L'Ecole Normale de Foix ouvre la saison des cafés Littéraires de l'Estive
Née en avril 1833, supprimée suite à la loi Jospin en 1989, l’Ecole Normale de Foix a formé des générations d’instituteurs, les fameux hussards noirs de la République.
Véritable ascenseur social avant l’heure, cet établissement fait partie de l’histoire de notre département.
Jean Gallardo et Henri Aussaguès, deux anciens de cette vénérable institution, ont fait un important travail de mémoire, des témoignages qu’ils ont livrés mardi soir à l’Estive, au cours du premier café littéraire de la saison.
La mémoire des lieuxSur les hauteurs de Montgauzy à Foix, les jeunes étudiants qui fréquentent aujourd’hui le centre Universitaire Robert Naudi, ignorent peut-être qu’ils marchent dans les pas de centaines d’instituteurs qui, à partir de 1840 pour les garçons et de 1879 pour les filles, ont arpenté ce chemin vers le savoir et la connaissance.
Henri Aussaguès (promotion 61-65) et Jean Gallardo (promotion 59-63) entretiennent la mémoire et l’histoire de l’Ecole Normale de Foix.
Contactés par M. Ricard, l’ancien gestionnaire, à la fin des années 80 pour mettre un peu d’ordre dans le labo photo, ils découvrent des archives et des témoignages, constituant un point de départ pour leurs recherches.
«Nous avons contacté par voie de presse les anciens instituteurs et les familles pour qu’ils nous confient leurs documents et nous avons fait une première exposition en 1988, suivie d’un album de témoignages faisant office d’œuvre de sauvegarde car qui se souvient aujourd’hui de l’Ecole Normale parmi les jeunes générations ?»
Un monument né de l’idéal de 1789, concrétisé par la Monarchie de Juillet et confirmé par la IIe RépubliqueHenri, incollable sur l’historique, explique que l’Ecole Normale est une idée qui vient de la révolution de 1789 concrétisée par la Monarchie de Juillet (Guizot) en 1833: «au départ la première est située dans les locaux de la préfecture puis en 1840 par manque de place, on achète le site de Montgauzy pour 16 000 francs de l’époque. L’Ecole Normale des Filles est créée en 1879 sous la IIIe République (Jules Ferry).
En 1940 le gouvernement de Vichy les supprime: les filles partent étudier à Pamiers et les garçons à Foix. En 1946 faute de moyens on y accueille aussi les élèves de Perpignan (les filles doivent s’expatrier dans les PO).
Cet apport de sang neuf aurait contribué à développer le rugby à Foix, un esprit que l’on a conservé car nous avons beaucoup joué au rugby à l’époque où nous y étions étudiants. En 1951 les Ecoles normales se regroupent il y a enfin mixité et 39 générations d’instituteurs s’y succèdent à partir de cette date-là»
L’Ecole Normale, véritable ascenseur social de la RépubliquePour un jeune issu d’un milieu modeste, l’Ecole Normale constitue une opportunité pour s’élever socialement: «c’est l’ascenseur social avant l’heure» indique Jean qui se rappelle: «quand je suis revenu à Croquié, j’étais la fierté du village […] On nous apprenait les valeurs qui font certainement aujourd’hui défaut»
Un sujet qui tient à cœur à ces deux anciens instituteurs qui ont fini leur carrière en tant que conseillers pédagogiques à Montgauzy et qui n’hésitent pas à saisir une occasion au titre de leur association (ligue de l’Enseignement) pour revenir sur ces lieux chargés de souvenirs et d’histoire.
Pour Jean, c’est avec l’association «Jeunesse au plein air»: «après avoir présenté la traditionnelle vignette au préfet, nous allons y déjeuner avec des élèves d’une classe de primaire. L’occasion m’est alors donnée de leur parler des instituteurs et de l’Ecole Normale»
Henri participe à l’organisation de Pintu’Fol une exposition annuelle de peintres locaux dont la majorité sont des enseignants qui exposent sur les cimaises de l’ancienne Ecole Normale… une manière d’entretenir la nostalgie des lieux.
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