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L'Ariège célèbre la mémoire de la Grande Guerre

© midinews 2014

Le 03 Août 1914, l’Allemagne de Guillaume II déclare la guerre à la France.

Le tocsin accompagne la mobilisation générale. En Ariège ce sont surtout des ruraux qui sont incorporés, cultivateurs, salariés agricoles, domestiques, mais aussi des ouvriers, artisans, employés, ou encore des commerçants, petits patrons, médecins instituteurs.

Venus du Val d’Ariège, du Couserans, du Quérigut, du pays d’Olmes, du mirapicien, de la vallée de la Lèze ou de l’Arize, ces anonymes croient partir pour une «guerre fraiche courte et joyeuse» mais vont durant quatre années connaitre l’enfer…

Fragments de l’intervention captivante de Georges Patrick Gleize qui rappelle aussi: «A ceux qui ont disparu il faut ajouter les Gueules Cassés, les veuves, les orphelins» Un homme sur 6 en Midi-Pyrénées figure aujourd’hui sur les longues listes des monuments aux morts présents dans chaque ville et village.

«L’Ariège a payé un lourd tribut à la Grande Guerre en donnant à la France 8.000 de ses enfants. Nous devions pour honorer leur mémoire être présents avec un projet solide pour les commémorations du centenaire», indique le Lieutenant-Colonel Doumerc, président de l'association du centenaire de la Grande Guerre en Ariège.

Autour d’eux, une soixantaine de personnes, élus, militaires, religieux et représentants de la société civile se sont réunis en ce jeudi dans les salons de la préfecture pour le lancement officiel des commémorations du Centenaire de la Grande Guerre en Ariège.

«J’ai souhaité que nous soyons tous réunis ici pour lancer officiellement ces commémorations du centenaire de la première guerre mondiale en Ariège», entame Nathalie Marthien, qui saluera «en cet instant solennel et fraternel, le travail remarquable de l’association du centenaire de la Grande guerre en Ariège ainsi que celui des archives départementales qui ont permis que les deux projets ariégeois soient labélisés par le comité des historiens de la mission du centenaire»
Honorer, comprendre et faire comprendreUne volonté affichée par le Lieutenant-Colonel Doumerc dont l’allocution résume les trois objectifs que se fixe son association de bénévoles impliqués sans compter. Le fruit «d’un travail de plus de dix-huit mois aujourd’hui couronné de succès»

Tout d’abord un objectif pédagogique au travers d’un programme de conférences données prioritairement dans le milieu scolaire dans les classes de CM1, CM2, 3èmes et 1ères mais aussi auprès du grand public.

Une série de conférences qui rencontre «un réel succès, poursuit-il, une quarantaine à ce jour et le programme est complet jusqu’à la fin de l’année» Un objectif plus culturel ensuite avec une exposition itinérante de plus de 100 photos en format A3, illustrant le sujet et qui se déplace à la demande dans toute l’Ariège. Un diaporama dont les murs du salon de la préfecture ont présenté quelques œuvres.

Un objectif historique et mémoriel est poursuivi enfin au travers de la réalisation d’un ouvrage de près de 500 pages relatant l’histoire des soldats ariégeois et de Midi-Pyrénées dans le cadre du 17ème corps d’armée.

Un ouvrage collectif «Les poilus ariégeois dans la Grande Guerre» imprimé à 3.000 exemplaires qui vient de recevoir le prix spécial du Jury au Salon du Livre d’histoire locale de Mirepoix et dont Georges Patrick Gleize, historien, a dirigé la réalisation. Fruit des recherches, collectes et témoignages d’un groupe de travail, l’ouvrage retrace le parcours des soldats ariégeois engagés dans les différentes armes «terre, marine et même l’aviation alors balbutiante»
Un devoir de mémoire collectif pour que l’histoire ne se répète pasA leur suite citons la lecture par le Colonel Justine de l'allocution du lieutenant-colonel Petigérard du 10 août 1914 appelant à la mobilisation des civils ariégeois et les poignantes lectures de poèmes de poilus ariégeois par Mme Bernadette Trunot et Mme Marie d'Arzac.

En référence à ces actions et à l’ouvrage qu’elle a elle-même préfacé, Nathalie Marthien en est certaine: «Il est et restera pour les générations futures un témoignage incontournable de la vie des poilus ariégeois», mais pas uniquement pour Mme le Préfet qui tient à rappeler aussi «le rôle des femmes qui se sont mobilisées à l’arrière pour que la France reste debout ou encore le rôle des religieux»

«100 ans se sont écoulés, les derniers témoins directs se sont éteints, maintenant il est du devoir de chacun de rendre cet hommage à ceux qui sont tombés et prendre le temps de comprendre les raisons qui déclenchèrent ce conflit», poursuit Nathalie Marthien qui évoque à la suite du Président de la république «cette France du 20ème siècle capable de choisir la paix et de faire l’Europe»

C’est bien l’un des objectifs majeurs de la mission du centenaire que de transmettre et faire vivre l’héritage de ce premier conflit mondial auprès des jeunes générations. «Un travail de mémoire qui repose sur les femmes et les hommes pour qui la transmission des valeurs constitue un devoir envers nos ainés, renchérit la préfète, nous avons collectivement le devoir de respecter l’héritage de paix pour laquelle des millions d’hommes sont tombés»

L’ensemble des manifestations qui marqueront les commémorations de ce premier conflit mondial auront aussi cette lourde tâche.

Un devoir envers les aînés et une transmission envers les plus jeunes afin de «faire en sorte que les générations à venir n’oublient pas», invoque l’historien Georges Patrick Gleize citant Winston Churchill: «un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre»

Sylvain Sastre | 08/08/2014 - 17:26 | Lu: 47769 fois