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Face aux menaces qui pèsent sur leur secteur, les buralistes montrent qu'ils ont du souffle... dans les bronches
20/02/2013 | 19:17
© MidiNews 2013

«On se bouge car on sent que les vents ne sont pas favorables»; Gérard Maury, Président de la chambre syndicale des buralistes de l’Ariège ne croit pas si bien dire.

Tant il est vrai que ces derniers temps toute une «profession tant décriée qu’on appelle les marchands de mort» fait la une de la presse.

Encore récemment c’est la cour des comptes qui a épinglé les largesses gouvernementales consenties ces dernières années à la profession «près de 2,6 milliards sous la forme d’aides diverses»

La hache de guerre n’est pas déterrée, mais les buralistes ont le pied sur le sentier qui y mène.

Faire monter la pression et occuper le terrain
«Je soutiens mon buraliste»… qui n’a vu ces derniers jours cette pétition présentée dans la plupart des bureaux de tabac ariégeois et de France?

«Des centaines de milliers et même des millions de personnes l’ont signée, en France. Cela a marché au-delà de nos espérances. Fumeurs et non-fumeurs tout le monde a signé» martèle Gérard Maury.

Cette pétition sera «remise au gouvernement dans les semaines qui viennent»

Déjà le 22 janvier dernier 5.000 buralistes venus de toute l’Europe (et notamment des Espagnols, Italiens et Français) se sont rassemblés pour manifester devant le parlement européen à Bruxelles.

«On nous attaque, on se défend» mentionne la pétition. Ce qui est clairement remis en cause, ce sont les directives européennes, susceptibles d’être traduites dans la législation française.

En premier lieu la mise en place du paquet dit générique (sans mention aucune de marque) est décriée. Ensuite il se murmure que le prix de tous les paquets pourrait être encore augmenté de 40 centimes en France d’ici l’été prochain.

Enfin dans le contexte actuel, avec cette cherté du paquet, un phénomène d’insécurité se développe en même temps que la contrebande et les buralistes sont victimes de braquages, parfois avec violences «pour un paquet de plus»

Soutenir ce qui est souvent le dernier commerce d’un village
«On a reçu le premier coup de massue en 2003 avec l’augmentation de 50% du prix du paquet, poursuit le président de la chambre syndicale. Les aides alors reçues pour soutenir le réseau ont certes permis une augmentation du chiffre d’affaires confortée par la hausse en valeur, de l’ordre de 40%, ce qui a compensé les baisses de volumes»

A l’arrivée, toujours selon les chiffres donnés par M. Maury et émanant de la confédération syndicale nationale, le résultat net n’aurait été pour l’ensemble de la profession que de «1,6% soit à peine autant que l’inflation. Et encore, pour ceux qui sont restés»

Car la profession connait une véritable saignée qui la pousse à ce cri d’alarme: «6.000 buralistes sur quelques 32.000 ont mis la clé sous la porte. On est au pied du mur»

D’autant que même s’il y a des disparités entre les buralistes en milieux urbains et ruraux, tous subissent la concurrence des régions transfrontalières qui, si elle était mieux contrôlée, «pourrait ramener jusqu’à 3 milliards dans les caisses de l’état français»

Et Gérard Maury de se féliciter que cette pétition ait rassemblé un large éventail de signataires «contre les taxes toujours plus nombreuses mais aussi et surtout pour soutenir ce qui est souvent le dernier commerce encore générateur de lien social dans bien des villages ou petites communes»

Des propos qu’illustre Françoise Gottero, dirigeante du Bar Tabac de Prat-Bonrepaux, qui s’évertue par cet acte engagé, comme bien d’autres buralistes de France et d’Ariège, «à sensibiliser les clientèles»

«Etre situé près de l’Espagne ne facilite pas notre activité et favorise la contrebande»

A son échelle, elle mesure elle aussi l’impact de la hausse constante du prix des cigarettes qui détourne une partie des clientèles «susceptibles d’acheter d’autres articles. Une baisse des activités annexes car il y a de moins en moins de monde dans les commerces et on ferme car on n’arrive pas à survivre» exprime-t-elle en son nom mais aussi en celui de ceux qu’elle a vu disparaître.

A l’image des commerçants de ce village de Prat-Bonrepaux, aux portes de l’Ariège, qui ont fini par se regrouper au sein d’une union de commerçants qu’elle préside au nom de «l’union fait la force», les buralistes ariégeois -et de France- aussi se regroupent sous cette même bannière.

Comme un cri… de guerre, de ralliement, pour reprendre souffle avant que ce ne soit le dernier.

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auteur: Sylvain Sastre | publié le: 20/02/2013 | 19:17 | Lu: 12378 fois