Son pontificat aura duré huit ans. En annonçant officiellement sa démission lundi dernier, Benoît XVI âgé de 85 ans, a pris l’actualité par surprise.
Il faut dire qu’une telle chose n’était pas arrivée depuis 1415, date où Grégoire XII doit quitter ses fonctions non pour cause de santé mais sous la pression des cardinaux, au milieu d’une crise d’autorité entre l’église et le saint empire romain germanique.
Depuis aucun pape n’a jamais quitté ses fonctions de son vivant. Alors acte lucide ou témoignage d’une crise grave de l’Eglise?
Philippe Mousset, évêque de Pamiers et de l’Ariège, nous a livré son analyse des faits. «Rien ne nous le laissait supposer. Une fois l’effet de surprise passé, en réfléchissant, le Saint Père avait déjà évoqué au début de son pontificat la liberté de cette éventualité.
Pour l’avoir rencontré à Rome au mois de décembre dernier avec les évêques de Toulouse dans le cadre d’un entretien privé et personnel au cours duquel nous avons eu une grande liberté de parole, nous avons été surpris par son humilité et la liberté de ses réponses […]
Il est habité par une grande liberté intérieure même face au poids de la tradition… je suis donc à moitié surpris par cette initiative»
Un pontificat ébranlé par les scandales (affaire des prêtres pédophiles, fuites de documents confidentiels, arrestation de Paolo Gabriele, majordome du pape…), un pape considéré comme un intellectuel, jugé plutôt conservateur de par ses positions face à l’avortement, l’euthanasie, les homosexuels… que laissera en définitive Benoît XVI de son passage au Saint Siège?
Pour l’évêque de Pamiers, c’est incontestablement un grand intellectuel qui a marqué la communauté catholique par sa prédication.
«Il rendait simple ce qui était compliqué, permettant à tous les catholiques de se retrouver dans ses encycliques qui sont d’une grande limpidité. Notamment Dieu est amour est un bel exemple d’innovation et de preuve d’amour où Eros et Agapée font tout pour s’articuler et non pour s’exclure...»
Selon Philippe Mousset qui s’est nourri des travaux de Benoît XVI, «c’est une grande personnalité intellectuelle. Plus on le connaissait de l’intérieur moins il passait pour être conservateur.
Il faut savoir qu’un pape n’est pas au service de ses idées, ni de sa sensibilité. Il doit avant toute chose garder l’unité entre les grandes tendances de ses églises sur tous les continents.
C’est quelqu’un qui a le goût de la recherche de la vérité dans tous les domaines. Il ne se contente jamais d’une réponse binaire, il explore tous les aspects des choses avant de répondre.
Si c’était vraiment un pape conservateur il n’aurait jamais pris la décision de démissionner !»
Il est vrai qu’en renonçant à son ministère, le pape met fin à une longue tradition historique, écornant au passage un dogme de l’église, celui de l’infaillibilité pontificale qui a permis de nous faire suivre la longue maladie et les souffrances de son prédécesseur presque au jour le jour.
«Ce pape respecte la tradition mais il ne se laisse pas enfermer par cette tradition. Il reste ouvert à son époque. Selon lui il faut chercher aujourd’hui de nouvelles réflexions dans la culture et le monde d’aujourd’hui, il parle de réflexion anthropologique, il encourage au dialogue avec les autres… c’est un homme de dialogue inter-religion.
Non je ne suis pas surpris de la grandeur de ce pape qui pose des actes libres»
Enfin au moment où les appétits de succession s’aiguisent, où l’on peut imaginer tous les scenarios, les plus traditionnels avec un pape issu de la curie romaine ou les plus progressistes avec l’élection d’un pape issu du continent africain, asiatique ou latino-américain, l’Eglise est-elle prête à accueillir à sa tête un pape de couleur?
Pour Philippe Mousset, «rien n’interdit l’Eglise d’élire parmi ses évêques un pape qui soit de quelque nationalité que ce soit. Jean Paul II avait été une rupture dans la tradition. Peut-être aurons-nous là aussi une surprise, tout est possible»
Ce serait un geste fort de l’Eglise. Le conclave des cardinaux qui éliront le prochain pape devrait se réunir à partir du 15 mars. En attendant les bookmakers ont de beaux jours devant eux.
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