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Le marteau pilon de l'Usine installé à l'entrée nord de Pamiers

© midinews 2014

Après la locomotive électrique restaurée grâce à une souscription lancée par la Fondation du Patrimoine, désormais installée devant l’usine Aubert&Duval et départ du sentier d’interprétation du patrimoine industriel, ce jeudi l’entreprise Scop Cancela installait à l’entrée de la ville (côté rond point zone de Gabrielat) un pilon de 80 tonnes, symbolisant l’activité industrielle de la cité.

Achetée par les établissements Lemoine à Ivry/Seine en 1934, cette machine d’une autre époque est sortie des ateliers Eumuco, une entreprise allemande, avant d’être rachetée d’occasion par l’Usine de Pamiers et installée dans l’atelier de forge-estampage.
Le souvenir d’une vie de travail

Destinée à la casse, l’usine Aubert&Duval en a fait don à la Communauté des communes et une fois démontée et sablée, c’est sous la houlette de Bernard Charrier que l’entreprise spécialisée en levage et manutention de Tarascon/Ariège vient de l’installer.

Il a cependant été nécessaire de réaliser une assise en béton armée pour remplacer l’assise d'acier d’origine d’une épaisseur de 4m.

Pas de pincement au cœur pour Bernard et André deux anciens de l’Usine, présents tout à l’heure sur le chantier mais le témoignage de toute une vie passée à l’usine et dédiée à la métallurgie.

«Je suis rentré chez Fortech (à l’époque c’était le nom de l’Usine) en 1968 et après un passage à l’atelier des alliages légers j’ai été envoyé à l’entretien où je suis resté. Je connais bien ce pilon pour l’avoir démonté maintes fois», avoue André, incollable sur la technique de ce géant de près de 10 mètres.

«Il était posé sur la chabotte, un ensemble de 3 masses d'acier d'environ 300 tonnes dans une fosse remplie de mâchefer et de plateaux de bois qui avaient une fonction d’amortisseur. Quand la masse de 15 tonnes tape, ça fait de terribles vibrations, il faut amortir le son et le choc… ils étaient cinq sur cette machine, se souvient André et pour éviter que la pièce ne colle à la matrice l’un d’entre eux jetait une poignée de sciures et du gas-oil. Ce pilon a fait son temps en 3/8, il y avait du travail à l’époque, on travaillait beaucoup sur la fabrication des pièces de camions et des pièces aéronautiques déjà!»
80 tonnes d’acier témoin de l’activité économique de PamiersC’est sous les conseils de Bernard que les techniciens de la Scop remontent la «bête», dans un étrange manège de grue à bras télescopique et de nacelle. Cet ancien ingénieur est rentré à l’usine en 1962 et pour lui l’installation de ce pilon a une signification particulière:

«Pamiers a une tradition métallurgique, l’Usine a été créée en 1816, elle n’a jamais cessé de fonctionner depuis perpétuant ici la tradition de transformation avec l'aciérie alimentant l'usine, la forge libre, le laminage… puis dans les années 73 et 80 elle s’est orientée principalement vers le matrissage (travail en force avec presse de forte puissance) et l’estampage (travail au choc avec énergie cinétique)… depuis 2007 il y a la presse de 40 000 tonnes, c’est un autre virage technologique»

Ce projet porté par la Communauté de communes du pays de Pamiers, s’inscrit également dans la volonté de maintenir le patrimoine industriel de la ville et de le valoriser. «Nous avons un peu copié le Creusot qui a installé un pilon à l’entrée de ville» indique Bernard Séjourné, élu communautaire.

«C’est un clin d’œil au XXème siècle et une ouverture sur le XXIème siècle et toutes les perspectives d’avenir de l’usine avec sa presse et le travail du titane»

Laurence Cabrol | 13/03/2014 - 19:48 | Lu: 40644 fois