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Millepattes à l'oeuvre sur le château de Durban-sur-Arize

© midinews 2013

XIème - XXIème siècles. Dix siècles les séparent et pourtant tout les rapproche.

Même s’il faut se le gagner… car le petit chemin qui mène depuis le centre de Durban-sur-Arize jusqu’au château se termine par un sentier plutôt rude d’environ un kilomètre dans les sous-bois de ce dernier bastion du Plantaurel.

Née à la fin des années 80 dans ce bourg de Durban-sur-Arize, l’association Millepattes aujourd’hui présidée par Christelle Tatareau a toujours eu pour vocation d’agir comme un lieu d’échanges et de soutien à la création et la récréation sur les plans culturels et artistiques.

Quand en 1990, l’occasion se présente de racheter ce site, le château de Durban-sur-Arize surplombant ces 18 hectares, fort de l’appui de ses adhérents et de quelques concerts organisés avec le soutien de personnalités comme Léo Ferré ou Jacques Higelin, le pas est franchi, avec l’acquisition de ce haut lieu -méconnu- du patrimoine local.

Jean-François, «Jeff» pour les Millepattes, est encore celui qui parle le mieux de ce haut lieu de la résistance cathare.

«C’est l'un des plus grands châteaux du Moyen Age au niveau départemental, probablement l’un des mieux conservés, et en tous les cas l’un des plus exemplaires du style roman de l’époque, contemporain de l’épopée cathare au même titre que Montségur dévasté lui avant d’être reconstruit ensuite par les croisés français, et sur lequel on peut lire toutes les évolutions successives.

Mieux que Roquefixade ou Lordat, entièrement démontés par Richelieu par après, le château de Durban-sur-Arize est l’un des derniers bastions de l’hérésie cathare, véritable témoignage de cette époque du temps de la croisade des Albigeois, même si la famille Durban a fini par en être dépossédée en 1250
»
La mise en valeur d’un haut-lieu, méconnu, du patrimoine local comme vecteur de liens sur le villagePour Christelle il n’y a pas de doutes, l’évolution de la perception des gens du village, les liens créés autour du château sont manifestes depuis que l’association s’efforce de valoriser les lieux. «Nous organisons diverses manifestations, surtout l’été, avec des expositions, des concerts, des conférences et même le grand repas du village»

240 pattes, soit autant de membres cotisants de l’association, contribuent par leur aide à la valorisation du château. Pour autant, la présidente de l’association espère en toujours plus de volontaires «prêts à donner la main sur les opérations de rénovation et de valorisation du château ou en les institutionnels bienveillants qui aident l’association dans ses démarches» même si elle espère toujours davantage de soutien face aux projets à venir.

Ainsi, depuis quelques années, le château reçoit des aides de chantiers internationaux de jeunes qui viennent participer aux opérations de mise en sécurisation du site, de restauration de ses éléments remarquables.

«Notre grand projet aujourd’hui reste la rénovation de la petite chapelle située juste à l’entrée du château dans laquelle nous espérons pouvoir mettre en place un lieu d’exposition apte à accueillir des visiteurs mais aussi les visites d’écoles que nous développons beaucoup ces derniers temps sur le site»

Par petites touches successives, autour de cet élément du patrimoine local, les liens se renforcent entre anciens du village et nouveaux venus «des liens se créent, comme avec les écoles. Nous avons même obtenu le soutien de la fédération d’escalade qui nous a autorisés à ouvrir un point de grimpe avec tout le matériel nécessaire en ce lieu jugé exceptionnel»

Désormais, la présidente voit plus loin encore et espère maintenant que le château commence à se faire connaître, «pouvoir œuvrer davantage avec le partenariat des institutions spécialisées dans l’animation et la mise en valeur de ce lieu sur les plans touristique et patrimonial et même pouvoir créer à terme un emploi à temps plein pour l’animation du site»

Pour l’heure et malgré les dix siècles qui séparent les premières datations officielles du château de tous ces «Millepattes» qui s’activent aujourd’hui autour de sa valorisation, la présidente espère pouvoir «mener à bien ce projet d’un espace muséographique capable d’accueillir tous les visiteurs y compris les enfants des écoles»

Une réflexion engagée grâce au soutien de l’état et avec le département, doit mettre en lumière les diverses pistes de développement possibles. «On veut profiter de cette dynamique pour que le site fonctionne à l’année» espère la présidente.

Comme quoi malgré les siècles qui passent, les liens perdurent toujours, autour de cet élément -qui gagne à être connu- du patrimoine local et ariégeois.

Plus d’infos sur le blog de l’association: lemillepattes.info

Sylvain Sastre | 06/09/2013 - 18:33 | Lu: 31894 fois