariégeois a la couleur des terres auxquelles il appartient. L’Ariège connue pour la beauté de ses paysages, ses grottes préhistoriques et ses châteaux hiératiques est aussi marquée historiquement et artistiquement par une floraison d’églises aux XI et XIIe siècles, ce blanc manteau d’églises évoqué par le moine chroniqueur Raoul Glaber.

Il y a certes les fresques de la cité épiscopale de Saint Lizier et son cloitre roman, dont certains chapiteaux ne sont pas sans nous rappeler le style de l’atelier toulousain de la Daurade, mais surtout une multitude de petites églises de montagne qui font de ce département un des plus riches en art roman du midi de la France.

Comme toutes ces vallées pyrénéennes, la zone fut influencée par la formidable expansion du premier art roman méridional en Catalogne développé par les maîtres lombards. À cette première influence est venue s’ajouter celle des grands chantiers de l’Europe romane, notamment les ateliers toulousains de la basilique St Sernin ou du cloitre de la Daurade.

La particularité de cet art roman ariégeois c’est qu’il est marqué par le caractère même de son ancrage montagnard, des populations accrochées longtemps à ses cultes païens (avec des églises souvent implantées sur les lieux mêmes des anciennes religions) et c’est ce qui fait le charme de l’art ariégeois, à la fois rustique, authentique et émouvant.
Un patrimoine architectural resté en sommeil
L’itinéraire de la route des corniches en vallées d’Ax en est un exemple parfait. Unac, Axiat, Verneau ou Mérens.

Tant et si bien que la communauté des communes des vallées d’Ax en relation avec l’Office de Tourisme a décidé de profiter de cet atout et de proposer un circuit de visites guidées tous les jeudis en période de vacances. «Les vallées d’Ax se sont toujours positionnées autour de la nature, mais il manquait une corde à notre arc, précise Sylvie Couderc, présidente de l’Office de Tourisme.

Car tout le monde ne fait pas du ski, il faut penser aux accompagnants. C’est pour cette raison que nous développons ce produit».

Jean Rouzoul, l’élu en charge du dossier en est convaincu, l’art roman est un trésor pour le territoire, un trésor à la portée de tous: «c’est un patrimoine resté pendant longtemps en sommeil que nous voulons valoriser. Même si ces bâtiments conservent un caractère rustique et une typologie montagnarde, il n’en demeure pas moins qu’ils constituent un trésor patrimonial important pour notre territoire».
Une diversité patrimoniale source de richesse
Ces visites sont assurées par Mélanie Saves, guide conférencière dans un circuit a la découverte de ces chefs d’œuvre des Pyrénées médiévales.

«Le département de l’Ariège est un des départements méridionaux les plus riches en matière d’art roman. Nous avons fait le choix de visiter trois églises sur la route des corniches, celles d’Unac, Axiat et Vernaux mais il y en davantage.

Celles-ci ont un caractère architectural de sculptures et peintures qui résument les influences des courants artistiques qui ont transité par nos vallées, des influences toulousaines, mais parfois aussi plus lointaines : bourguignonnes, catalanes, italiennes ou encore andorranes
».

Mais derrière cette apparente diversité, combien de rêves, d’espérance et de douleurs racontés par ces douces courbes baignées de clair-obscur? Chaque église a son histoire, une histoire que Mélanie nous raconte avec passion.
Les choix de Mélanie pour ses visites du jeudi
Au bout de la route, sous la tutelle séculaire du château de Lordat, l’une des plus grandes et des plus anciennes forteresses des comtes de Foix.

Les hautes vallées sont le témoignage du métissage des peuples quand aux temps lointains de l’An Mil l’Europe s’est couverte d’un blanc manteau d’églises.

Unac dont le puissant clocher raconte la volonté de surveillance

L’église Saint André d’Unac, construite par le comte Roger II de Foix avec son clocher de 24m rappelle les édifices andorrans.

Sa construction de pierres brutes est très soignée.

En 1104 les chanoines de St Volusien de Foix en prennent possession et l’agrandissent, la dotant d’absides, d’absidioles, de fenêtres richement décorées, notamment de colonnettes tailles dans le marbre blanc, à l’intérieur les chapiteaux ne sont pas sans rappeler ceux de saint Sernin de Toulouse.  
Axiat aux influences bourguignonnes
L’église Saint Julien d’Axiat a conservé son aspect vernaculaire avec une nef unique, un transept et une abside semi-circulaire entourée de deux absidioles, le tout avec des volumes équilibrés et un appareil de pierres taillées remarquable.

L’imposant clocher carré lui donne une connotation bourguignonne et surprend toujours un peu dans cet environnement montagnard.

À l’intérieur les chapiteaux décorés sont riches d’entre lacs et de fleurons.
Vernaux, humble bâtisse intemporelle qui parle au cœur des hommes
L’église sainte Marthe de Vernaux est dotée d’une nef voûtée en berceau avec absides précédées d’une travée dé chœur et deux absidioles disposées en trèfle de chaque côté.

Un petit clocher à arcades remanie, couronne la façade ouest. La pierre tendre, le truff dans laquelle elle fut construite résisté malheureusement mal aux intempéries et lui donne un aspect particulier.

Notons la présence de peintures du XVe à l’intérieur duc chœur.

L’Art Roman en vallées d’Ax
Tous les jeudis en période de vacances (Noel, hiver, vacances de printemps et période estivale)
Durée 2 h (14-16 h), tout public
Informations 05 61 64 60 60

Laurence Cabrol | 24/11/2014 - 19:44 | Lu: 28282 fois