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Le Mas d'Azil: la grotte n'a pas fini de livrer tous ses secrets

© midinews 2014

On la disait stérile parce que beaucoup trop fouillée depuis le XIXe siècle, mais en définitive la grotte du Mas d’Azil est loin d’avoir livré tous ses secrets.

Pour preuve depuis quelques jours une équipe pluridisciplinaire de scientifiques sous la direction de Marc Jarry (Inrap)

En effet depuis lundi topographes, cartographes, géologues réalisent des sondages à plusieurs endroits permettant de mettre au jour des lambeaux entiers de stratigraphie

«Nous avons trouvé de l’aurignacien, et nous faisons encore des découvertes inédites depuis 2011, date du début des fouilles préventives, à beaucoup d’endroits de nombreux vestiges sont encore en place» s’enthousiasme le chercher de l’Inrap dont la vocation est le diagnostic. «Nous avons trois à quatre ans pour mener à terme ce programme financé par le ministère de la Culture, il nous permettra à terme de comprendre l’intégralité du site (ce qui n’avait jamais été fait jusqu’à présent) avant d’aller sur des points précis».

Une jeune géologue travaille dans une tranchée où elle procède à des relevés de stratigraphie: «il y a ici 10 m de limon déposé par l’Arize, nous sommes sur les remblais des fouilles réalisées par Edouard Piette (1827-1906). C’est au-dessus du massif de stalagmites que nous avons décidé de réaliser ces sondages, au pied de la coupe et nous sommes agréablement surpris de trouver en place le niveau avec les traces des fouilles du XIXe siècle  (trace d’un ustensile à dent couramment utilisé à l’époque) couches magdaléniennes en place, trace de foyers, d’occupations humaines datant de plus de 13 000 ans».

Au-delà de l’archéologie préventive, l’élaboration d’une véritable carte de lecture de la grotte
Ce programme d’étude est axé sur trois principales problématiques: tout d’abord réaliser une cartographie précise de al grotte (repérer mètre par mètre ce qui s’y trouve pour avoir un état des lieux général) suivie d’une étude géologique complète pour comprendre comment le site s’est mis en place, a évolué et peut être mettre en place des mesures conservatoires. Enfin évaluer tous les niveaux archéologiques qui sont encore en place dans la grotte.

«Sur ces trois axes de recherches nous travaillons avec des géologues spécialistes dans le réseau karstique qui eux-mêmes sont en relation avec un professionnel chargé de faire la topographie des lieux poursuit l’ingénieur de l’institut national de recherche archéologique préventive.

Parmi cette équipe Céline Pallier, l’éminent géologue Laurent Bruxelles, Hubert Camus, Manon Rabanit… ils contribuent à la compréhension de la constitution de cette grotte et à son évolution. Dans quelques semaines une troisième équipe d’archéologues dirigée par François Bon, professeur à l’université de Toulouse travaillera sur d’autres sondages. Tous ces travaux sont supervisés par Carole Fritz qui poursuit ses investigations dans les anciennes collections et les archives.

C’est un gros travail d’inventaire, mais cette nouvelle carte de lecture de la grotte relance la recherche et fédère les chercheurs, car à chaque fois, il y a de nouvelles découvertes. Il faut ensuite les assimiler, les comprendre, les évaluer. Mais la grotte du Mas d’Azil est loin d’avoir livré tous ses secrets !
»

Un véritable potentiel pour les plus éminents scientifiques.

Laurence Cabrol | 29/08/2014 - 16:52 | Lu: 58775 fois