accueil  |  ariège   |  france

Plus de 5000 logements en Ariège concernés par l'habitat indigne

© midinews 2013

Saint-Girons, la Basse Ariège, Lavelanet ou encore Saint-Ybars: l’habitat indigne se diffuse dans toutes les parties du département.

Mardi, le pôle de lutte contre l’habitat indigne en Ariège réunissait ses membres pour un comité stratégique annuel.

Ce pôle qui existe depuis 2010 consiste en un partenariat entre les services de l’Etat, ceux du Conseil général ainsi que tous les organismes chargés de l’habitat et de son suivi.

En 2012, 51 arrêtés préfectoraux d’insalubrité ont été pris pour désigner officiellement un logement comme indigne à l’habitat. Ils concernaient 71 logements pour 89 habitants dont 41 enfants.

Sept arrêtés autres sont aussi décomptés pour deux logements impropres par nature à l’habitation et cinq mesures d’urgence.

On voit donc une constante augmentation du nombre d’arrêtés depuis la constitution de ce pôle passant de 6 en 2009 à 34 en 2011. 131 signalements étaient reçus en 2009, 179 en 2010, 195 en 2011 et 380 en 2012.

«Nous marquons indiscutablement la volonté de l’Etat de faire reculer l’habitat indigne. Nous sommes dans une situation juridique cadrée qui permet la prise d’arrêté préfectoral obligeant par là-même le propriétaire à mettre en place des mesures d’urgence et aussi une obligation de relogement pour son locataire» estime Philippe Sauvannet, sous-préfet de l’arrondissement de Saint-Girons.

La question de l’habitat indigne est indiscutablement prégnante en Ariège pour ce haut-fonctionnaire même si elle n’est pas plus préoccupante que dans d’autres parties de la France.

«Nous intervenons pour faire cesser cette situation anormale en rappelant aux bailleurs leur responsabilité sociale» évoque le sous-préfet.

L’habitat indigne, un logement qui ne respecte pas un minimum de sécurité et de confort
En début de réunion, le procureur Olivier Caracotch est intervenu pour affirmer avec force et vigueur la lutte qu’il souhaite mener contre les bailleurs qui ne respecteraient pas les règles élémentaires du logement.

«Il nous faut rester vigilants pour permettre aux personnes défavorisées de pouvoir utiliser et habiter convenablement ces logements» souligne André Montané, vice-président du Conseil général en charge de la solidarité départementale.

L’élu définit l’habitat indigne comme un logement qui ne respecte pas le minimum d’hygiène. «Pas de toilettes, pas de douche, un chauffage très déficient ou avec des pertes d’énergie extrêmement importantes»

Un lieu où la personne ne peut pas bénéficier du minimum de sécurité et de confort.

C’est dans cet esprit qu’une action coup de poing a eu lieu à Saint-Ybars en juillet 2012 auprès de sept locataires victimes d’un marchand de sommeil qui était le propriétaire d’un parc immobilier assez important et non entretenu.

Dans ce cadre, c’est une action en partenariat avec la Caf (caisses d’allocations familiales), l’Etat et la municipalité qui a permis la mise au jour de ces pratiques.

«Notre rôle est de permettre aux locataires bénéficiaires des aides de la Caf d’obtenir des meilleures conditions d’habitat et que les bailleurs adaptent leurs logements aux normes de décence» a ainsi expliqué une responsable de la Caf.

Résultat: sur sept logements, trois ont été remis aux normes par ce bailleur indélicat repéré par différents services depuis de nombreuses années.

Parmi les actions prévues en 2013, on annonce la consolidation du dispositif pour assurer le suivi des procédures et leur aboutissement. Mais aussi l’identification des points de blocage dans les différentes procédures et le déploiement de l’Orthi (outil de repérage et de traitement de l’habitat indigne et non décent).

La poursuite d’interventions coup de poing sur le parc d’un propriétaire identifié et la poursuite du groupe de travail hébergement/logement au regard de l’expérience acquise.

«Ces actions doivent aussi être complétées d’un accompagnement social car ce sont souvent des personnes bénéficiant des minima sociaux et en recherche d’emploi qui sont concernées par l’habitat indigne.

Il est nécessaire de leur faire prendre conscience qu’elles ont des droits mais aussi de devoirs vis à vis du respect du logement et de leur voisinag
e» insiste André Montané.

«Ce sont des personnes qui ne sont pas toujours parfaitement informées de leurs droits et il est alors du rôle de l’Etat de bien préciser quels sont leurs droits» ajoute Philippe Sauvannet.

Anne-Sophie Fontanet | 05/02/2013 - 18:24 | Lu: 31370 fois