Invitée par l’association couserannaise de maintien à domicile, la psychologue conférencière et formatrice originaire du Québec, Johanne Langlois, n’est pas une inconnue en pays Couserans.
Elle vient depuis quelques années témoigner de son expérience outre-Atlantique en matière de prise en charge des malades atteints par Alzheimer.
«Son approche humaniste correspond totalement à ce qu’en tant qu’association nous prônons» juge Jean-Claude Boy, président de l’Acmad.
Johanne Langlois nous en dit plus sur cette fameuse méthode et sur ses espoirs pour les malades. Interview.
Ariège News: Vous évoquez le terme d’approche humaniste pour la prise en charge des malades d’Alzheimer. Que cela signifie t-il?
Johanne Langlois: Nous avons humanisé nos soins depuis plusieurs années au Québec dans les établissements équivalents à ce que vous nommez EHPAD en France.
En gros, nous appliquons la méthode Rogers qui consiste à croire aux potentiels et aux capacités des personnes malades.
Une personne atteinte par Alzheimer a encore beaucoup de forces et il ne faut donc pas la déposséder de ce qu’elle peut faire.
Il faut laisser la personne avoir un pouvoir sur sa vie. Il est important de préserver l’estime d’eux-mêmes
A.N: Comment se manifeste cette maladie d’Alzheimer?
J.L: C’est une maladie évolutive et irréversible.
Pour l’instant, il n’existe que trois médicaments qui ne font que retarder l’apparition de certains symptômes.
La perte de mémoire en est l’un d’eux. Mais cela est combiné à des problèmes de jugement, d’organisation et neurologiques. Elle évolue entre 6 et 20 ans. C’est donc une maladie longue.
On voit encore des familles retarder le moment de la consultation pour établir le diagnostic.
C’est dommage pour la personne malade et ses proches car ils ont tous besoin d’aide.
On retrouve ainsi les familles épuisées qui ne savent pas quelle position adopter vis-à-vis du malade.
A.N: Qu’est-ce que cette méthode change par rapport à ce qui se fait déjà?
J.L: On a encore dans certains endroits une approche médicale et psychiatrique de cette maladie.
Avec un emploi du temps précis et une médication assez forte. Avec cette méthode, nous avons décidé de tout changer, de travailler en équipe et d’écouter et comprendre le patient.
Par exemple, ne plus réveiller les gens deux fois par nuit pour les changer ou leur donner des médicaments à réduit de 80% la médication globale.
Dans 99% des cas, je pense qu’en prônant l’observation et l’écoute au lieu de la sur médicamentation, la contention physique et chimique, on aide vraiment un malade.
A.N: Quel témoignage êtes-vous venue apporter?
J.L: Avec ces formations, j’espère faire comprendre aux professionnels de santé ce que vivent vraiment les familles et les malades.
Quand les professionnels savent ça, ils ne peuvent plus travailler de la même façon. Cette approche commence à s’implanter de plus en plus en France.
En Ariège, plusieurs établissements ont fait le pas. Du côté des administrateurs, malheureusement, j’arrive à les intéresser grâce aux économies que cette méthode fait réaliser.
Maintenant, je me sens une vraie responsabilité vis-à-vis des personnes souffrant d’Alzheimer.
C’est à nous de rentrer dans leur bulle à eux et non l’inverse.
| Les dates de formation à retenir Plusieurs journées de formation et d’échange animée par Johanne Langlois sont planifiées durant le mois de mars et avril en Ariège. Une participation aux frais de 20 euros par personne est demandée. Pour plus d’informations, il est possible de contacter Marie-Paule Léveillé au 05 61 66 34 40 Saint-Girons: 15 mars: journée de formation des aidants de 9h30 à 17h. Du 25 au 28 mars, approche centrée sur la personne. 17 et 18 avril: accompagner les troubles du comportement. Verniolle: 18 mars, conférence gratuite de 20h30 à 22h30 pour les aidants et les professionnels. Du 18 au 21 mars, approche centrée sur la personne pour les professionnels de santé. 15 et 16 avril, accompagner les troubles du comportement. Pamiers: 22 mars, journée de formation des aidants de 9h30 à 17h. Foix: 19 avril, journée de formation des aidants. Sainte-Croix-Volvestre: Du 2 au 5 avril, approche centrée sur la personne |
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