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Saint Girons: l'histoire de la papeterie du Couserans à l'honneur des journées du Patrimoine

© midinews 2013

Pierre Bardou, Aristide Bergés, Louis Matussière... autant de noms qui ont marqué l'histoire papetière du Couserans.

Après la longue agonie des papèteries de Lorp, la disparition des papèteries Matussière et Forest (Lédar), ne subsistent plus que deux sites: la Moulasse à Eycheil et les papèteries Martin à Engomer.

La fin d'une époque pour cette industrie qui a fait l'âge d'or du Couserans dès la fin du XIXe siècle mais peut-être le début d'une autre ère tournée vers des produits plus techniques, davantage innovants... l'avenir le dira.

Samedi après midi, salle Max Linder à Saint Girons, la parole était donnée aux universitaire venus parler de l'histoire de la papeterie et de la mémoire ouvrière à partir de l'exemple de la Moulasse.

L'université de Toulouse Le Mirail et la communauté de communes de l'agglomération de Saint Girons associée à la commune d'Eycheil, ont signé une convention de partenariat afin de travailler sur ce patrimoine industriel unique.

Une manière de valoriser l'histoire à travers un ambitieux projet porté depuis près de quatre ans par Jean-Michel Minovez, président de l'université du Mirail et ses équipes d'enseignants et d'étudiants (pas moins d'une soixantaine), présenté officiellement en ces journées du Patrimoine.
Des outils de médiation présentés au grand publicCe travail de recherche a donné lieu à la réalisation d'un site web, d'un film réalisé par des étudiants de Master 2 Archives et Images et d'un ouvrage papier par les étudiants de licence professionnelle Édition.

Des outils de médiation présentés officiellement aux élus mais surtout à tous ceux qui ont contribué à poursuivre cette histoire industrielle: les retraités ou les salariés de la Moulasse.

Avant de laisser parler les images et les étudiants porteurs de ces projets, François Murillo a retracé en quelques mots sur ce que fut l'activité papetière du Couserans, le traumatisme en 2008 lors de la fermeture de Lédar et la période de transition et de diversification impulsée par le plan de revitalisation.

Saluant au passage François Ribat, responsable de l'Observatoire du papier et des arts graphiques, le président de la communauté de communes a rappelé qu'en 1990, sa collectivité avait racheté la maison natale d'Aristide Bergés, père de la houille blanche, mise à disposition des associations.

«Aujourd'hui le président de l'université de Toulouse Le Mirail va nous présenter ce travail de mémoire, fruit de ce partenariat»

Pour Jean-Noël Vigneau, maire d'Eycheil, ce projet a permis de «créer du lien social entre les générations grâce a ces opérations de collecte et valoriser le patrimoine de notre territoire [...] les outils de médiation qui vont être présentés seront disponibles à travers le portail de la communauté de communes. On ne parle pas seulement de passé, on parle également de présent et nous l'espérons d'avenir»
Une première étape vers un travail de réflexion à l’échelle du CouseransJean-Michel Minovez est chercheur. Il travaille depuis plus de 15 ans sur l'histoire industrielle de notre région «C'est plaisant pour un historien qui travaille souvent seul ou en petit groupe d'être à un moment donné confronté à ceux qui vont recevoir ce travail»

Revenant sur la genèse de ce projet auquel il a largement contribué: «la préoccupation première de nos travaux était de créer quelque chose de profondément incarné en donnant une place importante à la parole des acteurs [...] la méthodologie repose sur une enquête orale pour aboutir à la constitution d'un premier recueil de mémoire orale [...] Aujourd'hui c'est une première étape vers un ouvrage grand public sur l'ensemble de l'industrie papetier du Couserans.

Nous souhaitons aller plus loin, mobiliser des sociologues, des historiens, géographes, économistes, gestionnaires afin de réaliser une véritable analyse du territoire et proposer des solutions. L'objet de cette recherche c'est une valorisation d'expertise dont le territoire pourra se saisir
»

Pour Jean Jimenez, réalisateur de ce film qui repose sur le service de production de l'université (SCPAM), l'expérience a été passionnante: «nous avons beaucoup filmé, nous avons des idées car si ce film concerne aujourd'hui la Moulasse, pourquoi ne pas faire un film sur l'ensemble du Couserans»

Les étudiants ont été félicités et le président de l'université de rappeler que le service de production générait quantité de ressources numériques, pédagogiques et de valorisation de la recherche avant de conclure: «quel plaisir d'être ici comme président-chercheur, je suis fier de mes étudiants, c'est vraiment l'idée que je me fais de la recherche et la capacité d'en faire un objet de valorisation, un indispensable retour vers la société»

Laurence Cabrol | 16/09/2013 - 18:48 | Lu: 25084 fois