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Saverdun: l'azinat au menu du Collège
14/02/2013 | 19:06
© MidiNews 2013

«Hum c’est bon! Ce mélange de légumes avec cette viande !»

Le calme règne, les ados ont la tête baissée, non pas sur les livres et cahiers mais sur le plat spécialement concocté pour eux aujourd’hui.

Au menu la «soupo de caoulet», la soupe aux choux mieux connue ici en Ariège sous l’appellation Azinat.

Au collège du Girbet de Saverdun, comme dans la plupart des collèges du département depuis le début de la semaine, c’est un repas ariégeois qui est en effet mis à l’honneur.

Initier au patrimoine culinaire local
390 élèves fréquentent le collège, 6ème établissement par la taille sur l’Ariège. Parmi eux environ 270 mangent quotidiennement au restaurant scolaire.

«Dans le droit fil des orientations du département, nous proposons une fois par mois un repas typiquement ariégeois, explique Frédéric Héraut le chef d’établissement. Un repas qui profite aux élèves mais aussi à tout le personnel d’enseignants et d’agents»

Selon l’adage «qu’on travaille et apprend mieux avec une nourriture saine, c’est une véritable sensibilisation de tous à la cuisine ariégeoise que nous proposons au travers de cette opération» détaille le principal, heureux de participer ainsi à ce partage de savoir, même s’il s’agit ici «de patrimoine culinaire»

Une initiative qui s’inscrit dans le cadre d’une opération mise en place par le Conseil général depuis 2008 auprès de tous les chefs cuisiniers des collèges et même renforcée depuis 2010 par cette journée consacrée aux saveurs ariégeoises lors d’une «semaine du goût ariégeois»

Lorsque la sensibilisation des uns à l’origine, la diversité des goûts et des saveurs s’accompagne incidemment d’un soutien aux filières agricoles locales.

Le bien manger pour tous
L’azinat c’est encore Joël Viel, le chef cuisinier de l’établissement, qui en parle le mieux, l’œil brillant. «Nous avons commencé dès hier la préparation», en l’occurrence l’épluchage de près de 100 kilos de légumes «et dès 7 heures ce matin on recevait la viande fraîche qu’on a commencé à cuisiner»

«L’azinat, répète-t-il à l’envie, il y en a autant que de familles, chacun à sa recette.

Moi j’ai choisi de la travailler avec du bœuf et du veau, accompagnée bien sûr de choux, carottes, poireaux, pommes de terres et navets, sans oublier la tartine de pain avec du fromage de Bethmale. Dans le collège nous avons des musulmans et des hindous, cette préparation permet de combler tout le monde
»

Alors depuis hier c’est en effet le branle-bas de combat dans les cuisines afin que chacun apprécie cette découverte culinaire et les ingrédients qui la composent.

Avec Rose-Marie, son assistante et l’aide des agents, la cantine a même été décorée de petits panneaux détaillant l’origine de ce plat, la composition des produits utilisés.

«La plupart des produits sont ariégeois, s’enthousiasme le chef cuisinier, les légumes viennent du producteur à 800 mètres d’ici, les patates de la coopérative à l’entrée de la ville. Cette journée est pour nous l’occasion de faire valoir davantage les produits locaux»

L’occasion d’enfoncer le clou en quelque sorte pour ce collège où le chef cuisinier privilégie les produits frais et les circuits courts, même si cela réclame davantage d’attention et de logistique amont pour trouver les approvisionnements «en flux tendu» et minimiser ainsi les pertes.

A l’heure où les risques sanitaires défraient la chronique, notamment pour tout ce qui concerne la traçabilité des produits surgelés, on peut penser que la «soupo de caoulet», ou tout autre produit ariégeois, est promis à un bel avenir dans les assiettes des collégiens.

Ainsi se transmet le patrimoine culinaire, ariégeois ou d’ailleurs.

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auteur: Sylvain Sastre | publié le: 14/02/2013 | 19:06 | Lu: 26502 fois