Salade de hareng, soupe de pomme de terre, pavé de truite à la berlinoise, longe de porc sauce chasseur servi avec le traditionnel choux rouge émincé, forêt noire… les 800 élèves qui déjeunent au self du lycée ont eu ce midi un avant-goût de la gastronomie allemande.
Chaque année, dans le cadre de la semaine franco-allemande, le chef propose un menu spécial pour faire découvrir ce pays, sa culture ses traditions.
Cette année, la manifestation prend un tour particulier car on vient de fêter le cinquantenaire du traité de l’Elysée, acte fondateur de la coopération et de l’amitié franco-allemande, et la ville de Pamiers vient de célébrer les quarante-sept ans du jumelage qui l’unit à la ville de Crailsheim dans le Bade Wurtenberg.
Dominique Lafont, enseignante d’allemand au lycée du Castella, est également présidente de l’association de ce jumelage réussi, une double casquette qui permet de multiplier les propositions pour les jeunes germanistes ariégeois.
Si à une époque il fallait choisir l’allemand en première langue pour avoir accès aux meilleures classes, ce temps est désormais révolu.
Les réformes et la longue évolution de l’enseignement des langues ont permis de bouger les lignes dans un sens ou dans un autre: avec la baisse des effectifs des classes d’allemand, on a assisté à la fermeture progressive de postes à Lavelanet, Mirepoix ou St-Girons… «Les effectifs baissent mais pour autant on ne stimule pas les élèves à l’allemand, regrette Dominique, enseignante depuis 20 ans.
Nous n’aurons jamais les mêmes rendements que les autres langues (anglais, espagnol) mais peut-on parler de rendement ou de rentabilité dans l’enseignement des langues ?» poursuit l’enseignante dont l’investissement est proche du militantisme, à la mesure de sa passion pour la langue de Goethe et son désir de la faire partager.
Aujourd’hui le chiffre fluctue de 75 à 80 élèves tous niveaux confondus qui fréquentent la classe d’allemand du Castella: «ce sont des chiffres assez stables dans l’ensemble, leur nombre a tendance à augmenter en langue 3 car avec la maturité on s’ouvre peut-être davantage à l’Europe» indique Dominique.
Quand on évoque les motivations de ces jeunes, elles sont multiples: «c’est souvent un choix des parents qui pensent donner des clés supplémentaires à la réussite de leurs enfants, un projet professionnel que mes élèves veulent construire (tourisme, aéronautique, industrie, enseignement) ou tout simplement l’envie de mieux connaitre notre ville jumelle, de découvrir ce pays, de participer aux échanges culturels»
Il est vrai que la réussite du jumelage participe au rayonnement de l’allemand et de l’Allemagne à Pamiers: «la volonté politique existe depuis des années, le jumelage porte ses fruits tous azimuts, l’Education Nationale suit car il y a certainement une attente plus forte ici qu’ailleurs»
Dominique avoue que le taux de réussite au bac pour ses élèves d’allemand frôle les 100%.
Quand on évoque la «difficulté de la langue» c’est Anne, la jeune assistante en allemand, une étudiante originaire de Mayence qui accompagne les élèves du lycée cette année, qui répond: «l’accent ariégeois est très proche de notre phonétique, c’est un réel avantage d’apprendre l’allemand quand on est ariégeois.
Je ne suis pas là pour relever les fautes de grammaire ou de conjugaison car les jeunes quand ils parlent que ce soit en France ou en Allemagne font aussi des fautes… l’essentiel c’est de communiquer, d’échanger à l’oral»
Parmi les atouts de cette classe d’allemand, favorisée par le jumelage de la ville, la possibilité d’avoir des correspondants et de réaliser des voyages linguistiques: «du 12 au 22 mars, une centaine d’élèves issus du collège Rambaud, de l’institut Notre Dame et du Castella partiront dix jours en immersion: visite du parlement européen, halte à Ludwigsburg, échange avec des témoins de la signature du traité de l’Elysée, accueil à Crailsheim… les germanistes de Pamiers ont la possibilité de rencontrer leurs correspondants deux fois par an»
Si l’on a beaucoup parlé cette semaine du couple franco-allemand à la télé, ici c’est une réalité au quotidien dans les foyers et au lycée avec cette semaine franco-allemande qui a permis aux étudiants germanistes de réaliser une exposition au CDI sur ce thème.
«C’est une tradition de fêter ce traité, nous n’avons pas attendu ce 50e anniversaire.
Cette année nous proposons une exposition, l’idée étant de partir de De Gaulle et Adenauer jusqu’aux réalisations actuelles, les jeunes ont travaillé selon les niveaux sur les traductions, d’autres ont apporté une touche plus personnelle, plus poétique, il y a des panneaux sur les thèmes de l’économie, la politique, les couples franco-allemands… selon la sensibilité de chacun.
L’objectif de cette commémoration n’est pas de regarder vers le passé mais de mobiliser la jeunesse vers l’avenir, c’était déjà l’esprit de ce traité à l’origine»
| Histoire d’un jumelage réussi Depuis le traité de l’Elysée, plus d’une centaine de jumelages ont vu le jour entre les communes françaises et allemandes. Celui qui lie Pamiers et Crailsheim dure depuis 1966, d’abord un échange sportif jamais interrompu puis des projets culturels et linguistiques en relation avec les associations et les établissements scolaires. Depuis peu, par extension, la ville de Pamiers démarre le projet Comenius. Il s’agit d’un projet liant quatre établissements de quatre pays différents: la France (Pamiers), l’Italie, l’Allemagne et la Pologne. Preuve que le lycée du Castella est ouvert aux échanges culturels, il accueillera ce printemps dans le cadre de la semaine culturelle des lycées 15 jeunes encadrés par 15 adultes de la ville de Jurbarkas en Lituanie. |
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